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Subvention de 13 millions $ de Québec pour la filière des camions électriques

Ce berceau de Dana TM4 est un regroupement de sous-composants électriques qui remplacent le moteur comme fonction interne du véhicule électrique.

Ce berceau de Dana TM4 est un regroupement de sous-composants électriques qui remplacent le moteur comme fonction interne du véhicule électrique.

Photo : Radio-Canada

Le gouvernement Legault injecte 13 millions de dollars pour soutenir un projet de développement dans la filière électrique. La subvention permettra aux fabricants Spectra Premium, Dana TM4 et le Centre technologique de Dana Laval d'industrialiser et de commercialiser un système au cœur du fonctionnement des camions de transport électriques.

À l’usine de Spectra Premium à Boucherville, les immenses machines rappellent le caractère traditionnel de ses activités, soit de fabriquer des réservoirs d'essence pour voitures notamment, un produit appelé à disparaître.

Au fil des années, l’usine va se convertir beaucoup plus au niveau de l'électrification, souligne le président et chef de la direction Denis Chabot.

L'entreprise de 1300 employés, dont plus de la moitié travaille au Québec, a connu son lot de difficultés financières récemment et se trouve sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies depuis mars 2020. Son repositionnement passera en partie par une alliance avec Dana, qui développe des moteurs électriques.

Un projet de 26 millions de dollars visera à regrouper les systèmes électriques, qui font le pont entre les batteries et le moteur de camions de transport électriques, dans un même bloc à être installé sous le capot.

L’investissement permettra de bâtir une chaîne de production robotisée grâce à laquelle Dana mettra son projet en place. Son chef de la stratégie véhicules électriques, Sylvain Castonguay, explique que ce bloc – aussi appelé berceau – vient remplacer l'espace qui est libéré par le moteur lorsqu’un camion conventionnel est converti en électrique.

C'est d'aider, dit-il, les fabricants à avoir un produit sur lequel ils peuvent compter et grâce auquel ils peuvent vendre à un prix qui permettra d’encourager le virage de leurs propres clients. [...] On a un des systèmes les plus compacts et mieux intégrés.

Une subvention et non un prêt

Pour ce faire, Québec va financer la moitié de l'investissement sur trois ans sous la forme d’une subvention – et non d’un prêt-subvention, parfois nommé prêt pardonnable, un type d’aide financière auquel a souvent eu recours le gouvernement dans les derniers mois.

En entrevue, le ministre de l’Économie et l’Innovation, Pierre Fitzgibbon, indique qu’il s’agit d’un projet en amont pour justifier ce financement : Il faut comprendre que c’est une technologie qui a été réfléchie, et là, on met des intervenants industriels ensemble qui vont concevoir le produit. C’est le rôle du gouvernement de stimuler l’innovation.

Spectra Premium mentionne que cette contribution était nécessaire pour compenser le risque associé à la mise sur pied du projet et pour offrir un bon prix pour le marché.

Un marché à définir

Le potentiel de pénétrer le marché des véhicules commerciaux avec succès reste encore à définir. Par exemple, le constructeur de camions électriques Lion de Saint-Jérôme, qui a récemment bénéficié d’un soutien de Québec et d’Ottawa de près de 100 millions de dollars, pourrait s'approvisionner chez Spectra Premium pour installer un tel berceau dans ses véhicules.

On travaille vraiment à ce que le Québec devienne un joueur important dans l'écosystème des transports électriques, insiste le ministre Fitzgibbon. Dans la filière du véhicule électrique, son ministère a débloqué une aide totalisant 118 millions de dollars depuis son arrivée en poste.

Mais la concurrence mondiale est forte.

La présidente et directrice générale de Propulsion Québec, Sarah Houde, reconnaît que la province fait face à de nombreux obstacles, malgré sa longue expérience en électrification et en transport. Le manque de main-d'œuvre et l’accès au financement privé en font partie.

L’industrialisation représentera une barrière de plus à surmonter. L’atteinte d’une échelle de productivité suffisante pour répondre au tsunami de demandes qui nous attend, soutient-elle, c’est notre défi.

Un autre défi sera certainement celui de consolider la chaîne de valeur, en commençant par l'extraction des minéraux stratégiques jusqu'aux batteries, et d'élargir les possibilités aux voitures électriques, en plus des camions.

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