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Dix ans après, toujours difficile d’expliquer le succès phénoménal de Game of Thrones

Les personnages Daenerys Targaryen et Jon Snow, vêtus d'habits à l'allure médiévale, se tiennent devant une étendue d'eau.

La série « Game of Thrones » a rejoint un public mondial et a été l'émission de télévision la plus piratée du monde durant sa diffusion.

Photo : fournie par HBO

Agence France-Presse

Débauche de sang et de sexe, ou créativité narrative et visuelle? Dix ans après le début de la diffusion du Trône de fer (Game of Thrones), les raisons du succès inégalé de cette série qui a conquis des légions de fans dans le monde font toujours débat.

Le 17 avril 2011 démarrait la diffusion sur la chaîne américaine HBO de cette série inspirée de la saga littéraire du même titre de George R. R. Martin. Personne n’aurait alors pu prédire son triomphe planétaire, qui semble aujourd'hui impossible à reproduire.

Parmi les explications les plus souvent évoquées : l'obsession de la série pour la nudité (surtout féminine) et le sexe, qui a créé la controverse et valu des accusations de sexisme aux créateurs de la série, dès le premier épisode.

Je pense qu'au début, ils se sont trompés de public. C'était quasiment du porno, se souvient Carolyne Larrington, professeure de littérature médiévale à l'Université d'Oxford et autrice de plusieurs ouvrages sur la série.

Cependant, Game of Thrones est loin d'avoir établi des records à ce chapitre, avec 82 scènes de nudité comptabilisées par le site spécialisé MrSkin.com, contre 236 pour la comédie dramatique Shameless et 137 pour les vampires de True Blood.

On tue les héros

Autre élément incontournable de Game of Thrones, un déferlement de violence (énucléation, torture, égorgement...), qui n'épargnait pas les héros et héroïnes. Leur taux de survie n'a cessé de chuter au fur et à mesure que les morts s'amoncelaient à l'écran (59 dans la première saison et... 3523 dans la dernière, selon la plateforme de données Statista).

Mais là aussi, on peut trouver des séries bien plus violentes (comme The Walking Dead) et cela ne suffit pas à expliquer son succès dans la durée, avec une diffusion dans 207 pays et un épisode ultime regardé en direct par plus de 19 millions de téléspectateurs et téléspectatrices aux États-Unis.

Game of Trones est même restée l’émission la plus commentée en 2020, un an après sa fin, selon la société Parrot Analytics.

La femme coiffée d'une couronne est assise sur un trône constitué d'épées.

Cersei Lannister sur le trône de fer, dans une scène de la saison 7 de « Game of Thrones », avec son frère et amant Jaime Lannister à ses côtés

Photo : HBO/GameOfThrones/Facebook

Des spécialistes mettent de l’avant le talent narratif de George R. R. Martin et les prouesses visuelles des créateurs de la série, Dan Weiss et David Benioff.

Ce qui rendait la série si intéressante, ce sont ces deux notions jumelles que sont le pouvoir et la famille, estime Carolyne Larrington. Comment on s'empare du pouvoir et on l'exerce, et comment les jeunes personnages passent huit saisons à essayer de ne pas imiter leurs parents ou grands-parents... C'est de là que vient son attrait universel.

Malgré les accusations de sexisme, la série a aussi donné un rôle majeur aux femmes.

Pour augmenter leur audience, les séries fantastiques ne peuvent plus se contenter d'avoir pour héros des machos faisant des trucs de machos, et des femmes réduites au rôle de demoiselles en détresse, ajoute-t-elle.

Une pionnière des séries fantastiques

Même les gens ayant d'abord été conquis par les livres de George R. R. Martin ont été dépassés par l'ampleur du phénomène télévisuel. Aujourd'hui encore, ça reste difficile à croire, confie Myles McNutt, auteur d'un livre guide officiel de Game of Thrones.

George R. R. Martin regarde la caméra.

L'auteur américain George R. R. Martin

Photo : Getty Images / Gustavo Caballero

L'histoire inventée par George R. R. Martin était sans doute plus accessible qu'on ne le pensait. Il fallait juste arriver à l'extraire de l'épaisseur intimidante de ses livres aux milliers de pages et à l'écriture dense.

Le lancement de Game of Thrones est également tombé au bon moment, en pleine éclosion des réseaux sociaux, qui ont changé la façon de consommer la télévision. Elle a donné naissance à d'innombrables mèmes et a influencé jusqu'aux relations internationales, comme lorsque l'ex-président Trump a menacé l'Iran d'un tweet reprenant le graphisme de la série et avertissant que les sanctions arrivent.

En tout cas, cette recette miracle semble difficile à reproduire alors que HBO veut raviver la flamme grâce à plusieurs projets de séries, dont un seul confirmé à ce jour, House of the Dragon.

Amazon, de son côté, a dépensé 250 millions de dollars américains pour une série inspirée du Seigneur des anneaux, la trilogie de J.R.R. Tolkien déjà adaptée au cinéma.

On ne sait pas encore si le public s'empressera de revenir à Westeros ou en Terre du Milieu, où se déroulent les deux sagas, prévient Myles McNutt. Mais HBO et Amazon parient des centaines de millions de dollars sur l'idée que Game of Thrones a ouvert la voie à un avenir radieux pour le fantastique à la télévision. Et je ne l'aurais jamais cru [quand la série a démarré].

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