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Après 5 ans d'état d'urgence sanitaire, les surdoses sont toujours en hausse en C.-B.

Un homme tient une affiche sur laquelle on lit : « Réveillez-vous, nous mourons », en anglais.

L'état d'urgence a été déclaré il y a cinq ans, en Colombie-Britannique, à cause de la crise des surdoses d'opioïdes.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Cinq ans après la déclaration de l'état d'urgence sanitaire en Colombie-Britannique pour encadrer la crise des surdoses d'opioïdes, le nombre de morts monte toujours en flèche, et des voix s’élèvent pour réclamer des mesures concrètes et immédiates de la part des gouvernements et du système de santé.

La crise des opioïdes a coûté la vie à plus de 7000 personnes en Colombie-Britannique au cours des cinq dernières années.

Un tableau montrant le nombre de surdoses mortelles chaque année en Colombie-Britannique.

L'année 2020 a été la plus dévastatrice en matière de surdoses mortelles dans la province.

Photo : Radio-Canada

Selon le Bureau des coroners de la Colombie-Britannique, en moyenne, 5 personnes meurent chaque jour d'une surdose dans la province.

En 2020, le nombre de décès par surdose a fait un bond de 74 % par rapport à l’année précédente.

Besoin de solutions

Leslie McBain a perdu son fils Jordan, âgé de 25 ans, en 2014, en raison d’une surdose.

Avec d’autres mères qui ont perdu un enfant à la suite d’une surdose, elle a fondé l’organisme Moms Stop the Harm, qui compte maintenant 2000 membres partout au pays. L'organisme rassemble des parents, soit qui ont perdu un enfant à la suite d’une surdose, soit qui ont un enfant encore aux prises avec une dépendance.

Leslie McBain lance un cri du coeur aux gouvernements et au système de santé. Il n’y a rien de plus important pour une mère que ses enfants et nous avons de la difficulté à les garder en vie ou à les aider!

Une seringue et des pilules.

Le maire de Vancouver, comme beaucoup d'autres, prône la décriminalisation de la possession simple de drogues.

Photo : Shutterstock / Chirachai Phitayachamrat

Les mères demandent un approvisionnement pharmaceutique sûr pour les toxicomanes pour mettre fin d’abord à toutes morts dues à des drogues illicites mortelles.

C’est une épidémie qui a tué autant de personnes au cours des dernières années que la COVID-19 au cours des 18 derniers mois. Alors, pourquoi ne traitons-nous pas ces morts comme une urgence?

Une citation de :Leslie McBain, cofondatrice, Moms Stop the Harm

Des études ont conclu que le fait de fournir un approvisionnement sécuritaire aux toxicomanes est bénéfique, selon Leslie McBain, et les chercheurs, professionnels de la santé et même les chefs de police s’entendent sur des initiatives de réduction des méfaits comme celles-ci.

Les militantes se disent déçues du discours du Trône de mardi du gouvernement britanno-colombien dans lequel il a brièvement été question de redoubler les efforts pour mettre fin à la crise des surdoses, sans rien annoncer de concret.

Les gouvernements aiment parler de prévention. Ils aiment parler de l'éducation du public. Et toutes ces choses sont nécessaires et vraiment bonnes. Mais qu'en est-il d'empêcher les morts?

Une citation de :Leslie McBain, cofondatrice, Moms Stop the Harm
Un ambulancier pousse un brancard.

La crise des surdoses en Colombie-Britannique ne diminue pas, cinq ans après la déclaration de l'état d'urgence sanitaire par la province.

Photo : CBC/Ben Nelms

Des marches dans les villes de la Colombie-Britannique doivent avoir lieu mercredi après-midi à la mémoire de victimes de surdoses, dont une dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver à 14 h.

Bilan des autorités

La ministre de la Santé mentale et des Dépendances de la Colombie-Britannique, Sheila Malcolmson, la médecin en chef de la Colombie-Britannique, Bonnie Henry, la coroner en chef de la province, Lisa Lapointe, et la médecin en chef intérimaire de la régie de la santé autochtone ont présenté leur bilan de la crise mercredi matin.

La Colombie-Britannique demandera officiellement à Santé Canada une exemption fédérale de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances pour décriminaliser la possession pour usage personnel de drogues dans la province. Cette mesure permettra, selon Sheila Malcolmson, d'éliminer la honte qui empêche souvent les consommateurs de substances de demander de l'aide.

La stigmatisation pousse les gens à cacher leur consommation de drogues, à éviter les soins de santé et à consommer seuls , a-t-elle déclaré.

Par ailleurs, la province a annoncé un nouvel investissement de 45 millions de dollars au cours des trois prochaines années pour soutenir les services de prévention destinés aux personnes à haut risque de surdose dans toute la province. Ce financement fait partie du budget 2021-2022 de la Colombie-Britannique, qui sera déposé le 20 avril.

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