•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les festivals estivaux albertains, entre optimisme prudent et réalisme

Deux hommes de dos devant des feux d'artifice.

Si le Stampede de Calgary espère avoir lieu cette année, d'autres festivals comme le Festival de musique folk d'Edmonton ont préféré renoncer.

Photo : Bill Marsh

Alors que Jason Kenney a annoncé que des festivals, dont le Stampede de Calgary, auraient lieu cet été, du côté des principaux intéressés, il n’y a pas de consensus et tous savent que leur survie dépend de la campagne de vaccination.

Les organisateurs de festivals ne sont pas dupes, car la situation peut changer à tout moment. Autrement dit, si certains veulent rester optimistes à l’idée que ces grands rassemblements peuvent avoir lieu cet été, ils savent qu’à la dernière minute ils pourraient devoir les annuler.

Certains comme le Festival de musique folk d'Edmonton, le Big Valley Jamboree et le Country Thunder ont préféré ne pas prendre de risques et annoncé l’annulation de leur édition 2021, pour se concentrer sur 2022.

Je crois que le public doit être complètement vacciné, ce qui n’arrivera pas avant septembre ou octobre, explique Terry Wickham, producteur du Festival de musique folk d’Edmonton. Selon lui, rassembler 25 000 personnes ne permet pas de garantir la distanciation physique.

Soit c’est complètement sûr, soit ça ne l’est pas, et je ne veux pas demander aux bénévoles de risquer leur vie.

Une citation de :Terry Wickham, producteur du Festival de musique folk d’Edmonton

Des artistes bloqués par la fermeture des frontières

Par ailleurs, d’autres facteurs entrent en ligne de compte. Si le festival a l’habitude d'accueillir des artistes du monde entier, l'ouverture ou non des frontières d’ici cet été continue de constituer une inconnue.

Cette variable inquiète aussi Cindy McLeod, qui travaille pour le Festival international de blues de Calgary. Le blues est un style musical qui vient des États-Unis, et c’est difficile de savoir si des musiciens américains pourront venir au Canada, affirme-t-elle.

Cependant, elle se dit prudemment optimiste pour ce qui est de la tenue du festival à partir du 27 juillet. Mme McLeod affirme que, pour l’instant, son équipe a un festival de taille modeste, qui pourra grandir en fonction de l’évolution de la situation.

Bien sûr, elle sait aussi que tout pourrait être annulé au dernier moment, ce qui aurait des répercussions très importantes.

Il y a tellement plus que la musique autour d’un festival, explique Cindy McLeod. Il y a tous ceux avec qui on travaille : les hôtels, l’impression des tee-shirts, les producteurs... Des choses auxquelles on ne pense pas forcément quand on pense aux festivals.

Du côté du festival le plus connu, le Stampede de Calgary, une porte-parole écrit dans un courriel que les organisateurs sont déterminés à organiser un événement sûr pour tous. Un Stampede 2021 sûr apporte un soutien indispensable aux entreprises locales et contribue à la reprise économique globale de notre province, mentionne-t-on.

Les danseurs du groupe hongrois Csardas font une démonstation sur le site du Festival du patrimoine.

Le directeur du Festival du patrimoine d'Edmonton espère qu'au moins la moitié des habitués assisteront à l'évènement cet été.

Photo : Radio-Canada / Laurent Pirot

S’il y en a un chez qui l'optimisme prévaut, c’est Jim Gibbon, le directeur général de l’association du Festival du patrimoine d'Edmonton. J’ai commencé à y croire environ une semaine et demie avant que Jason Kenney n’annonce que le Stampede et les autres festivals en extérieur pourraient avoir lieu, raconte-t-il en avouant que, depuis, il considère le premier ministre comme un héros.

Nous espérons un petit miracle dans les prochains mois. Je pense toujours que cela peut arriver, mais je peux me tromper complètement.

Une citation de :Jim Gibbon, directeur général de l’association du Festival du patrimoine d'Edmonton

Il ne cache pas pourtant que, avant cette annonce, les bénévoles ou participants étaient encore très nerveux à l’idée d’organiser le festival. Les gens sont désespérés de ne pas pouvoir sortir. Je pense qu'au fur et à mesure que la vaccination avance on verra beaucoup de gens sortir et faire des choses qu'ils n'ont pas faites depuis longtemps, croit-il.

Cependant, lui aussi sait aussi que, d’ici le mois d'août, tout pourrait changer.

Trop tôt pour prendre des décisions

C’est aussi ce que croit le Dr Craig Jenne, professeur agrégé au département de microbiologie, immunologie et maladies infectieuses de l’Université de Calgary. Il pense même qu’il est bien trop tôt pour prendre des décisions autour de manifestations qui se tiendront dans plusieurs mois.

Beaucoup de choses qui changent vont influer sur l’été, comme la capacité à vacciner, mais on voit aussi qu’il y a de la méfiance de la part de certains groupes, ce qui va nous empêcher d’atteindre de bons taux de protection dans la communauté, il y a aussi les variants qui changent nos projets, explique le médecin.

Craig Jenne est un professeur associé en microbiologie et immunologie à l'Université de Calgary.

Selon le Dr Craig Jenne, la vaccination n'est pas un feu vert pour lever toutes les restrictions.

Photo : Radio-Canada / Jennifer Lee

Par ailleurs, même si la plupart des festivals ont lieu à l’extérieur, cela ne signifie pas qu'il ne pourra pas y avoir de contaminations : Il y a toujours des espaces où les gens se rassemblent de façon proche, comme les toilettes ou les espaces qui vendent de la nourriture. Il n’y a pas que des gens qui sont assis sur la pelouse à 2 mètres de distance.

Il reste que, selon le Dr Jenne, la seule façon d’organiser des manifestations culturelles sécuritaires est la vaccination de masse. Même s’il reconnaît ne pas avoir accès aux données sur lesquelles se basent les autorités provinciales pour prendre leur décision, il n'est pas sûr que, si 70 % de la population seront vaccinées d'ici la fin du mois de juin, comme l'affirmait Jason Kenney samedi, cela soit suffisant.

Plus un virus est infectieux, plus il faut vacciner les personnes de la communauté pour que la contamination s’arrête, soutient-il, rappelant que les moins de 18 ans n’ont pas accès aux vaccins et qu'ils représentent plus de 20 % de la population albertaine pouvant facilement transmettre le virus.

Avec des informations de Charlotte Dumoulin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !