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Université Laurentienne : Mélanie Joly presse le gouvernement Ford d’agir

69 programmes, dont 28 de langue française, seront abolis dans l’établissement postsecondaire bilingue du Nord de l’Ontario.

Mélanie Joly parle à la Chambre des communes.

La ministre Mélanie Joly à la Chambre des communes

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu copie, la ministre fédérale des Langues officielles, Mélanie Joly, demande au gouvernement ontarien de Doug Ford d’intervenir pour protéger l'Université Laurentienne, une institution « si importante pour l’avenir des jeunes francophones ».

Le gouvernement du Canada demeure prêt à étudier la possibilité d’offrir de l’aide financière, peut-on lire dans la lettre envoyée au ministre ontarien des Collèges et Universités, Ross Romano, et à la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney.

Toutefois, Mélanie Joly précise n’avoir reçu aucune demande de la part de l’établissement ou de la province pour aider l’Université Laurentienne à se relever.

Il y a urgence d'agir.

Une citation de :Mélanie Joly, ministre fédérale des Langues officielles

Au bord du gouffre, l'Université Laurentienne a eu recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers, une première au pays pour une université de cette taille. Au total, 69 programmes sont abolis, dont 28 en français.

Même si l’éducation postsecondaire est un champ de compétence provincial, le gouvernement fédéral peut intervenir et surtout offrir du financement quand il s’agit d’établissements qui servent les communautés francophones en milieu minoritaire. Par contre, pour qu’une université reçoive de l’argent, il faut d’abord que la province en fasse la demande et surtout qu’elle mette sur la table un montant qui pourra ensuite être égalé par Ottawa.

En point de presse, le premier ministre Justin Trudeau a d’ailleurs indiqué que le gouvernement fédéral sera là pour aider, comme il l’a été pour l’Université francophone de l’Ontario il y a quelques années, mais que c’est au provincial d’établir la marche à suivre.

Édifice de l'Université Laurentienne.

L'Université Laurentienne est située à Sudbury, en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Le gouvernement Ford a laissé la situation dégénérer. Ce n’est pas une entreprise privée qui est au bord de la faillite. C’est une institution postsecondaire, financée à même les fonds publics, relate une source du gouvernement fédéral, bien au fait du dossier. Ils gèrent l’Université Laurentienne comme s’ils ignoraient le caractère francophone de l’établissement.

Comme le révélait Radio-Canada lundi, les programmes de langue française sont particulièrement ciblés, car ils comptent moins d’étudiants et qu’ils coûtent plus cher à maintenir.

La Laurentienne, comme elle est souvent surnommée, est la deuxième université bilingue de l'Ontario, après l’Université d’Ottawa. Plus de 7000 étudiants fréquentent l’établissement du nord de la province.

Depuis des semaines, le premier ministre ontarien Doug Ford et son ministre des Collèges et Universités évitent de commenter la restructuration de la Laurentienne, sous prétexte que l'affaire est devant les tribunaux.

La ministre responsable des Affaires francophones dans la province, Caroline Mulroney, n'a pas non plus répondu aux demandes d'entrevue de Radio-Canada depuis l'annonce des compressions.

Une motion unanime au Parlement

En après-midi mardi, tous les députés à la Chambre des communes ont adopté une motion, présentée par le Bloc québécois, pour signaler leur inquiétude face à la fermeture de 28 programmes en français et au licenciement d'une centaine de professeurs de l'Université Laurentienne à Sudbury.

Le chef du Bloc, Yves-François Blanchet, a d'ailleurs invité Justin Trudeau, plus tôt en journée, à prendre le téléphone pour démontrer qu’il a un attachement réel à l'enjeu de la préservation de l'enseignement en français.

Le porte-parole en matière de langues officielles du Nouveau Parti démocratique, Alexandre Boulerice, demande quant à lui au gouvernement fédéral d’investir rapidement dans l’établissement du nord de l’Ontario : Je pense que Mélanie Joly doit être beaucoup plus ferme, puis beaucoup plus claire. C’est véritablement une hécatombe à l’Université Laurentienne.

Le démantèlement de l'Université Laurentienne est un acte de vandalisme national d'une ampleur qu'on a rarement vue auparavant.

Une citation de :Charlie Angus, député du NPD de Timmins-Baie James

Sur Twitter, le député conservateur Alain Rayes explique qu’un gouvernement d’Erin O’Toole créera une nouvelle enveloppe budgétaire pour augmenter le financement des universités francophones en milieu minoritaire.

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