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Université Laurentienne : des appels à la province sans réponse jusqu’à maintenant

Deux hommes en complet bleu

Le ministre de la Formation et des Collèges et Universités, Ross Romano, et le premier ministre Doug Ford. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Frank Gunn

Les partis d'opposition à Queen's Park et les organismes de défense des droits des Franco-Ontariens, qui exigent un soutien du gouvernement Ford pour protéger les programmes et services en français à Sudbury et dans le Moyen-Nord de l’Ontario, attendent encore des réponses.

Depuis des semaines, le premier ministre Doug Ford et le ministre des Collèges et Universités, Ross Romano, évitent de répondre aux questions entourant la restructuration de la Laurentienne, sous prétexte que l'affaire est devant les tribunaux.

C'est la responsabilité du gouvernement provincial d'agir, a affirmé en point de presse la cheffe de l'opposition officielle, Andrea Horwath.

En leur absence aujourd'hui en Chambre, l'assistant parlementaire du ministre Romano, David Piccini, a répété le même argument lorsque questionné par le député de Sudbury, le néo-démocrate Jamie West.

Un des bâtiments du campus de l'Université Laurentienne.

Le 1er février, l'Université Laurentienne s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, une première au Canada pour un établissement postsecondaire de cette ampleur.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

M. Piccini affirme surveiller la situation de près et indique que le gouvernement continue d’augmenter le financement pour l’éducation postsecondaire en français, sans mentionner d'engagement clair envers le Moyen-Nord.

Dans une déclaration écrite, les ministères des Affaires francophones et des Collèges et Universités affirme que le gouvernement de l'Ontario a un engagement ferme envers l'éducation postsecondaire francophone.

C'est pourquoi nous étions fiers de collaborer avec le gouvernement fédéral pour signer une entente pluriannuelle historique visant à financer la première université francophone autonome de l'Ontario, l'Université de l'Ontario français

Une citation de :Déclaration du ministère des Affaires francophones et du ministère des Collèges et Universités de l'Ontario

MM. Ford et Romano n’ont pas non plus été rendus disponibles pour répondre aux questions des journalistes dans les couloirs de l’Assemblée législative.

Les compressions annoncées à l'Université Laurentienne toucheront fortement les francophones qui perdent en tout 28 programmes.

La députée néo-démocrate de Nickel Belt, France Gélinas, estime que le gouvernement doit soutenir l'établissement, dont plusieurs programmes sont assujettis à la Loi sur les services en français depuis 2014.

Est-ce que la communauté francophone devra amener le gouvernement en cour pour qu'il respecte ses propres lois?

Une citation de :France Gélinas, députée néo-démocrate de Nickel Belt

C'est une institution critique pour le Nord et c'est très inquiétant, affirme pour sa part le député libéral d'Ottawa-Sud, John Fraser. C'est une mauvaise situation pour la famille franco-ontarienne du Nord.

Un homme, cheveux gris, yeux clairs, répond aux questions des journalistes.

John Fraser, député du Parti libéral de l'Ontario

Photo : Radio-Canada

C'est nécessaire pour le gouvernement d'augmenter l'appui à l'Université pour assurer une [grande] sélection de cours pour les étudiants, dit-il.

La situation à l'Université Laurentienne a un air de déjà vu pour Amanda Simard, qui a été une figure importante du mouvement de la Résistance en 2018, après l'abolition du Commissariat aux services en français et de l'Université de l'Ontario français.

Je ne peux pas croire qu'après tout ce qu'on a vécu en 2018, après tout ce qui s'est passé, que le gouvernement agisse de la sorte. On aurait pensé qu'il aurait appris de ses leçons.

Une citation de :Amanda Simard, députée libérale

Le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, a aussi réagi mardi. Il dénonce l’inaction du gouvernement, qu’il juge irresponsable, car les progressistes-conservateurs ont permis que la situation à l’Université Laurentienne se rende si loin.

Le gouvernement doit agir et protéger les programmes et les emplois à l'Université Laurentienne.

Une citation de :Mike Schreiner, chef du Parti vert de l'Ontario

C'est un signal d'alarme. L'Ontario a le plus faible financement par habitant pour l'éducation postsecondaire de toutes les provinces du pays, rappelle le chef des verts. C'est un problème systémique majeur.

Demande d’un moratoire

L’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) du Grand Sudbury déplore la perte de programmes.

Nous sommes en deuil pour le corps professoral francophone, le personnel de gestion et administratif francophone et le corps étudiant francophone à tous les cycles.

Une citation de :L’Association canadienne-française de l’Ontario du grand Sudbury

Une université "bilingue" qui n’a pas de programme d’Études françaises, c’est difficile à concevoir, dit Lyse Lamothe, présidente du conseil d’administration de l’ACFO du Grand Sudbury.

L’organisation demande à la province de s’engager à doter le Moyen-Nord d’une université de langue française et de transférer les programmes francophones de l’Université Laurentienne à l’Université de Sudbury.

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) exige aussi un soutien des gouvernements provincial et fédéral à l'Université de Sudbury, qui veut devenir entièrement francophone.

À ce stade-ci, on a fait parvenir des lettres aux gouvernements provincial et fédéral, explique le président de l'AFO, Carol Jolin.

Carol Jolin dans un hall de l'Assemblée législative avec des colones en marbre.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin.

Photo : Radio-Canada

Ce qu’on demande, c’est un moratoire sur les cours en français pour un an pour pouvoir évaluer la situation.

Une citation de :Carol Jolin, président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario

M. Jolin demande aussi à s'asseoir avec le gouvernement, l'Université de Sudbury, la communauté franco-ontarienne, en vue d'assurer la pérennité de la programmation francophone dans le Moyen-Nord.

Le fédéral prêt à aider

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a affirmé être très préoccupé par la situation à l’Université Laurentienne.

Je peux vous assurer que la ministre Joly est en contact avec son homologue au sein du gouvernement de l’Ontario pour voir leur plan pour protéger cette institution importante.

Une citation de :Justin Trudeau, premier ministre du Canada

Et, oui, le gouvernement fédéral sera là pour aider, a ajouté M. Trudeau, mais c’est à la province de définir la marche à suivre.

Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu une copie, la ministre du Développement économique et des Langues officielles, Mélanie Joly, presse le gouvernement Ford d’agir.

La ministre Mulroney et le ministre Romano ont reçu une lettre de la ministre Joly à 13 h 24 aujourd'hui. Nous étudions la lettre et nous y répondrons sous peu, indique Natasha Tremblay, l'attaché de presse de Caroline Mulroney.

Une motion déposée mardi par le Bloc québécois, qui demandait notamment que la Chambre réitère sa solidarité envers la communauté franco-ontarienne, a été appuyée par tous les partis fédéraux.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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