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Consommation de spectacles au Québec : une grande étude inédite déboulonne des préjugés

Des personnes assistent à un concert de musique.

Un tiers de la population québécoise assiste régulièrement à des spectacles.

Photo : Getty Images / Yuri_Arcurs

Radio-Canada

Le Groupe de travail sur la fréquentation des arts de la scène (GTFAS) a dévoilé mardi une étude exhaustive dressant le portrait prépandémie de la fréquentation des salles et des facteurs qui l’influencent. Cette recherche, la plus importante jamais menée sur le sujet au Québec, démonte plusieurs stéréotypes et souligne que le manque d’intérêt constitue le principal frein à la consommation culturelle.

Plus de 6000 personnes ont participé à ce sondage. C’est très rare qu’on aille aussi loin, a expliqué Pierre-Olivier Saire, de la firme-conseil Daigle/Saire, à Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l’émission Tout un matin

C’est ce cabinet qui a réalisé ce sondage au début de l’année 2019, soit avant la pandémie. Ses conclusions restent-elles pertinentes malgré la crise sanitaire qui frappe durement le secteur culturel? Oui, car cela nous donne des outils pour répondre à cette crise, répond-il. Les données [que cette étude apporte] sur les publics nous permettent de développer les outils marketing qui vont aider à mieux les rejoindre et à préparer la relance. 

Pas tant une question d’argent

Premier constat : un tiers de la population québécoise ne se rend à aucun spectacle dans l’année et un autre tiers y va une ou deux fois par an. 

Les personnes qui assistent à 10 spectacles par an au moins représentent seulement 13 % de ceux et celles qui consomment des spectacles, mais elles achètent 44 % des billets. 

Au premier abord, on peut penser que c’est par manque d’argent que le public ne fréquente pas régulièrement les théâtres et les salles de spectacle. 

Pourtant, l’étude montre que lorsque les gens commencent à aller voir des spectacles, leur revenu n’influence pas le nombre de pièces ou de concerts vus, mais il conditionne le montant dépensé par billet. En résumé, une fois que les personnes ont eu la piqûre du spectacle, elles organisent leur budget afin de pouvoir en voir d’autres. 

D’ailleurs, celles et ceux qui fréquentent le plus de spectacles gratuits sont aussi celles et ceux qui consomment le plus de spectacles payants. 

Les spectacles gratuits ne sont certainement pas inutiles, mais si c’est une stratégie pour développer des publics, elle ne marche pas, analyse Pierre-Olivier Saire.

Convaincre le non-public de la pertinence d’aller au spectacle

Le principal frein s’avère être le manque d’intérêt. C’est sur ça qu’il faut travailler. Montrer aux gens l’intérêt de fréquenter des spectacles, c’est la frontière ultime, souligne-t-il. 

Pour y parvenir, il faudrait, selon lui, valoriser davantage le mode de vie consistant à aller voir des artistes se produire, notamment en mettant en avant les infrastructures culturelles dans chaque municipalité, et affirmer que la fréquentation culturelle [...] est essentielle pour s’accomplir

L’étude soulève aussi l’importance de donner l’habitude, dès le plus jeune âge, de voir des productions culturelles, notamment en organisant des sorties scolaires au théâtre ou à des concerts. En effet, les personnes ayant vu beaucoup de spectacles quand elles étaient jeunes se rendent souvent dans les salles une fois adultes. Il y a une corrélation assez claire, observe Pierre-Olivier Saire. 

Les jeunes et les personnes immigrantes dans les salles

L’étude commandée par le GTFAS va également à l’encontre de plusieurs idées reçues. Ainsi, les jeunes que l’on dit les yeux rivés sur leurs écrans sont les personnes qui ont la plus forte propension à fréquenter les spectacles professionnels tarifés intérieurs comme extérieurs

Quant au fait de vivre en région, cela n’empêche pas les gens de voir des spectacles. Le niveau de fréquentation est comparable entre les grands centres et les régions; le temps nécessaire pour aller à une salle ne semble donc pas freiner la majorité des gens. 

Autre constat : les personnes nées à l’extérieur du pays se rendent plus souvent à des spectacles que les autres. Il ne faut pas oublier que l’immigration au Québec est une immigration choisie, dit Pierre-Olivier Saire. Les immigrants sont plus scolarisés que la moyenne des Québécois. Or, le niveau de scolarité influence positivement la fréquentation des salles.

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