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De nouveaux fossiles d’Homo erectus mis au jour au Kenya

Représentation artistique d'un Homo erectus.

L'Homo erectus a vécu il y a 1,9 million d’années, jusqu'à 300 000 ans.

Photo : Smithsonian's National Museum of Natural History

Radio-Canada

Deux nouveaux spécimens d'Homo erectus ont été découverts sur le site de Koobi Fora au Kenya par une équipe internationale de paléontologues.

Ces scientifiques ont aussi réussi à établir l'âge d'un fragment de crâne d'Homo erectus – l'un des plus anciens spécimens attribués à l’espèce – découvert en 1974 dans cette région fossilifère située sur la rive orientale du lac Turkana dans le territoire du peuple Gabbra.

Un couple d'Homo erectus dans une plaine africaine.

Un couple d'Homo erectus illustré dans un diorama du musée américain d'histoire naturelle.

Photo : AMNH/D. Finnin

L'Homo erectus est le premier hominine connu dont la morphologie se rapproche de la nôtre, explique dans un communiqué le Dr Ashley Hammond, chercheur au Musée américain d’histoire naturelle.

Il avait des membres inférieurs plus longs que les membres supérieurs, un torse dont la forme ressemblait plus à la nôtre, et une capacité crânienne plus importante que les hominines antérieurs.

Capable de créer des outils, cet hominine était plus rapide et plus intelligent que l'Australopithèque et le premier Homo, ajoute le scientifique.

Repères

  • L'Homo erectus a vécu il y a 1,9 million d’années, jusqu'à 300 000 ans;
  • Il est appelé ainsi parce qu'il marche complètement droit;
  • Il a domestiqué le feu, sans le créer;
  • Il a créé les premiers outils bifaces;
  • Il vivait en campement et pratiquait la cueillette et la chasse.

Dans les années 1970, des anthropologues ont découvert sur ce site un fragment de crâne vieux de 1,9 million d'années, l'un des plus anciens spécimens d'Homo erectus. Ce spécimen n'est dépassé en âge que par un spécimen de crâne vieux de 2 millions d'années découvert en Afrique du Sud.

Depuis sa découverte, certains paléoanthropologues doutaient de l’âge de ce fragment affirmant qu’il pourrait provenir d'un gisement de fossiles plus récent et avoir été déplacé par l'eau ou le vent jusqu'à l'endroit où il a été trouvé.

Pour réussir à clarifier son lieu d’origine, le Dr Hammond et ses collègues ont consulté des documents d'archives et des études géologiques.

Le Dr Dan Palcu, géoscientifique à l'Université de São Paulo et à l'Université d'Utrecht, explique l’ampleur du travail : Nous avons dû parcourir des centaines de pages d'anciens rapports et toutes les études publiées sur le sujet pour réévaluer les preuves initiales et chercher de nouveaux indices.

Nous avons également dû utiliser des données satellites et des images aériennes pour établir exactement où les fossiles ont été découverts, recréer la scène et la replacer dans un contexte plus large afin de trouver les bons indices pour déterminer l'âge des fossiles, explique-t-il dans le communiqué.

Les scientifiques ont ainsi réussi à établir que la zone de la découverte était différente de celle initialement signalée, mais que le crâne a été trouvé à un endroit où il n'y avait aucune preuve d'un affleurement fossile plus jeune. Cette réalité confirme, selon eux, l'âge initial donné au fossile.

Faire d’une pierre deux coups

Ce travail a permis de découvrir, à moins de 50 mètres du site, de nouveaux ossements d’Homo erectus : un bassin partiel et l’os d’un pied.

Le bassin partiel d'un Homo erectus découvert sur le site de Koobi Fora au Kenya.

Le bassin partiel d'un Homo erectus découvert sur le site de Koobi Fora au Kenya.

Photo : AMNH/A. Hammond

Bien qu'ils puissent provenir du même individu, il n'y a aucun moyen de le prouver, affirment les chercheurs, qui estiment qu’ils pourraient être en présence des plus anciens restes – autres que des ossements crâniens – d’Homo erectus.

Le milieu de vie

Les scientifiques ont également collecté des dents fossilisées d'autres types de vertébrés, principalement des mammifères, provenant de la région. À partir de l'émail, ils ont recueilli et analysé des données isotopiques. Ce travail a permis dresser le portrait de l'environnement dans lequel vivait l’Homo erectus.

Nos travaux laissent à penser que cet Homo erectus primitif vivait dans un environnement où vivaient principalement des herbivores qui préfèrent les environnements ouverts aux zones forestières. Il se trouvait à proximité d'un plan d'eau stable, comme en témoignent les éponges d'eau douce préservées dans les roches, conclut le paléoécologiste Kevin Uno de l'Université Columbia.

Le détail de cette découverte est décrit dans le journal Nature Communications (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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