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Mi-mandat du gouvernement Kenney : des promesses trop ambitieuses?

Deux ans après son élection, Jason Kenney n'a pas été en mesure de relancer l'économie albertaine.

Jason Kenney lève le bras pour saluer ses partisans.

Jason Kenney a remporté 63 des 87 sièges aux élections albertaines d'avril 2019.

Photo : Reuters / Chris Wattie

« Emplois, pipelines et économie. » Ce slogan, Jason Kenney l’a répété maintes fois lors de la campagne électorale de 2019. Le chef des forces conservatrices albertaines nouvellement unies faisait miroiter un avenir prometteur aux Albertains et il affirmait détenir la recette pour y parvenir.

Bien que le gouvernement conservateur uni ait rempli plusieurs de ses autres promesses électorales, celle qui comptait le plus, la relance de l’économie, ne s’est pas concrétisée.

C’est en partie en raison de la pandémie de COVID-19, mais aussi de problèmes économiques structurels qui étaient déjà présents avant l’élection de Jason Kenney. Les redevances pétrolières diminuent sans cesse, alors que les autres dépenses, comme celles de la santé, explosent.

Le plan de relance économique de Jason Kenney ne prenait pas en considération les changements structurels qui étaient en train de survenir dans le domaine de l'énergie, croit le politologue Frédéric Boily, du Campus Saint-Jean de l’Université de l’Alberta.

Ces changements structurels, causés notamment par une guerre de prix internationale, sont en grande partie hors de la portée d’un premier ministre provincial, ajoute-t-il.

Ils avaient promis beaucoup, probablement trop.

Une citation de :Frédéric Boily, politologue au Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta

Le politologue de l’Université Mount Royal de Calgary Duane Bratt abonde dans le même sens. On a vu à plusieurs reprises que la vision de l’Alberta de Kenney était dépassée, estime-t-il, en évoquant notamment ses multiples références aux anciens premiers ministres albertains Ralph Klein et Peter Lougheed.

Mais Jason Kenney représente un groupe de personnes qui croyaient que [sa prédécesseure du NPD] Rachel Notley et Justin Trudeau étranglaient l’industrie pétrolière albertaine et que tout ce qu'il y avait à faire, c’était de retirer les menottes pour relancer l'économie. Il n’y a pas que Jason Kenney qui croyait cela, nuance Duane Bratt.

Un caucus divisé

Non seulement les restrictions sanitaires imposées pour lutter contre la pandémie de COVID-19 ont non seulement porté un dur coup à l’économie albertaine, mais elles ont fracturé la fragile union que constitue le Parti conservateur uni. Le mariage de raison entre le Parti progressiste-conservateur et le Parti Wildrose a été mis à mal dans la dernière année.

Jason Kenney avait promis une approche de gouvernance plus libertarienne, du bas vers le haut. Il avait même signé une garantie pour rassurer ses membres à cet effet.

Jason Kenney se tient devant une affiche.

Le chef conservateur uni, Jason Kenney, a signé une « garantie » qu'il respecterait les politiques votées par ses membres.

Photo : CBC/Monty Kruger

Or, l’approche dirigiste qu’il a prise depuis qu’il est arrivé au pouvoir déplaît énormément à sa base. Il fait maintenant face à une révolte du quart de son caucus, des députés principalement issus de l’aile Wildrose du parti, plus rurale.

Cette révolte est un véritable danger pour le premier ministre, jugent Frédéric Boily et Duane Bratt, car ces députés dissidents semblent suffisamment mécontents pour vouloir diviser, à nouveau, le Parti conservateur uni en deux partis de droite. Cette perspective pourrait ouvrir une voie électorale au NPD, qui est déjà largement en avance dans les sondages.

Pour se sortir de ce mauvais pas, Jason Kenney doit mener à bien la campagne de vaccination pour vaincre la COVID-19 et tenter de relancer l’économie, croient ces experts. Il a besoin d’une victoire sur le plan économique pour calmer la grogne dans son caucus et présenter un front uni lors des élections du printemps 2023.

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