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Envoyé spécial

Bangalore, la Silicon Valley indienne

Une série de vélos stationnés.

Des vélos de l'entreprise Yulu à Bangalore

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

BANGALORE, Inde - On surnomme Bangalore, ville du sud de l'Inde, la « Silicon Valley indienne ». Les centres d'innovation y côtoient les entreprises émergentes. C’est un environnement de haute technologie dopé par la pandémie, qui a entraîné une demande sans précédent en matière de services en ligne et sans contact de toutes sortes.

Un peu partout dans cette ville de 12 millions d'habitants, les bouchons de circulation sont infernaux. La congestion routière fait partie de la réputation de Bangalore.

Mais une solution locale à la pollution et à la congestion vient de voir le jour. Au milieu des voitures et rickshaws se faufilent désormais des vélos électriques bleu poudre, fabriqués en Inde et offerts en libre-service.

C'est facile à utiliser, dit un nouvel usager qui vérifie sur l'application mobile le nombre de kilomètres restants avant la recharge. Ce n’est pas cher et ça aide l'environnement.

La jeune entreprise Yulu est arrivée sur le marché il y a trois ans en adaptant pour le marché indien la technologie des trottinettes électriques mal ajustées aux conditions routières locales.

Lorsqu'ils ont fondé l'entreprise émergente, les dirigeants de Yulu tenaient à éviter le piège courant du secteur technologique des années 90 en Inde, c'est-à-dire de travailler pour une compagnie étrangère qui offre un service ou même une technologie développée ailleurs.

Les gens d'ici aiment essayer de nouveaux produits, soutient le cofondateur de Yulu, Amit Gupta. C'est un énorme avantage pour les entreprises de Bangalore qui sentent qu'elles peuvent oser.

Cesser de travailler pour les entreprises étrangères

Un homme debout dans un espace à bureaux.

Amit Gupta dans les locaux de son entreprise

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

Amit Gupta œuvre dans les hautes technologies depuis 20 ans. Il a vu la transformation du secteur. Une génération d'informaticiens indiens lancent maintenant leurs propres sociétés après avoir fait leurs classes dans les bureaux locaux d'entreprises américaines comme Google et Microsoft.

La taille du marché indien est un immense avantage pour la réussite des entrepreneurs d'ici, avance Amit Gupta. Dès le lancement, il faut penser à servir des centaines de millions d'usagers. Avant même de se tourner vers l'étranger, nos possibilités de croissance sont phénoménales.

Avec son énorme bassin de talents locaux bon marché et sa capacité d’attraction d’entreprises et de capitaux étrangers, Bangalore est l’écosystème technologique qui a connu la croissance la plus rapide depuis 2016, devant des villes comme Paris, Londres et Munich.

Dans les quatre premiers mois de l’année, huit compagnies indiennes sont devenues des licornes, de jeunes entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars. La majorité de ces entreprises sont basées à Bangalore.

Philippe Leblanc en Inde

Pendant six semaines, notre nouveau correspondant en Asie sillonne l'Inde pour nous raconter le deuxième pays le plus peuplé de la planète. Retrouvez tous ses reportages dans notre dossier spécial. Suivez-le aussi sur Facebook (Nouvelle fenêtre), Twitter (Nouvelle fenêtre) et Instagram (Nouvelle fenêtre) pour voir les coulisses de ses tournages.

Fonder sa propre entreprise

De Bangalore, une femme enseigne le théâtre en ligne à des enfants du Canada, du Japon et de l'Inde. C'est une autre histoire de réussite récente du secteur technologique local. La jeune entreprise Bambinos est une plateforme web d'activités parascolaires. Elle a été lancée en pleine pandémie.

Un homme portant des lunettes assis dans un bureau avec un ordinateur allumé.

Ashish Gupta dans ses bureaux à Bangalore

Photo : Radio-Canada / Maxime Beauchemin

Ça aurait pu prendre des années aux parents à accepter une telle nouveauté, croit Ashish Gupta, le fondateur de Bambinos. Mais avec la pandémie, l'éducation en ligne est devenue la norme.

Après avoir travaillé pour Amazon en Inde, Ashish Gupta a décidé d'utiliser le savoir-faire qu'il a acquis pour fonder son entreprise.

Il considère les nombreux centres de recherche, accélérateurs d'entreprises émergentes et espaces de travail communs de Bangalore comme des facteurs importants de réussite.

Ça nous permet de contrôler nos coûts et d'ajouter de l'espace de bureau au besoin, affirme Ashish Gupta. Les fondations du secteur technologique sont durables et solides ici.

La pandémie n'a pas influé sur les perspectives de croissance à Bangalore. Les grues et chantiers de construction font toujours partie du paysage.

Des investissements québécois

La Caisse de dépôt et placement du Québec investit un demi-milliard de dollars dans la construction d'immeubles commerciaux dans le sud de l'Inde. L'un des premiers projets est la construction d'une tour de bureaux à Bangalore.

C'est normal d'attirer autant d'investissements, affirme Amit Gupta, le fondateur de Yulu. L'Inde a pris le virage du paiement mobile depuis trois ans et ça représente des centaines de millions de consommateurs potentiels de plus partout en Inde. Les étrangers ne peuvent pas dire non à de telles occasions.

La jeune entreprise Yulu a vu la clientèle de ses vélos électriques offerts en libre-service augmenter de 30 % depuis un an, ce qui laisse miroiter des dividendes importants pour les investisseurs.

Des firmes étrangères d’investissement comme l’américaine Rocketship ont participé au fonds d’action l’an passé.

Plus que jamais, la promesse de l'eldorado indien semble réelle.

Bangalore, la Silicon Valley indienne

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