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Les jeunes péquistes veulent imposer la loi 101 aux cégeps

En 2020, 46,1 % des étudiants fréquentaient un établissement anglophone et 53,9 % un établissement francophone sur l’île de Montréal.

Le logo du Parti québécois avec, en arrière-plan, l'Assemblée nationale et la fleur de lys.

Chez les jeunes, l'idée fait déjà consensus.

Photo : Radio-Canada

La loi 101 risque de provoquer un nouveau débat au sein du Parti québécois lorsque les militants seront réunis en fin de semaine en conseil national.

La nouvelle présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), Marie Laurence Desgagné, déposera une proposition pour que le parti s'engage à inclure dans son projet national l'application de la loi 101 aux cégeps. Une telle mesure empêcherait un étudiant francophone ou allophone d'étudier en anglais au niveau collégial.

Le comité des jeunes espère rallier les militants qui se rassemblent virtuellement pour tracer l'ébauche du programme électoral qui sera adopté au congrès du parti à l'automne.

J'ai l'impression que des membres qui étaient très défavorables dans le passé ont vraiment évolué sur la question. Ils se disent que le bilinguisme individuel est important et qu'on veut que nos jeunes apprennent l'anglais, tout en se demandant si fréquenter des institutions anglophones c'est le meilleur moyen de le faire, affirme Marie-Laurence Desgagné.

Chez les jeunes, l'idée fait déjà consensus. Au cours des deux derniers congrès du CNJPQ, les membres se sont prononcés à l'unanimité en faveur de l'application de la loi 101 au niveau collégial.

Ils se disent aux premières loges pour constater l'impact d'un parcours dans un cégep anglophone dans la vie d'un Québécois francophone. Il y a de jeunes militants qui sortent tout juste de leur cégep en anglais et qui réalisent l'influence que tous ces choix individuels ont sur la société québécoise, explique la jeune femme de 21 ans.

Originaire de la Rive-Sud de Montréal, Marie-Laurence Desgagné a pour sa part fait ses études collégiales dans un cégep francophone de la métropole, mais elle affirme avoir ressenti de la pression pour étudier en anglais.

À l'image de bien des Québécois autour de moi, j'avais beaucoup de gens qui privilégiaient un parcours en anglais. D'ailleurs, la moitié de ma cohorte au secondaire a fait un parcours anglophone au cégep, raconte-t-elle.

Je ressens une urgence qui va au-delà des jeunes du Parti québécois.

Une citation de :Marie-Laurence Desgagné, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

À l'automne 2020, 87 560 étudiants étaient inscrits dans un établissement collégial sur l’île de Montréal. Au programme préuniversitaire, 46,1 % d’entre eux fréquentaient un établissement anglophone et 53,9 % un établissement francophone.

Laurence Desgagné, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

Laurence Desgagné, présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois

Photo : Radio-Canada

À l'encontre de la position du nouveau chef

Ce n'est pas la première fois que le débat est lancé au Parti québécois. En 2017, l'ex-chef Jean-François Lisée avait tranché en rejetant l'idée.

Le nouveau leader Paul St-Pierre-Plamondon abonde dans le même sens. Lors de la course à la chefferie, il s'est prononcé contre l'application de la loi 101 aux cégeps. Mais le leader péquiste ne peut pas ignorer que les jeunes ont contribué à sa victoire et ils comptent le lui rappeler.

Marie-Laurence Desgagné prévient qu'elle ne lâchera pas le morceau. La jeune étudiante en droit à l'Université McGill vient tout juste d'être élue à la tête du CNJPQ le 27 mars dernier et veut faire de la langue française son cheval de bataille.

Les jeunes m'ont donné le mandat de défendre la loi 101, alors je suis persuadée que ça va définir ma présidence et pour le mieux, conclut-elle.

Une réforme qui se fait attendre

Les jeunes péquistes croient plus que jamais à l'importance de prendre une position ferme au sujet des cégeps, puisque la Coalition avenir Québec (CAQ) est sur le point de revoir la Charte de la langue française.

Le ministre responsable du dossier, Simon Jolin-Barrette, a répété au Salon bleu mardi que sa réforme attendue depuis 18 mois maintenant sera déposée dans « quelques semaines ».

Selon des informations obtenues par Radio-Canada en février dernier, sur la question des cégeps, la CAQ privilégierait la voie du contingentement pour limiter le nombre de places disponibles dans les établissements anglophones sans imposer la loi 101.

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