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Des familles rassurées, mais à bout de souffle dans la région d'Edmundston

Un arc-en-ciel dessiné avec des crayons sur l'asphalte.

Un arc-en-ciel pour remonter le moral des passants à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada / Jessica Savoie

« Quand il y a quelque chose qu’on ne comprend pas, qui nous fâche ou nous dérange, c’est la nature humaine de vouloir mettre le blâme quelque part et c’est facile de pointer du doigt », croit Tammy Golla. « Mais en fin de compte, la pandémie, ce n’est pas la faute de personne et ça, il faut qu’on s’en rappelle. »

Tammy Golla est résidente d’Edmundston, maman et instructrice de danse. Comme bien d’autres parents, elle se sent à bout de souffle ces dernières semaines, voire ces derniers mois.

La COVID-19 commence à être lourde à porter sur les épaules des résidents de la zone 4, qui vivent leur troisième confinement total en un an.

Le fait qu’on est la seule région touchée en ce moment, ça rend peut-être la situation un peu plus difficile pour nous, parce qu’on voit les autres et on se dit qu’on pourrait être là nous aussi, qu’ils sont donc bien chanceux, dit-elle en riant.

Une femme avec de longs cheveux bruns prend un égoportrait. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Tammy Golla croit que les gens doivent faire preuve d'empathie les uns envers les autres.

Photo : Avec la gracieuseté de Tammy Golla

Même si elle réussit à garder le sourire, elle avoue que la tension est palpable dans la communauté. Sur les médias sociaux, des messages haineux circulent au sujet de certaines personnes qui auraient ou non contracté le virus, raconte-t-elle.

Des circonstances désolantes, selon la mère de famille d’Edmundston, qui souhaiterait plutôt voir sa communauté unie vers un but semblable.

Elle demande aux gens de faire preuve d’empathie les uns envers les autres.

On n’a jamais eu les outils pour gérer émotionnellement une pandémie, dit-elle. C’est difficile pour tout le monde et personne n’a demandé à ce que ça nous tombe dessus dans la zone 4.

Des commerces ont des dessins arcs-en-ciel dans leurs fenêtres  pour illustrer la pandémie.

La communauté d'Edmundston affiche ses couleurs arcs-en-ciel durant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Jessica Savoie

Fermeture des écoles : soulagement chez les parents

Francesca Roussel ressent aussi cette inquiétude grimpante chez les gens de la communauté. La jeune mère d'Edmundston trouve dommage que certains s’en prennent à d’autres et croit que tout le monde tente de traverser ces épreuves du mieux qu’il le peut.

Mme Roussel reconnaît que la fermeture des écoles par le ministère de l’Éducation a rassuré plusieurs parents, dont elle-même.

Puisque ses deux jeunes filles fréquentent l’école le Carrefour de la jeunesse, sa famille a dû s’isoler pour 14 jours lorsque des cas de la COVID-19 y ont été découverts il y a trois semaines.

Ils ont profité de ces deux semaines pour passer du temps dehors en famille.

Une femme en habit de neige se tient debout dans la forêt avec une montage en arrière-plan.

Francesca Roussel profite du confinement pour passer du temps dans la nature avec sa famille.

Photo : Avec la gracieuseté de / Francesca Roussel

On a terminé 14 jours de confinement alors qu’on n’avait pas du tout été en contact avec une personne atteinte de la COVID-19, explique la jeune maman. C’est certain que c’est une situation difficile pour tout le monde, surtout pour les enfants.

Mme Roussel explique que ses filles trouvent le confinement difficile, même si elles font preuve d’une grande résilience.

Pour leur anniversaire, c’était juste nous autres à la maison sans leurs amis alors c’est certain que ce n’est pas évident pour eux, ils trouvent le temps long et aimeraient voir leurs amis et leur famille, explique-t-elle.

Deux jeunes filles avec de grands sourires.

Les filles ont du célébrer leur anniversaire en confinement, mais elles gardent tout de même le sourire !

Photo : Avec la gracieuseté de Francesca Roussel.

C’est un effort que tout le monde doit faire. Quand tu vois des personnes en deuil, tu espères très fort que ça n’arrive pas à ta famille.

Une citation de :Francesca Roussel, résidente d'Edmundston

Penser aux jeunes

Tammy Golla, qui donne maintenant ses cours de danse en ligne, ajoute que la situation est particulièrement pénible pour les enfants et qu’il est important de prendre le temps de leur parler.

Elle ressent chez certains élèves l’accumulation de stress des derniers mois.

Je suis tellement contente de les voir toutes les semaines, dit-elle. J’essaie vraiment de rester positive là-dedans parce que c’est important, ça leur donne au moins une connexion.

J’avoue tout de même que c’est beaucoup plus difficile de ne pas avoir le contact humain, en personne. Ça nous manque tous.

Des jeunes danses avec des robes jaunes et des parapluies noirs lors d'un spectacle.

La troupe de danse Main Street Dancers d'Edmundston a bien hâte de pouvoir reprendre les compétitions provinciales.

Photo :  Capture d’écran / Facebook - Main Street Dancers

La saison des compétitions de danse se déroule en ce moment même, cette année sous forme virtuelle, explique Mme Golla.

Mais les danseurs de la zone 4 ne peuvent pas participer aux compétitions provinciales, puisqu’ils sont les seuls à se trouver en phase rouge.

Un arc-en-ciel Ça va bien aller sur un mur d'école.

Tammy Golla croit que les enfants font preuve d'une grande résilience durant ces moments difficiles.

Photo : Radio-Canada

C’est difficile de travailler avec les enfants lorsqu’on n’a pas de réponses à leur donner.

Une citation de :Tammy Golla, professeure de danse à Edmundston

On voit tous nos confrères et consœurs de danse qui se filment ensemble et qui font des vidéos… et nous on n’a seulement pu être en classe ensemble deux pleines semaines depuis novembre.

Tammy Golla indique que la troupe de danse organise un spectacle pour la fin de l’année scolaire, sans savoir s’il sera possible ou non de le tenir à ce moment. L’incertitude qui règne en ce moment laisse les jeunes perplexes, ajoute-t-elle.

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