•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

COVID-19 : la santé publique n’a aucune donnée sur la transmission à l’extérieur

À Nantes, en France, le 9 novembre 2020, un homme âgé est assis au milieu d'un parc sur une très petite chaise pliante, lisant un livre posé sur ses genoux.

Un homme dans un parc.

Photo : Reuters / Stephane Mahe

Jean-François Blanchet

Bien que le port du masque soit désormais obligatoire pour pratiquement toutes les activités extérieures, le risque de contracter la COVID-19 en plein air demeure difficile à évaluer puisque la santé publique n’a aucune donnée sur le sujet.

Nous avons posé la question à l’ensemble des directions régionales de santé publique du Québec dans les régions où plus de 5000 cas ont été rapportés depuis le début de la pandémie. Toutes les réponses vont dans le même sens. Ce n’est pas une donnée que nous avons, ce n’est pas recensé, ce n’est pas colligé sous cette forme, nos données ne nous permettent pas de connaître ce pourcentage, répondent les régions de Laval, de la Mauricie, du Nord-de-Montréal et de Lanaudière.

Le CIUSSS de la Capitale-Nationale laisse quant à lui entendre qu’il serait possible d’évaluer le pourcentage de cas générés par des rassemblements extérieurs, mais que cela impliquerait de relire l’ensemble des enquêtes afin de vérifier si une personne a effectivement participé à une activité extérieure avec son cas index.

L’Institut de la santé publique du Québec (INSPQ) note de son côté que peu d’études ont documenté la transmission du SRAS-CoV-2 dans l’environnement extérieur, que ce soit au Canada ou ailleurs. L’INSPQ souligne que le risque de transmission à l’extérieur est conditionné par des facteurs semblables que ce qui est observé à l’intérieur, soit la proximité entre les personnes et la durée des contacts.

Les gens sont assis sur le gazon ou jouent à des jeux de groupe.

Les parcs étaient bondés à Montréal dimanche et peu de personnes portaient le masque (archives).

Photo : Radio-Canada

Pourquoi le rendre obligatoire au Québec?

On n'a pas d'étude contrôlée. On n’a pas fait de tests à l'extérieur, admet d’emblée le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Par prudence et avec ce qu’il est possible de constater dans les nombreux rassemblements dans les parcs, la santé publique a néanmoins décidé de recommander le port du masque pour toutes les activités extérieures lorsque les gens ne sont pas de la même bulle familiale. Le caractère plus contagieux des variants de la COVID-19 est une des principales raisons pour expliquer cette décision.

Le Dr Horacio Arruda en conférence de presse.

Le Dr Horacio Arruda justifie la décision d'imposer le masque à l'extérieur.

Photo : Radio-Canada

C'est trop facile de se rapprocher. On n'a qu'à voir comment les gens se comportent dans la rue pour comprendre la raison pour laquelle on ajoute cet élément-là dans la perspective du variant.

Une citation de :Dr Horacio Arruda, directeur national de santé publique

Compte tenu de la très grande transmissibilité des variants, compte tenu du fait qu'à l'extérieur à moins de deux mètres, il y a quand même des particules, cette recommandation-là a été retenue par nos experts par consensus, ajoute le Dr Arruda.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux précise que la transmission extérieure est très difficile à évaluer. La porte-parole Noémie Vanheuverzwijn donne l'exemple d'une élève qui contracte la COVID-19 dans son milieu scolaire. La transmission a-t-elle eu lieu dans la salle de classe ou lors d'une récréation dans la cour d'école?

Je n’étais pas au courant

Dans les derniers jours, le premier ministre François Legault a été critiqué par les partis d’opposition pour avoir omis de parler du port du masque obligatoire à l’extérieur lors de son point de presse de jeudi dernier.

L’information a été véhiculée dans un communiqué, uniquement après la fin du point de presse, le premier ministre n’a donc pas été questionné sur le sujet non plus. Je n'étais pas au courant, a-t-il admis mardi.

Le gouvernement Legault a établi deux exceptions où le masque peut être laissé de côté. Il est possible de retirer son masque lorsque tous les membres du groupe sont assis et immobiles à plus de deux mètres les uns des autres, pour un pique-nique par exemple.

Le masque n’est pas obligatoire non plus pour les personnes qui sont uniquement accompagnées de membres de leur bulle familiale.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !