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Ruée vers des produits d’hygiène féminine réutilisables subventionnés dans Lotbinière

Une femme tient dans ses mains une coupe menstruelle et des serviettes hygiéniques lavables.

Marilyn Brousseau a profité de la subvention pour se procurer de nouveaux produits.

Photo : Courtoisie / Marilyn Brousseau

Kassandra Nadeau-Lamarche

Essayer les produits d’hygiène féminine réutilisables, c’est les adopter. C’est avec cet argument que la MRC de Lotbinière a offert à sa population de subventionner leur achat. Un pari réussi puisque les subventions disponibles se sont envolées en l’espace d’une semaine.

En février dernier, la MRC a lancé son programme de subvention. En fournissant leurs factures, les femmes avaient droit à un remboursement à hauteur de 75 % des frais d’achat, pour un montant maximal de 100 $ par utilisatrice.

Ces subventions pouvaient servir à l’achat de divers produits d’hygiène féminine réutilisables, comme les coupes menstruelles, les serviettes hygiéniques lavables, ainsi que les culottes menstruelles.

Une enveloppe de 4000 $ a été réservée pour le projet et, en sept jours seulement, il ne restait plus d'argent. En tout, une soixantaine de personnes ont pu en profiter. Il s'agit d'un engouement inattendu, car la créatrice du projet s'attendait à ce que le montant s'écoule en plusieurs mois.

Avec ce programme, Lotbinière a suivi l’exemple de plusieurs municipalités du Québec qui offrent aussi des subventions équivalant à un pourcentage du prix d’achat ou à un montant prédéfini. Certaines d’entre elles privilégient également l’achat local, comme Boucherville et Dorval.

Quatre serviettes hygiéniques lavables et une coupe menstruelle.

Les produits d'hygiène féminine réutilisables sont disponibles sous plusieurs formes et formats. Ici, on voit plusieurs serviettes hygiéniques lavables ainsi qu'une coupe menstruelle.

Photo : Courtoisie / Marilyn Brousseau

Écolo et économique

L’idée a été présentée à la MRC par la directrice générale du Centre-Femmes de Lotbinière, Martine Turgeon. C’est en lisant un livre sur le tabou des menstruations qu’elle a eu cette idée.

Martine Turgeon estime que ce genre d’initiative comporte trois volets : social, écologique et économique.

Tout d’abord, il permet de démystifier les règles et d’enlever la gêne qu’ont les femmes d’en parler. L’autre motivation importante est le volet environnemental.

Une serviette jetable qui est portée pendant quelques heures peut prendre jusqu’à 450 ans à se dégrader dans l’environnement.

Une citation de :Martine Turgeon, directrice générale du Centre-Femmes de Lotbinière

L’utilisation de produits réutilisables a donc pour conséquence de réduire la quantité de déchets envoyés au site d’enfouissement.

Économies importantes

Les répercussions économiques sont aussi à prendre en compte. Bien que l’achat de ces produits soit élevé sur le coup, la créatrice du projet souligne que le prix réparti sur les années d’utilisation permet de faire d’importantes économies à long terme.

Le projet a été bien accueilli par le conseil des maires de Lotbinière, qui y ont donné leur aval. On voulait s’assurer qu'une adhésion se fasse et donner les moyens de faire connaître les produits, affirme Normand Côté, préfet de la MRC et maire de Saint-Flavien.

Étant donné l’engouement, la MRC travaille présentement à une relance de la subvention. Il va y avoir une autre mouture, ça, je le confirme. Est-ce que le pourcentage sera le même? C’est le comité consultatif en environnement qui va analyser ça. Mais le but ce n’est pas de réduire beaucoup, parce qu’on veut encourager cette initiative écologique, assure le préfet.

Une femme pose. Sur le comptoir devant elle, on voit des culottes menstruelles, une coupe menstruelle, une serviette hygiénique lavable ainsi que des dépliants.

C'est la directrice générale du Centre-Femmes Lotbinière qui a proposé à la MRC le programme de subvention.

Photo : Courtoisie / Centre-Femmes Lotbinière

Confort

Marilyn Brousseau, qui habite à Saint-Antoine-de-Tilly, n’a pas hésité à faire une demande de subvention dès le lancement du programme. Pour les gens qui y pensaient, qui avaient envie de l’essayer, c’est quand même des sous. Donc avoir déjà un montant remboursé, ça donne un coup de pouce pour faire le saut.

Il faut dire qu’elle utilisait déjà des produits d’hygiène réutilisables, particulièrement les coupes menstruelles et les serviettes hygiéniques lavables depuis quelques années. Avec la subvention, elle a pu garnir sa collection. Marilyn a également réussi à convertir plusieurs proches.

En plus des avantages écologiques et économiques, le confort a beaucoup joué dans sa décision de passer aux produits lavables. Au niveau des serviettes par exemple, il n’y a pas d’effet plastique, explique-t-elle. C’est du tissu, donc c’est plus doux et il y a un effet au sec aussi. Et on a besoin de la changer moins souvent.

Et à Québec et Lévis?

Pour l’instant, les deux grandes villes de la région n’ont pas l’intention d’emboîter le pas à la MRC de Lotbinière.

À Québec, la mesure a été analysée parmi 1140 actions potentielles à mettre en place dans le Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR). Au final, elle ne faisait pas partie des 82 actions retenues, mais la Ville n’exclut pas d'analyser à nouveau la pertinence d’une telle mesure dans le futur.

À Lévis, on mise plutôt sur la sensibilisation. La Ville indique qu’elle effectuera prochainement une campagne dans les établissements secondaires et postsecondaires du territoire pour sensibiliser les étudiantes à l’usage de produits d’hygiène féminine réutilisables.

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