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Petits réacteurs : des avantages économiques et environnementaux pour les provinces

Une illustration montre un module d'alimentation à l'échelle 1 sur un camion.

Une étude sur les petits réacteurs modulaires note des avantages économiques et environnementaux aux petits réacteurs modulaires.

Photo : Avec la permisssion de NuScale Power

Frédéric Cammarano

Trois projets visant à développer de nouveaux petits réacteurs modulaires nucléaires au Nouveau-Brunswick, en Ontario et en Saskatchewan comportent des avantages économiques et environnementaux, selon une étude de faisabilité (Nouvelle fenêtre). Les trois provinces avaient signé un protocole de faisabilité sur les petits réacteurs modulaires en 2019 et l’Alberta vient de se joindre au groupe.

Les petits réacteurs modulaires (PRM) peuvent produire jusqu’à 300 mégawatts d'électricité. Ils n’émettent pas de gaz à effet de serre, tout comme l’énergie éolienne et l’énergie solaire. Ils pourraient être encore plus avantageux.

L’étude soutient que les éoliennes et les panneaux solaires ne produisent que de l’énergie à temps partiel contrairement aux PRM. Ces derniers ont donc le potentiel de jouer un rôle important dans la réduction des gaz à effet de serre.

Les PRM peuvent aider à alimenter un réseau déjà existant ou servir de source d’énergie pour des endroits isolés, comme des mines ou des collectivités éloignées, qui utilisent le diesel comme énergie. Dans les deux cas, l’étude menée par Énergie Nouveau-Brunswick, Ontario Power Generation, Bruce Power et SaskPower soutient que la vitesse à laquelle les PRM seront commercialisés et installés sera déterminante afin de réaliser des économies.

Les résultats de cette étude confirment tout simplement que nous sommes sur la bonne voie.

Une citation de :Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick
Blaine Higgs se tourne vers sa gauche pour dire quelque chose à Scott Moe.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs (à gauche), et Scott Moe (à droite), premier ministre de la Saskatchewan, le 1er décembre 2019 à Toronto.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Dangers environnementaux

Il y a toujours des problèmes avec les déchets nucléaires, explique Guy Marleau, professeur retraité de l’École polytechnique de Montréal, en ajoutant que les déchets doivent être entreposés pendant de longues périodes loin de tous et qu'il pose un risque pour l'environnement.

Il évoque aussi qu’il pourrait y avoir des problèmes d’acceptabilité sociale, puisque les PRM peuvent être placés à seulement quelques kilomètres des villes.

Shawn-Patrick Stensil, de l’organisme Greenpeace, croit que miser sur les PRM est synonyme de répéter les erreurs du passé, puisque les gouvernements ont investi beaucoup dans des technologies qui présentent certains risques pour l’environnement.

C’est une distraction. On a déjà des technologies qui existent, comme des renouvelables, qui pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre aujourd’hui. Donc, il faut investir là, pas dans une technologie qui n’existe pas encore.

Une citation de :Shawn-Patrick Stensil, directeur des programmes de Greenpeace Canada
Shawn-Patrick Stencil en veston en visioconférence.

Le directeur des programmes de Greenpeace Canada, Shawn-Patrick Stencil

Photo : Radio-Canada

Trois projets

L’étude s’est penchée sur trois projets au Nouveau-Brunswick, en Ontario et en Saskatchewan, qui ne devraient pas être mis sur pied avant 2026. Elle évoque des centaines de millions ou des milliards de dollars en retombées économiques et la création de centaines, voire de milliers, d’emplois liés à chacun des projets.

Les PRM peuvent produire de l’énergie propre, de l’énergie à faible coût, aider la croissance économique et créer des occasions d’exportation , a soutenu le premier ministre ontarien Doug Ford.

Le premier projet propose de construire un PRM pour 2028 sur le site nucléaire Darlington en Ontario et de le relier au réseau déjà existant. Quatre unités du même type devraient voir le jour ensuite d’ici 2032 en Saskatchewan, un important producteur d’uranium.

Cette approche de type flotte permettrait de déterminer une technologie PRM commune susceptible d’être plus rapidement et plus efficacement déployée dans plusieurs provinces, conclut l’étude.

Deux entreprises au Nouveau-Brunswick

Les compagnies Moltex Energy et ARC Clean Energy développeront chacune un nouveau type de PRM au Nouveau-Brunswick. Celui de Moltex Energy fonctionnera notamment à base de sels fondus. Ils seront en démonstration à la centrale nucléaire de Point Lepreau. Moltex Energy mettra aussi sur pied une installation capable de recycler les déchets nucléaires pour 2030.

Le gouvernement fédéral a annoncé plus tôt cette année qu’il injectait 50 millions de dollars dans Moltex Energy pour développer les PRM et l’installation de recyclage, cinq millions dans la centrale de Point Lepreau et 500 000 $ dans l’Université du Nouveau-Brunswick à des fins de recherche. Le gouvernement provincial a quant à lui annoncé dans son discours sur l’état de la province son intention de donner 20 millions de dollars à ARC Clean Energy.

Plan d'un petit réacteur modulaire.

Les compagnies Moltex Energy et ARC Clean Energy développeront chacune un nouveau type de PRM au Nouveau-Brunswick.

Photo : Global First Power

Les deux entreprises se sont installées à Saint-Jean au Nouveau-Brunswick avec l’aide de 30 milliards de dollars du fédéral et du provincial.

Pour les endroits isolés

La compagnie Ultra Safe Nuclear Corporation développe un nouveau modèle de PRM à Chalk River en Ontario.

Ce PRM qui fonctionnera au gaz refroidi sera principalement utilisé dans les endroits isolés, comme les mines et les communautés éloignées, et doit donc remplacer les installations qui fonctionnent au diesel.

Le PRM de Chalk River doit être opérationnel en 2026.

Un plan stratégique concernant les trois projets doit être terminé ce printemps.

L’Alberta rejoint les trois autres provinces

L’Alberta s’est jointe au groupe, qui comprend déjà le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et la Saskatchewan.

Je suis vraiment heureux que l’Alberta se joigne à ce groupe de travail pour trouver une solution canadienne, a lancé le premier ministre albertain Jason Kenney.

Jason Kenney en conférence de presse.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney

Photo : Gouvernement de l'Alberta / Chris Schwarz

Il assure que l’industrie pétrolière est de plus en plus intéressée par les PRM.

Les PDG des compagnies pétrolières comprennent, comme nous tous, que le Canada doit faire d’importants changements pour réduire les gaz à effet de serre , a-t-il affirmé.

Duane Bratt, professeur de sciences politiques à l’Université Mount Royal de Calgary, ne croit pas que la conférence de presse de mercredi a permis d’en apprendre beaucoup plus. Mais, il souligne que ça a permis de voir les quatre premiers ministres réunis virtuellement pour la première fois sur la question des PRM.

Il explique aussi que ces provinces sont celles qui se sont opposées à la taxe carbone.

Ça crée une drôle d’atmosphère. D’une ils s’opposent au fédéral. De l’autre, ils travaillent avec le fédéral , souligne-t-il.

Avec des informations d'Emeline Riffenach

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