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Université Laurentienne : les employés et professeurs font les frais de la restructuration

Un bâtiment de l'Université Laurentienne

Lundi, l’Université Laurentienne annonçait la coupe de 69 programmes, dont 28 en français.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Indemnités de départ compromises, conventions collectives négociées confidentiellement et sous pression financière : les employés et professeurs de l’Université Laurentienne subissent les contrecoups de la restructuration.

Les professeurs et employés, ainsi que la centaine d’entre eux qui ont appris leur licenciement la veille, votent mardi leur nouvelle convention collective.

Des votes qui se déroulent sous la contrainte, affirme une conseillère du Syndicat des employés de l'Université Laurentienne (SEUL), Gisèle Pageau.

On s’est fait dire par le juge, les médiateurs et l’Université que si l’entente n’est pas ratifiée aujourd’hui, l’Université va fermer le 30 avril, soutient la responsable syndicale.

Les membres des syndicats votent avec un fusil sur la tête parce que y’a pas personne qui veut fermer l’Université.

Une citation de :Gisèle Pageau, conseillère du Syndicat des employés de l'Université Laurentienne

Dans des documents déposés à la cour au début du processus de restructuration, l’Université Laurentienne indique revoir les conventions collectives afin de veiller à ce [qu’elles] facilitent la viabilité future de l’établissement postsecondaire.

Les conventions collectives ont été revues à la baisse, selon les syndicats.

C’est une situation difficile pour les personnes déjà licenciées. On a envie de protester, mais l’éventualité d’un vote négatif mettrait, à ce que l’on nous dit, en péril l’institution. Alors ça simplifie le choix, témoigne Thierry Bissonnette, professeur au département d’Études françaises qui a appris son licenciement lundi.

La convention collective de l’Association des professeures et professeurs de l'Université Laurentienne (APPUL) est expirée depuis le 30 juin 2020.

Les négociations entre l’université et le syndicat se sont poursuivies, sans succès, jusqu’au début du processus de restructuration.

Les votes liés aux nouvelles conventions collectives de l’APPUL et du SEUL se termineront mardi soir.

Indemnités incertaines

Lundi, l’Université Laurentienne annonçait la coupe de 69 programmes, dont 28 en français.

Ces coupes ont entraîné le licenciement d’une centaine de professeurs et d’employés. Ces compressions touchent également des étudiants ainsi que des chargés de cours.

Les employés et professeurs ne recevront pas d’indemnités immédiates de départ, normalement attendues lors d’un licenciement.

Ce sont des personnes qui ont donné des 20, 30, 40 années de services à l’Université et puis se faire dire “merci puis bye bye”, c’est déplorable, dénonce la responsable syndicale Gisèle Pageau.

Si les employés licenciés souhaitent recevoir des compensations, ils devront s'inscrire à la liste des centaines de créanciers qui demandent de l'argent à l'Université.

Si un jour l’Université a de l’argent, elle pourrait être tenue de rembourser la créance des professeurs, car ils ont accepté de baisser leurs bénéfices et leurs droits, explique Gilles LeVasseur, professeur de droit et de gestion de l’Université d’Ottawa.

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Gilles LeVasseur est professeur de droit et de gestion de l’Université d’Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

La perte, elle est subie par les professeurs.

Une citation de :Gilles LeVasseur, professeur de droit et de gestion de l’Université d’Ottawa

Ces indemnités peuvent se chiffrer entre plusieurs dizaines et centaines de milliers de dollars selon les conventions collectives et l’ancienneté de l’employé.

Mes conditions de départ sont, disons, un peu plus ambiguës que prévu, regrette le professeur Thierry Bissonnette.

Avec les informations de Zacharie Routhier

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