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Des communautés autochtones « super-riches », croit le premier ministre du N.-B.

Les propos tenus par Blaine Higgs après la fin d’un accord fiscal avec les Autochtones lui valent de nouvelles critiques.

Blaine Higgs de profil.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick (archives)

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, s’est appliqué mercredi à essayer de convaincre que sa décision de mettre fin à un accord fiscal avec les Premières Nations était justifiée. Au passage, ses propos sur de prétendues communautés autochtones « super-riches » lui ont valu une volée supplémentaire de critiques.

Mardi, le gouvernement néo-brunswickois avait annoncé qu’il ne rembourserait plus aux communautés des Premières Nations une partie de la taxe de vente provinciale perçue dans les entreprises situées dans ces collectivités.

L'accord permettait aux Autochtones de garder 95 % des 8 premiers millions de dollars perçus en taxe de vente provinciale sur l'essence, le carburant et le tabac vendus dans les communautés, et 70 % des montants par la suite.

Autochtones « super-riches »

Mercredi, en entrevue à l’émission matinale de CBC à Fredericton, Information Morning, Blaine Higgs a laissé entendre que ces ententes favorisaient la création de communautés autochtones super-riches.

Blaine Higgs répondait à la question d’une auditrice, qui affirmait que si le premier ministre Higgs était si préoccupé par des revenus de taxation équitables, son gouvernement devrait envisager une taxe équitable qui s’appliquerait aux super-riches comme les Irving ou les McCain.

On peut appliquer cette idée à cette situation, parce qu’en fait, ce modèle crée des super-riches qui ne partagent pas avec les autres populations [non-autochtones], a rétorqué Blaine Higgs, en parlant des communautés autochtones qui se font rembourser cette taxe de vente.

Selon le gouvernement provincial, 47 millions de dollars ont été versés à ces communautés en 2019-2020. L’annulation de l’accord les priverait d’une somme annuelle qui aurait atteint 75 millions de dollars dans 10 ans.

Propos mal reçus

Les propos de Blaine Higgs ont été mal accueillis, tant par des représentants autochtones que par des élus provinciaux et fédéraux.

C’est dégueulasse. Où sont ces "réserves super-riches"?, a écrit Bill Ward, le chef de la communauté de Metepenagiag.

Sur Twitter, il s’est indigné que le premier ministre compare les quelques millions dont les Autochtones seront privés aux milliards de dollars de revenus qu’engrangent les familles Irving et McCain. Certains de ces milliards ont même été générés durant les pires mois de la pandémie, ajoute-t-il.

Selon Bill Ward, le premier ministre Higgsdémontre clairement qu’il est mal informé et déconnecté de la réalité des Premières Nations.

Bill Ward.

Bill Ward, le chef de la Première Nation micmaque de Metepenagiag, en 2020 (archives).

Photo : CBC

De l'argent pour combler les inégalités

Alan Polchies, le chef de la communauté de St. Mary’s, au nord de Fredericton, estime que ce sera un recul dans la lutte des Autochtones contre la pauvreté.

Depuis 1994, les taxes provinciales perçues dans les commerces étaient remises à cette communauté wolastoqiyik (malécite) pour aider à son développement. Les dollars que nous obtenons, nous les dépensons là où il y a un manque de financement : l'éducation, la santé mentale, dit Alan Polchies.

C’est le racisme systémique en action.

Une citation de :Alan Polchies, chef de la communauté de St.Mary’s

« Higgs est raciste », écrit un député

Le député vert de Kent-Nord, Kevin Arseneau, a vivement réagi aux propos du premier ministre.

Higgs est raciste et impérialiste, nous l'avons toujours su. Il n'a pas changé depuis ses jours au CoR, a-t-il écrit, faisant référence au parti Confederation of Regions, qui s’opposait au bilinguisme officiel du Nouveau-Brunswick et dont Blaine Higgs avait brigué la direction en 1989.

Les gens qui le protègent, son personnel, ses ministres et son caucus, sont complices. Plusieurs pensent comme lui, certains détournent le regard et se préfèrent ne rien dire, a ajouté le député Arseneau, dans un message Twitter, qu’il a par la suite supprimé.

Kevin Arseneau en mêlée de presse.

Kevin Arseneau, député du Parti vert du Nouveau-Brunswick dans Kent-Nord (archives).

Photo : Radio-Canada

Notre premier ministre vient de nourrir les flammes du racisme avec des propos ignorants et des mensonges qui dressent les non-Autochtones contre les Autochtones, a déclaré de son côté la députée fédérale de Fredericton, Jenica Atwin.

Le gouvernement a agi sans avoir consulté, sans offrir de solutions de rechange ni de préavis aux chefs. Cette décision insensée est un énorme pas dans la mauvaise direction et n’aide en rien l’amélioration des relations entre les personnes autochtones et non-autochtones, a affirmé Jenica Atwin.

Jenica Atwin debout pour prendre la parole aux Communes, un document entre les mains.

Jenica Atwin, députée fédérale de Fredericton, à la Chambre des communes le 29 septembre 2020.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les Autochtones n'ont pas été consultés

À Information Morning, Blaine Higgs a soutenu mercredi qu’il avait mis fin à un simple accord commercial et s’est défendu d’avoir pris une décision unilatérale. Nous exerçons le droit, garanti dans le contrat, d'y mettre fin , a-t-il déclaré.

Confronté à la réalité de ne pas avoir consulté les membres des Premières Nations, il a accusé celles-ci de ne pas vouloir partager et de ne pas démontrer de volonté à discuter de cet accord fiscal.

Le premier ministre Higgs n’a pas voulu paraître ébranlé par les critiques à son endroit. Je comprends que je puisse être une cible facile […] Il y aura beaucoup d’attention de détournée vers moi ou quelqu’un d’autre , a-t-il prédit. J’aimerais qu’on regarde les faits, ils parlent d’eux-mêmes.

Avec des renseignements de Margaud Castadère, Michel Corriveau, et Terry Seguin de l’émission Information Morning (CBC)

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