•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : lassitude et résignation dans les régions rurales de l'Outaouais

Une rue dans un petit centre-ville avec des voitures qui circulent.

Le reportage de Christian Milette dans plusieurs municipalités rurales de l'Outaouais à quelques heures de

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Tout le territoire de l’Outaouais est, depuis mercredi soir, soumis aux mesures d’urgence.

Ces restrictions vont demeurer en vigueur au moins jusqu’au 25 avril. Elles touchent non seulement les centres urbains, mais aussi tout le secteur rural, qui avait été jusqu’ici relativement épargné par les contraintes imposées par la santé publique.

C’est donc sans surprise et avec résignation que les résidents des municipalités rurales de l’Outaouais se sont soumis au couvre-feu dès 20 heures, mercredi soir.

Lassitude à Denholm

À Denholm, une toute petite municipalité de moins de 600 habitants au nord de Gatineau, le maire Gaétan Guindon constate la lassitude de ses citoyens. Il constate que l’absence d’activités pèse particulièrement lourd sur le moral des résidents.

On est très confinés dans notre région. C’est pas parce qu’il nous manque de l’espace… L’espace, on en a. Mais là, les gens voudraient voir d’autres choses que de rester à la maison.

Une citation de :Gaétan Guindon, maire de Denholm

Ce petit territoire riche d’une cinquantaine de lacs ne compte ni restaurant ni commerce. Ses habitants ont l’habitude de faire leurs courses et de sortir à Gatineau et Ottawa. Mais ces activités seront réduites à l’essentiel pour les prochaines semaines.

Le maire se désole : Les rues de la municipalité sont déjà désertes dès l’heure du souper.

Gaétan Guindon pose devant le panneau de sa municipalité.

Le maire de Denholm, Gaétan Guindon

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Commerçants épuisés

Lorsqu’on lui demande comment il se sent, Yan Rice hausse les épaules et pousse un long soupir. Je suis plus tanné que d’autre chose.

Ce technicien en informatique possède un commerce à Gracefield, où il vend des meubles et décorations qu’il sculpte dans le bois. Situé sur une route passante, beaucoup de camions défilent devant son atelier. Mais aucun touriste.

Au début de la pandémie, les affaires étaient bonnes pour Yan Rice. Les clients achetaient des meubles de bois pour l’extérieur. Mais avec la troisième vague, le vent a tourné. Et aujourd'hui, les temps sont bien difficiles.

Un homme pose devant une enseigne pour de la bière.

Yan Rice, technicien en informatique, possède un commerce à Gracefield.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

J’ai vendu deux chaises depuis des mois. On dirait que les gens ont une "écoeurantite" aiguë, dit-il.

L’artisan n’a plus le choix, son commerce est à vendre.

On ne peut pas survivre. Les cartes de crédit sont rendues au boutte, on essaie de trouver des solutions, moi, j’ai mis mon commerce à vendre. On est rendu là.

Une citation de :Yan Rice, commerçant de Gracefield

Confinement sans Internet haute vitesse

À Cayamant, il n’y a aucun cas de COVID-19. La petite municipalité de 875 âmes fera quand même respecter les strictes mesures d’urgence.

Le maire, Nicolas Malette, est d’accord, ce grand coup est nécessaire pour dompter cette troisième vague qui frappe si durement d’autres secteurs de l’Outaouais.

Ce sera une gymnastique pour tout le monde, c’est sûr, de retomber avec les mêmes restrictions qu’en janvier.

Une citation de :Nicolas Malette, maire de Cayamant

Nicolas Malette croit cependant que l’obligation d’être à l’intérieur dès 20 heures ne sera pas trop difficile pour les résidents, puisqu’il n’y a pas de rassemblement possible.

Nicolas Malette pose devant l'hôtel de ville de Cayamant.

Le maire de la municipalité de Cayamant, Nicolas Malette

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Le maire déplore cependant le problème avec internet. La municipalité n’est pas encore desservie par la haute vitesse, ce qui rend la situation non seulement pénible pour l’ensemble des résidents, mais spécialement pour les enfants qui suivent leurs cours en ligne.

Des mesures encore plus strictes demandées

Pour la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, la situation actuelle ne suscite aucun étonnement.

On s’y attendait, on l’a vu venir, dit-elle.

La préfète est cependant convaincue que les autorités auraient pu faire mieux pour éviter que la pandémie devienne hors de contrôle en Outaouais.

Pour elle, le secteur rural paye aujourd’hui pour ces erreurs. Elle juge qu’il faudrait réévaluer la situation, imposer peut-être plus de restrictions ou donner plus de pouvoirs aux policiers.

Actuellement, les déplacements sont non recommandés. Il faudrait qu’ils soient défendus, sauf pour l'essentiel, suggère-t-elle.

Avec les informations de Christian Milette

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !