•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vaccination : pourquoi la Saskatchewan est-elle en avance sur le Manitoba?

Dans la course à la vaccination, la Saskatchewan est bien partie pour l'emporter sur sa voisine.

Scott Moe, devant un micro, près d'une pancarte «Get Vaccinated».

Le premier ministre Scott Moe encourage les Saskatchewanais à se faire vacciner. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Michael Bell

La Saskatchewan a vacciné plus de monde que le Manitoba depuis le début de la campagne de vaccination, alors même que le Manitoba a reçu plus de doses de vaccins.

Les deux provinces des Prairies sont pourtant comparables sur le plan démographique. En 2016, le Manitoba comptait 1 278 000 habitants et la Saskatchewan en dénombrait 1 098 000, selon Statistique Canada.

Compte tenu de sa plus grande population, le Manitoba a logiquement reçu un plus grand nombre de doses de vaccin (409 470) que la Saskatchewan (331 985).

Pourtant, selon des données en date de mardi, environ 11 % de la population, ou 20 % des 18 ans et plus, avaient reçu une dose de vaccin contre la COVID-19 au Manitoba, quand la Saskatchewan a déjà administré une dose à plus de 17 % de ses habitants.

En termes de nombre de doses, c'est très semblable, mais en termes de pourcentage de la population, c'est là qu'on voit la différence entre les deux provinces, souligne Julie Lajoie, docteure en virologie et immunologie à l'Université du Manitoba.

Quand on regarde les doses gardées dans les congélateurs, c’est là qu’on voit la plus grosse différence, ajoute-t-elle.

Sherry Plett porte un masque et fait le signe de la paix avec ses doigts.

Le 16 décembre dernier, la travailleuse de la santé Sherry Plett manifestait sa joie après avoit été l'une des premières personnes vaccinée au Manitoba.

Photo : La Presse canadienne / John Woods

En effet, selon un décompte de CBC/Radio-Canada, le Manitoba a administré 284 643 de ses 409 470 doses. La Saskatchewan, elle, a distribué 290 921 de ses 331 985 doses.

Le Manitoba a distribué environ 70 % des doses reçues et la Saskatchewan environ 88 %, calcule Cynthia Carr, épidémiologiste et fondatrice de EPI Research à Winnipeg.

Des approches différentes

Cette différence dans la distribution s’explique par le fait que la Saskatchewan a, dès le départ, choisi une stratégie plus large et plus agressive que le Manitoba.

Lors de la première phase, les populations ciblées par la Saskatchewan n’étaient pas les mêmes, fait remarquer Julie Lajoie. Par exemple, parmi les personnels de la santé, seuls ceux qui étaient vraiment affectés par la COVID-19 étaient concernés.

Le médecin Jeffrey Betcher reçoit le vaccin contre la COVID-19.

Le médecin Jeffrey Betcher a été la première personne à recevoir le vaccin contre la COVID-19 en Saskatchewan, le 15 décembre dernier.

Photo : CBC

Toujours dans la première phase, la population générale de 70 ans et plus et les personnes âgées de 50 ans et plus et vivant dans des zones reculées ont été tout de suite intégrées dans le plan de vaccination.

Au Manitoba, pour la phase 1, c'était surtout les personnels de la santé, souligne Julie Lajoie.

Plan de vaccination de la Saskatchewan

Groupe 1 (décembre 2020 à mars 2021)

  • les résidents et le personnel des lieux d’habitation collective pour aînés
  • les travailleurs de la santé exposés à la COVID-19
  • les aînés de 70 ans et plus, des plus âgés aux plus jeunes
  • les adultes de 50 ans et plus des communautés éloignées ou isolées
  • les autres travailleurs de la santé

Groupe 2 (avril à septembre 2021)

  • les résidents et le personnel des autres lieux d’habitation collective (refuges, prisons, etc.)
  • les adultes atteints d’une maladie chronique ou à la santé fragile
  • le reste de la population adulte, des plus âgés aux plus jeunes

Plan de vaccination du Manitoba

Groupe 1

  • les travailleurs de la santé exposés à la COVID-19
  • les résidents des lieux d’habitation collective pour aînés

Groupe 2

  • les résidents et le personnel des autres lieux d’habitation collective (refuges, prisons, etc.)
  • les aînés de 80 ans et plus
  • les autres travailleurs de la santé âgés de 60 ans et plus
  • les adultes atteints d’une maladie chronique ou à la santé fragile des communautés éloignées ou autochtones

Groupe 3

  • les aînés de 60 ans et plus
  • les autres travailleurs de la santé

Groupe 4

  • le reste de la population adulte, des plus âgés aux plus jeunes

À l'heure actuelle, dans la population générale, les personnes de 52 ans et plus peuvent être vaccinées en Saskatchewan, quand il faut avoir 60 ans et plus au Manitoba pour obtenir le vaccin.

Une approche plus proactive en Saskatchewan?

Il y a une multitude de facteurs qui expliquent cette différence, nuance cependant Cynthia Carr, épidémiologiste et fondatrice de EPI Research. Ça nous amène à nous interroger sur les défis à surmonter pour augmenter le taux de vaccination au Manitoba, développe la Winnipégoise.

Cynthia Carr est derrière un fond coloré. Elle a les cheveux courts blonds.

Cynthia Carr, épidémiologiste et fondatrice de EPI Research.

Photo : Charlotte Falck

La Saskatchewan a, semble-t-il, adopté une approche plus proactive pour permettre l’accès aux vaccins. Plus tôt cette semaine, un centre de vaccination au volant a même commencé à accepter des clients âgés de 52 ans à Regina. Depuis, l’âge a été abaissé à plusieurs reprises.

Des voitures sont en file en attente de pouvoir entrer dans la clinique au volant à Regina pour que les occupants puissent se faire vacciner.

La clinique de vaccination au volant à Regina.

Photo : Radio-Canada / Kirk Fraser

En Saskatchewan, on appelle aussi les gens pour leur dire à quel moment ils pouvent se faire vacciner, ajoute Julie Lajoie.

Par ailleurs, la Saskatchewan ne s’est pas concentrée sur les grands centres urbains, comme l’a fait le Manitoba.

La Saskatchewan ne s'est pas limitée seulement aux deux grands ensembles de Saskatoon et Regina pour avoir des supercentres de vaccination. Ils ont créé des petites salles dans plusieurs communautés, qui font qu’ils rejoignent plus de population, développe-t-elle.

Les autorités sanitaires du Manitoba ont toujours dit qu’elles mettaient aussi des doses de vaccin de côté afin d’honorer les rendez-vous pris parce que l’approvisionnement est incertain. Les méthodes de distribution des vaccins sont différentes, reprend Julie Lajoie.

Ces différences font qu’au rythme actuel, la Saskatchewan pourrait atteindre l’immunité collective dès le mois d’août. Le Manitoba, lui, ne l’atteindrait pas avant septembre.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.