•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Un frein temporaire à la recherche de variants du coronavirus au Québec

Une main gantée manipule des contenants.

Dans plusieurs régions du Québec, seuls 30 % des tests seront soumis à l'opération appelée « criblage ».

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Quand elle a constaté, la semaine dernière, que le dépistage de plusieurs centaines de tests de COVID-19 prenait du retard, la direction du laboratoire de Chaudière-Appalaches a dû trancher : il fallait suspendre les recherches du variant britannique dans la région, quitte à défier une directive gouvernementale.

Plus de 70 % des tests révélaient de toute façon la prédominance du variant britannique. Les technologistes estimaient perdre trop de temps à faire des analyses pour le confirmer.

Les mêmes experts et les mêmes appareils effectuent le dépistage de la COVID-19 et l’identification de variants, une opération appelée criblage. Le ministère de la Santé veut que tous les tests positifs à la COVID-19 soient transférés au criblage pour vérifier s’il s’agit d’un variant.

Le processus demande des ressources importantes : dans certains laboratoires, effectuer un seul criblage équivaut à dépister jusqu’à trois personnes. Dans Chaudière-Appalaches, le tiers des tests étaient soumis à des délais pour cette raison.

J’estimais que le criblage nous empêchait de tester près de 400 échantillons par jour pour détecter le virus de la COVID-19. Leur analyse devait être reportée, explique le microbiologiste-infectiologue Jeannot Dumaresq.

Plus on fait de criblage à la recherche de variants, moins on peut tester de gens pour la COVID-19, et ça allonge les délais avant d'obtenir les résultats. Il a fallu faire un choix : soit continuer à cribler, soit tester le plus de gens possible.

Une citation de :Le Dr Jeannot Dumaresq, microbiologiste-infectiologue

Selon nos informations, les experts de la région de la Capitale-Nationale et de l’Outaouais craignaient aussi un débordement dans leurs laboratoires, alors que les technologistes travaillent déjà la nuit et le week-end. Si les laboratoires sont sursollicités, un plan de délestage s’applique, comme dans les salles de chirurgie. Des analyses de routine sont alors repoussées, dont certaines concernent des patients atteints d’un cancer.

Moins de traque aux variants, plus de dépistage du virus

Alerté par les retards que pouvaient causer la recherche de variants, le gouvernement a accepté de jeter du lest. Dans les régions rouge foncé, où le variant est bien installé, comme la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et l’Outaouais, les technologistes pourront consacrer leur énergie au dépistage. Seulement 30 % des tests seront désormais soumis à une recherche exhaustive de variants reconnus.

Dans presque toutes les autres régions du Québec où le variant britannique a fait son apparition, seulement la moitié des tests passeront désormais au criblage. Pour les régions jaunes, épargnées par la troisième vague, les technologistes devront continuer de le traquer dans la totalité des tests pour s’assurer qu’il ne fasse pas son apparition.

Cette décision nous permet de demeurer efficaces dans notre dépistage, qui est l’une des plus grandes forces du Québec, et d’avoir des résultats dans un horizon de 24 heures, partout au Québec, indique l’attachée de presse du ministre de la Santé, Marjaurie Côté-Boileau.

Pour l’instant, nous, on n’a pas d’enjeu de capacité, et il y a beaucoup d’intérêt en matière de surveillance pour poursuivre ce criblage, affirme la Dre Sarah-Amélie Mercure, spécialiste en santé publique à Montréal. Comme la proportion de variants dans la métropole n’est pas aussi élevée qu’à Québec, elle estime que la recherche intensive est nécessaire pour éviter d'en échapper. Mais je peux comprendre cette réflexion-là si la capacité n’est pas au rendez-vous, ajoute-t-elle.

Pour elle, il faudrait continuer de cribler le plus grand nombre d’échantillons possible tant que la pression ne sera pas trop forte sur les laboratoires.

Afin de mieux concentrer leurs efforts, des experts des laboratoires de la grande région de Québec réclament davantage de flexibilité du ministère. Ils ont proposé de cribler seulement certains tests : ceux des patients hospitalisés, réinfectés par le virus ou déjà vaccinés, par exemple. Le gouvernement refuse cette demande pour l’instant.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !