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Les Autochtones auront-ils une place dans la future unité d’enquête sur la police?

Une sculpture représentant une personne autochtone devant la station de police de Saskatoon.

Le ministère de la Justice a indiqué lundi que la nouvelle unité d'enquête sur la police sera dirigée par un civil. (archives)

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

L’annonce de la création à l’automne prochain d’une unité d’intervention spéciale en Saskatchewan pour enquêter sur les incidents graves impliquant la police n’a pas suffi à rassurer divers groupes de la société. Certains craignent toujours qu’il n’y ait pas assez de personnes autochtones impliquées dans la nouvelle unité.

C’est notamment le cas du chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN), Bobby Cameron.

M. Cameron considère cette nouvelle unité comme un bon début, mais se désole que la FSIN n’ait pas été consultée par le gouvernement provincial.

Le ministre de la Justice, Gordon Wyant, a mon numéro, mais il ne m’a jamais téléphoné , déplore Bobby Cameron.

Nous avons besoin de plus d’inclusions et d’une meilleure communication entre le gouvernement et nous.

Une citation de :Bobby Cameron, chef de la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan

Il espère maintenant que la nouvelle unité d’intervention ne rassemblera pas uniquement d’anciens policiers et qu’elle inclura des membres des Premières Nations.

Une position partagée par l'avocate crie, Stephanie Lavallee. Or, elle reconnaît également que la nécessité d’avoir des enquêteurs expérimentés pour travailler sur les incidents graves impliquant la police pourrait compliquer les choses puisque ce profil professionnel est plus rare dans la communauté autochtone.

Malgré tout, l'avocate souhaite que tout incident entre les forces policières et une personne d’origine autochtone soit pris en charge par au moins un enquêteur provenant des Premières Nations.

Un avis que partage également le ministre de la Justice de la Saskatchewan, Gordon Wyant.

Évidemment que nous voulons que la communauté autochtone participe à cette initiative, affirme Gordon Wyant, ajoutant qu’un tel engagement des Premières Nations faciliterait le travail des enquêteurs en ce qui a trait aux sensibilités culturelles.

Le ministre de la Justice souligne toutefois qu’il laissera le directeur général de l’unité d’intervention embaucher ses propres enquêteurs et qu’il ne souhaite pas se mêler de l’affectation des futures enquêtes.

Une condition trop difficile à respecter?

Pour sa part, l’ancien président de la Commission saskatchewanaise des plaintes du public, Brent Cotter, croit que de demander un quota d'enquêteurs autochtones serait une condition trop difficile à respecter.

Brent Cotter ajoute qu’on ne peut pas éviter d’embaucher des policiers dans l’unité d’intervention puisque cette dernière a besoin d’avoir du personnel expérimenté en matière d’enquête.

En même temps, pour bâtir un lien de confiance avec la communauté, vous devez embaucher des personnes de divers horizons et pas uniquement des policiers à la retraite, ajoute-t-il.

Vous devez avoir une diversité d’expériences professionnelles et de points de vue.

Une citation de :Brent Cotter, ancien président de la Commission saskatchewanaise des plaintes du public

La semaine dernière, le gouvernement de la Saskatchewan a annoncé investir 287 000 $ pour la mise en place de la nouvelle unité d’intervention.

Le ministère de la Justice a également confirmé ce lundi que cette dernière serait dirigée par un civil plutôt que par un membre ou un ancien membre des forces de l’ordre.

Jusqu’à présent, la province devait se tourner vers un autre Service de police lorsqu’il devait y avoir une enquête sur un incident impliquant un ou des policiers.

De plus en plus de groupes autochtones critiquaient cette pratique pour manque d’impartialité.

Avec les informations de Karolina Rozwadowski et de Guy Quenneville

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