•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Comment un vaccin contre la COVID-19 peut-il provoquer une thrombose?

Vaccin AstraZeneca.

Le Québec a répertorié son premier cas de thrombose à la suite de l'administration du vaccin d'AstraZeneca.

Photo : Getty Images / SOPA Images

Les inquiétudes liées aux différents vaccins contre la COVID-19 ont été alimentées par l’annonce mardi du premier cas de thrombose survenu au Québec après l’administration du vaccin d’AstraZeneca. La femme touchée récupère chez elle et est heureusement hors de danger. Comment un vaccin peut-il mener à une telle réaction?

Voici les réponses du neurologue vasculaire au Centre hospitalier de l'Université de Montréal Christian Stapf lorsque questionné par Claude Bernatchez, animateur de l’émission Première heure.

Qu'est-ce qui se passe dans le corps avec le vaccin pour dans certains rares cas causer une thrombose?

Le vaccin est là pour déclencher une réaction immunitaire. C’est voulu, parce qu’on veut que notre système immunitaire développe des armes contre le virus, que le jour X où on le rencontre, toutes les flèches soient sorties et qu'on arrive à se battre.

C’est ces petites flèches là qui peuvent jouer un mauvais tour. On les appelle les anticorps, et c’est des petites flèches qui sont spécifiquement préparées pour attaquer une cible qu’on a déjà rencontrée.

Ces cas de thrombose, pour moi, docteur, c’est déjà le signe que la surveillance de ces vaccins fonctionne très très bien. Parce que même une complication rarissime, on arrive à la capter. Et quand je dis rare, on s'attend à un cas sur un million de vaccinations.

Il semble que dans des cas très rares, il y a quelques flèches erronées qui se forment, et ces flèches-là ne s’attaquent pas au virus, mais à des plaquettes qui circulent dans notre sang. Les plaquettes, ça fait partie du système qui nous protège de ne pas saigner quand on se coupe. Donc c’est là pour cailloter le sang au moment où on en a besoin.

Quand il y a cette rare réaction, les flèches se dirigent contre les plaquettes et les activent. Et ça donne une thrombose.

Illustration d'une thrombose.

Illustration d'une thrombose

Photo : iStock

Certaines personnes sont-elles plus prédisposées que d’autres?

Ce qu’on a compris à ce stade, c’est que ça touche plus de jeunes personnes que quand on a au-delà de 50 ans. La totalité des cas dans tous les pays avait en dessous de 50 ans, l’âge moyen est entre 30 et 40 ans et il y a une légère prédisposition des femmes. Et c’est pour ça que les autorités ont tout de suite tiré sur la ficelle et arrêté ces vaccins en dessous d’un certain seuil d’âge. Même si c’est rare, on veut être sûrs.

Pourquoi est-ce que c’est les plus jeunes? A priori, le système immunitaire réagit plus activement quand on est jeune. C’est pour ça que les maladies auto-immunitaires, les allergies et tout ça, touchent beaucoup plus la tranche jeune de la population.

Pour les femmes, il y a potentiellement un biais, parce qu’il y a actuellement plus de femmes que d’hommes vaccinés dans le monde, comme on a ciblé le personnel du système médical. Il y a globalement une légère prépondérance des femmes pour les maladies auto-immunitaires, mais on n’a pas de raison spécifique à ce stade.

Aussi, maintenant que l’on connaît la réaction, on arrive à la traiter. Au début, on ne savait pas ce qu’il se passait.

Le Dr Christian Stapf.

Le Dr Christian Stapf

Photo : CHUM

Est-ce que la maladie elle-même, le virus, quand on le contracte, peut aussi avoir ces effets de thrombose?

Voilà toute la complexité. L’infection COVID elle-même peut favoriser des thromboses rien que par le biais de la fièvre ou de la réaction inflammatoire. Mais ce n’est pas la même réaction qu’on a observée après les vaccins.

Avec le vaccin, il y a une personne sur un million qui développe ces complications. Par contre, si on attrape le virus, là, le taux est beaucoup plus élevé.

Quels symptômes surveiller?

Les cas observés sont en règle générale deux à quatre semaines après la vaccination.

C’est des céphalées progressives après des symptômes neurologiques comme des crises d’épilepsie, des signes d’AVC et d’autres choses qu’on n’a pas envie d’avoir. C’est aussi un mal de tête, mais comme vous n’en aurez jamais eu.

La règle globale c’est, si on se sent malade, faut en parler à son docteur.

Les cas de thrombose veineuse à la suite de l’administration du vaccin d'AstraZeneca restent plutôt rares. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) indique qu’il n’y a eu pour l’instant qu’un cas sur 100 000 vaccins administrés.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) continue de juger que les bénéfices du vaccin d'AstraZeneca contre la COVID-19 l'emportent sur les risques.

Au Canada, le vaccin d'AstraZeneca est pour l'instant seulement administré aux personnes de 55 ans et plus.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !