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Les séquelles de la COVID-19 : « Il y a des jours où je ne fonctionne pas bien »

Hospitalisé l'hiver dernier, Gilles Cormier raconte sa vie après la COVID-19.

Gilles Cormier en entrevue.

Gilles Cormier, deux mois après son hospitalisation.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En février, Gilles Cormier s’était confié de son lit d’hôpital, où il combattait la COVID-19. Neuf semaines plus tard, le résident d’Edmundston se porte mieux, mais dit conserver des séquelles du virus.

Ils m'ont donné des solutés avec des médicaments dedans, puis il m'ont donné de l'oxygène, parce que j’en avais de besoin. Je ne pouvais pas respirer par moi-même, se souvient Gilles Cormier, qui a été hospitalisé pendant deux semaines.

Gilles Cormier a été hospitalisé à Edmundston en février en raison de la COVID-19.

Gilles Cormier a été hospitalisé à Edmundston en février en raison de la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

J’ai un peu de misère avec ça, la respiration, mais ça va bien, dit-il aujourd’hui. Après ça, je pense qu’on est tous pris avec le même malaise. On est tous faibles. On ne fait pas de gros efforts et il faut se reposer.

Il y a des journées où je ne fonctionne pas bien , dit l’homme de 70 ans. J’avais une super de bonne mémoire, mais là, des fois j’ai des petits points et je me pose des questions.

Son épouse et sa belle-sœur ont aussi contracté la maladie causée par le virus à la fin janvier.

Gilles Cormier supplie les gens de se faire vacciner lorsque ce sera leur tour et de faire leur part pour freiner la COVID-19.

Il ne faut pas avoir peur, il ne faut pas avoir de craintes. Il faut aller se faire vacciner pour faire certain qu’on ne contamine pas personne dans notre entourage, puis que l’on puisse se débarrasser de cette maladie-là une fois pour toutes, dit-il.

Un homme ratisse son terrain au printemps.

Gilles Cormier, d'Edmundston, se remet lentement de son hospitalisation.

Photo : Radio-Canada

Les séquelles du ventilateur pulmonaire

Il n’est pas rare que les gens qui souffrent de formes plus sévères de la COVID-19 ressentent encore les effets de cette épreuve, même après avoir été officiellement déclarés rétablis.

Personne sort indemne de ça. Tout le monde reste avec des séquelles, que ce soit physique ou psychologique, affirme le docteur John Tobin, chef de département de médecine familiale, à l'hôpital d'Edmundston.

Plan rapproché d'un visage, de l'intubation et d'une main gantée.

Un travailleur de la santé s'occupe d'un patient atteint de la COVID-19 intubé et sous respirateur à l'hôpital Humber River de Toronto, le 9 décembre 2020.

Photo : The Canadian Press / Nathan Denette

Cette semaine, six des sept patients qui reposent à l'unité des soins intensifs de l'Hôpital régional d'Edmundston sont branchés sur un respirateur artificiel, ou ventilateur.

On a juste besoin de s’imaginer une personne de 75 ans qui est déjà un peu frêle, qui passe 10 jours sur respirateur, dit le Dr Tobin. On parle facilement d’un mois de réadaptation.

Plongés dans un coma artificiel, leurs muscles ne sont plus sollicités. L'anesthésie neutralise les muscles, mais d'autres sens captent les signaux ambiants, même dans le coma, explique-t-il.

Le dernier sens qui va s'atténuer dans cette période de coma, c'est l'ouïe, raconte le docteur Paul Ouellet, thérapeute respiratoire.

Ils vont entendre ce qui se passe autour, mais il ne pourra plus décoder le message, de telle sorte que ça va être un événement qui est très anxiogène, très agressant pour le patient, explique-t-il.

Selon le Dr Ouellet, environ un patient sur quatre garderait des souvenirs flous de l'intubation, une fois sorti du coma.

Ces retours en arrières, appelés rappels explicites, sont liés aux sons entendus lorsque l’individu était branché sous respirateur. Le thérapeute estime que 15 % des patients développent un syndrome de stress post-traumatique à cause de la ventilation mécanique.

Rappel explicite égal cauchemars, et cauchemars égal insomnie, et insomnie égal anxiété et il y a un cercle vicieux qui s'installe, relate le Dr Ouellet.

D’après les reportages de Bernard LeBel et de Jean-Philippe Hughes

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