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Une possible « hausse exponentielle » des droits de scolarité à l’U. de Alberta dénoncée

Pancarte d'identification devant un bâtiment.

Le Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta à Edmonton.

Photo : Radio-Canada / Emilio Avalos

Le syndicat des étudiants de l'Université de l'Alberta et l’opposition officielle en Alberta dénoncent une possible augmentation de 17 à 104 % des droits de scolarité pour des milliers de nouveaux étudiants canadiens de l'Université de l'Alberta dès septembre 2022.

La hausse proposée touche plusieurs programmes de premier et de deuxième cycle tels que les baccalauréats en droit, en pharmacie, de dentisterie, en ingénierie, en gestion des affaires et en radiothérapie ainsi que les programmes de maîtrise en psychologie, en gestion des affaires et en ingénierie.

Selon le syndicat des étudiants de l'Université de l'Alberta, si la hausse est acceptée par le gouvernement albertain, les nouveaux étudiants au baccalauréat en droit de l’université devront payer 5265 $ de plus par année pour leurs droits de scolarité.

Cette augmentation porterait le montant total de leurs droits de scolarité annuels à 16 967 $, soit une hausse de 45 %.

Les droits de scolarité annuels pour la maîtrise en psychologie du counselling avec mémoire eux, passeraient de 4381 $ à 8574 $, soit une hausse de 104 %.

Selon le chef du service de communication du Campus Saint-Jean de l'Université de l'Alberta, Philip Worré, les programmes du Campus Saint-Jean ne sont pas affectés par ces possibles hausses pour le moment.

Améliorer la qualité des programmes

Lors d’un point de presse virtuel organisé mercredi, l’Université de l’Alberta a expliqué que la hausse des droits de scolarité proposée a pour objectif d’améliorer la qualité des programmes visés et de permettre à l’université de rester compétitive face aux autres institutions canadiennes qui offrent des programmes similaires.

La raison pour laquelle nous considérons augmenter les droits de scolarité est que nous voulons pouvoir investir davantage dans la qualité des programmes et l’expérience d’apprentissage. Nous voulons aussi pouvoir fournir davantage d’aide financière aux étudiants qui autrement, n’auraient pas les moyens de payer pour ces études, explique le doyen de l’Université et vice-président aux affaires scolaires, Steven Dew.

Il ajoute que la hausse ne concerne que 12 programmes d’études et que l’argent recueilli sera réinvesti directement dans ces programmes.

Ils [les programmes visés] sont tous des programmes de type professionnel, dont les droits de scolarité sont beaucoup moins élevés que dans les autres universités à travers le pays, soutient Steven Dew.

Piger dans les poches des étudiants

En conférence de presse mardi, le porte-parole de l’opposition officielle en matière d'enseignement supérieur, David Eggen, a dénoncé les coupes budgétaires des deux dernières années faites par le gouvernement de Jason Kenney dans l’enseignement supérieur.

Ces coupes budgétaires ont forcé les universités albertaines, collèges et écoles polytechniques à réduire leur personnel, augmenter le nombre d’étudiants dans les cours et à se débrouiller eux-mêmes, dit-il.

Selon lui, ces coupes sont responsables de l’augmentation des droits de scolarité proposée par l’Université de l’Alberta.

« Ces coupes budgétaires pigent directement dans les poches des étudiants. »

— Une citation de  David Eggen, porte-parole de l’opposition officielle en matière d'enseignement supérieur

[Les recommandations du] rapport MacKinnon et les politiques du Parti conservateur uni sont de transférer le fardeau du financement de l’éducation postsecondaire des contribuables vers les étudiants. Cela fait en sorte que nous devons examiner chaque programme pour nous assurer que les droits de scolarité demandés pour s’y inscrire reflètent le coût d’offrir le programme en question. Dans ce cas-ci par contre, notre objectif est vraiment d’améliorer la qualité de l’expérience des étudiants, précise Steven Dew.

Dans un communiqué de presse, le syndicat des étudiants de l'Université de l'Alberta affirme que cette dernière prévoit présenter son projet pour approbation au ministère de l’Enseignement supérieur au cours des prochaines semaines.

Selon l’organisme, ces hausses de droits de scolarité toucheraient au moins 6000 étudiants au baccalauréat.

Cette tendance d’augmentation exponentielle des droits de scolarité n’est pas durable et j’ai peur qu’elle deviennent une pratique courante qui touchera éventuellement tous nos programmes, déplore quant à lui le président de l’association des étudiants des 2e et 3e cycles de l’Université de l’Alberta, Marc Waddingham.

Accès plus difficile

Andrew Batycki, un étudiant de troisième année en ingénierie à l’Université de l’Alberta, croit que la hausse des droits de scolarité rendra l’accès à son programme plus difficile pour les nouveaux étudiants.

Si les droits de scolarité avaient été aussi élevés quand j’ai commencé mes études, je n’aurais pas pu fréquenter l’Université de l’Alberta, a-t-il déclaré dans le communiqué de presse du Nouveau Parti démocratique albertain.

La présidente de l’association nationale des étudiants autochtones en droit (National Indigenous Law Students’ Association), Anita Cardinal-Stewart, craint pour sa part que les étudiants autochtones aient davantage de difficulté à accéder aux études supérieures.

Certains peinent déjà à se payer des études de droit et tout le monde n’a pas la chance de magasiner [une université] et d’étudier à l’extérieur de la province ou même de la ville, déplore l’étudiante en deuxième année de droit à l’Université de l’Alberta.

En mars, le conseil des gouverneurs de l’Université de l’Alberta avait déjà entériné une augmentation de 7 % des droits de scolarité pour les étudiants canadiens dès la rentrée 2021.

Ces droits ont été augmentés de 7 % l'automne précédent et pourraient encore l'être à l’automne 2022.

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