•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Haïti : le premier ministre Joseph Jouthe démissionne

Portrait du premier ministre et du président d'Haïti

Le premier ministre haïtien Joseph Jouthe et le président Jovenel Moïse, lors de la cérémonie d'inauguration de Jouthe au Palais national de Port-au-Prince en 2020.

Photo : Reuters / ANDRES MARTINEZ CASARES

Radio-Canada

Le premier ministre haïtien, Joseph Jouthe, a présenté sa démission au président Jovenel Moïse, qui l'a acceptée.

J'ai remis ce soir ma démission au premier ministre, a confirmé dans la nuit le premier ministre sortant Joseph Jouthe.

Il avait été nommé en mars 2020 et est donc resté un an à son poste dans un pays où la valse des chefs de gouvernement s'est accélérée ces dernières années.

C’est le sixième premier ministre nommé en quatre ans de gouvernance.

Sur son compte Twitter, Joseph Jouthe a affirmé : Ça a été un honneur de servir mon pays comme premier ministre. Il n'a pas donné plus de détails concernant son départ.

C’est également sur la même plateforme que le président Jovenel Moïse a dit avoir accepté cette démission.

Elle permettra, a-t-il expliqué, d’adresser le problème criant de l’insécurité et poursuivre les discussions en vue de dégager le consensus nécessaire à la stabilité politique et institutionnelle de notre pays.

Le président Moïse a nommé Claude Joseph, l'actuel ministre des Affaires étrangères, au poste de premier ministre.

Sur RDI matin, le journaliste Étienne Côté-Paluck explique depuis Port-au-Prince que cette démission n’était pas une surprise.

On s’attendait à une démission prochaine du premier ministre, qui avait déjà rédigé une démission sans date et disait qu’il était prêt à la déposer au moment où il y aurait un blocage.

Crise politique

L’opposition et une bonne partie de la population haïtienne exigent le départ de du président Jovenel Moïse.

Celui-ci estime que son mandat prendra fin le 7 février 2022, alors que, pour l'opposition, il aurait dû quitter le pouvoir le 7 février dernier. Il avait été élu à l'issue d'un scrutin annulé pour fraudes, puis réélu un an plus tard.

Le président gouverne par décrets dans un pays privé de Parlement, exacerbant la colère dans la rue.

M. Moïse entend organiser en juin un référendum constitutionnel, mais l’opposition ne l’entend pas de cette oreille.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a réclamé à Haïti des préparatifs pour une élection présidentielle libre, équitable, transparente et crédible en 2021.

En février, les autorités faisaient état d’un projet de coup d’État contre le président contesté Jovenel Moïse. Ce dernier a carrément parlé d’une tentative d’assassinat contre sa personne.

La prétendue tentative de putsch déjouée impliquait un juge de la Cour de cassation et une inspectrice générale de la police nationale haïtienne, selon le ministère de la Justice.

Ce sont 23 personnes qui ont été arrêtées au total, avait précisé le premier ministre démissionnaire Joseph Jouthe.

Insécurité

Cette démission est annoncée alors que ce pays des Caraïbes est aux prises avec un phénomène d’insécurité. Lundi, sept religieux catholiques ont été enlevés près de la capitale Port-au-Prince.

Les gangs armés sont montrés du doigt. Les enlèvements contre rançon ont connu une recrudescence ces derniers mois à Port-au-Prince comme en province.

Avec les informations de Agence France-Presse

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !