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Pêche de subsistance : Ottawa inclut une autre espèce marine aux négociations

Des dizaines de civelles dans les mains d'un homme

Les civelles sont de jeunes anguilles translucides pêchées au filet quand elles remontent des cours d'eau au printemps en Nouvelle-Écosse et dans le sud du Nouveau-Brunswick.

Photo : Associated Press / Robert F. Bukaty

Radio-Canada

La pêche lucrative à la civelle en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick fait désormais partie des négociations sur la mise en oeuvre du droit des Micmacs de faire une pêche de subsistance convenable en vertu des traités, selon la ministre des Pêches et des Océans du Canada, Bernadette Jordan.

Bernadette Jordan a affirmé, mardi, que les négociations ne se limitent pas au homard, qu’elles portent sur toutes les espèces. Son gouvernement, a-t-elle indiqué, va poursuivre les négociations pour voir s’il y a un moyen pour eux d’exercer ce droit aussi.

La demande des Micmacs pour faire partie de la pêche à la civelle a mené à des tensions ces dernières années au point où la ministre Jordan a ordonné la suspension de cette pêche dans les Maritimes en 2020.

Les civelles sont de jeunes anguilles. Elles sont capturées et expédiées vivantes sur le marché asiatique où elles sont consommées lorsqu’elles atteignent leur taille d’adultes. La majorité du quota annuel de 9960 kg est capturée en Nouvelle-Écosse. Cette pêche était évaluée à 38 millions de dollars en 2019.

Une pêche suspendue en 2020

La suspension de la pêche à la civelle en 2020 est survenue à la suite d’une hausse sans précédent du nombre de Micmacs effectuant cette activité en vertu de permis de pêche communautaire à des fins alimentaires, sociales et rituelles.

Les civelles capturées en vertu de ces permis ne font pas l’objet d’un suivi et elles ne peuvent être vendues.

Bernadette Jordan interviewée à l'extérieur.

La pêche à la civelle fait désormais partie des négociations sur la mise en oeuvre du droit des Micmacs de faire une pêche de subsistance convenable, indique la ministre des Pêches et des Océans du Canada, Bernadette Jordan.

Photo : CBC

Le ministère ne savait pas exactement combien de civelles les pêcheurs micmacs capturaient, mais il estimait que le volume était supérieur à la pêche commerciale dans certaines rivières, selon des documents obtenus par CBC.

Le ministère croyait aussi que des prises étaient vendues à l’étranger.

Pour faire cesser cette pratique, le ministère a imposé une taille minimale en février 2021 qui s’applique à tous les permis de pêche communautaire à la civelle dans les Maritimes.

La conservation de l’espèce est prioritaire et le ministère s’en préoccupe beaucoup, a souligné Bernadette Jordan. Il faut prendre des mesures pour assurer la durabilité de l’espèce, a-t-elle ajouté.

Les tensions se poursuivent cette année

Les tensions ont repris à l’ouverture de la saison 2021, en mars.

Le ministère affirme que 14 personnes ont été arrêtées pour une pêche à la civelle présumée illégale jusqu’à présent cette année. On ignore si tous ces pêcheurs sont des Autochtones, mais plusieurs d’entre eux sont des membres de la communauté micmaque de Sipekne'katik. Ils soutenaient sur Facebook qu’ils avaient un droit de pêche à la civelle issu des traités.

La décision Marshall de la Cour suprême du Canada rendue en 1999 confirme le droit des Micmacs de faire une pêche de subsistance convenable encadrée par une réglementation du gouvernement fédéral aux fins de conservation.

Contrairement au conflit qui entoure la pêche autogérée de subsistance convenable au homard entreprise par des communautés micmaques, les tensions entourant la pêche à la civelle sont largement méconnues. Les détenteurs de permis de pêche commerciale à la civelle en ont peu parlé, bien qu’elles s’intensifient depuis 2017.

Seuls neuf détenteurs de permis ont le droit exclusif de faire une pêche commerciale à la civelle en Nouvelle-Écosse et au Nouveau-Brunswick, dont la communauté autochtone de We'koqma'q au Cap-Breton.

La valeur de chacun de ces permis était estimée à 4,3 millions de dollars en 2019, selon le ministère des Pêches et des Océans.

Chaque détenteur d’un permis peut capturer un certain quota dans certaines rivières désignées. Les prises doivent être consignées dans un registre et faire l’objet d’une vérification à quai.

Aucun nouveau permis n’a été accordé depuis 1998.

Avec les renseignements de Paul Withers de CBC

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