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Les leaders musulmans exhortent les fidèles à accepter le vaccin pendant le ramadan

Le vaccin contre la COVID-19 ne va pas à l’encontre des enseignements islamiques, disent-ils.

Plan rapproché du visage d'un imam.

Aarij Anwer, imam intérimaire et coordinateur de l'éducation islamique à la mosquée de London, affirme que se faire vacciner contre la COVID-19 n'entrave pas les règles entourant le jeûne du ramadan.

Photo : Fournie par Aarij Anwer

Des leaders musulmans du monde entier veulent rassurer les fidèles qui ont entamé le ramadan mardi, que le vaccin contre la COVID-19 ne va pas à l’encontre des enseignements islamiques et qu’il est même primordial de se faire vacciner.

Selon les traditions du ramadan, rien ne doit entrer dans le corps entre le lever et le coucher du soleil. Les musulmans s'abstiennent donc de manger, boire, fumer et d’avoir des relations sexuelles pendant les heures d'ensoleillement. Ils rompent ensuite le jeûne au coucher du soleil.

L’imam Nabil Ahmad Mirza, de la communauté musulmane ahmadiyya à Montréal, précise que le vaccin rompt techniquement le jeûne d'un musulman, parce qu'il entre dans son corps. Mais malgré les questionnements et les restrictions habituelles, l'imam Mirza affirme que la pandémie est inhabituelle et qu'il faut s'adapter à la situation.

Une femme se prépare à recevoir son vaccin à une session de vaccination organisée à un centre communautaire de la communauté musulmane.

La vaccination de masse, sans distinction d'âge, vient de commencer dans les quartiers les plus durement touchés par la COVID-19.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Ce qu’on encourage, c’est que la vaccination doit continuer, précise l’imam.

Nous n’allons pas être un obstacle, les gens doivent se faire vacciner.

Une citation de :Nabil Ahmad Mirza, imam de la communauté musulmane ahmadiyya à Montréal

Les fidèles qui se seront fait vacciner pourront rattraper ce jeûne après le mois du ramadan, explique l’imam.

D'après les enseignements, dit-il, lors du ramadan, on s’abstient de manger pour une meilleure cause, et nous devons parfois sacrifier nos droits et libertés pour le bien général de la société.

Le vaccin est vraiment primordial, il n’y a aucune question là-dessus. Nous devons suivre les directives du gouvernement.

Une citation de :Nabil Ahmad Mirza, imam de la communauté musulmane ahmadiyya à Montréal

Un défi pour les nations musulmanes

La vaccination représente un défi pour les nations musulmanes qui administrent des vaccins tout au long du ramadan. Les fonctionnaires s'efforcent d'apaiser les inquiétudes concernant l'enseignement islamique selon lequel les musulmans devraient s'abstenir « de tout ce qui entre dans le corps » entre le lever et le coucher du soleil.

Des injections non nutritionnelles, telles que des vaccins, n’ont pas d’impact sur le jeûne et n’invalident pas le jeûne, déclare Aarij Anwer, imam intérimaire et coordinateur de l’éducation islamique à la mosquée de London, en Ontario.

Nous encourageons tous les musulmans à se faire vacciner en raison de leur engagement à leur foi et de leur engagement à leur bien-être.

Une citation de :Aarij Anwer, imam intérimaire et coordinateur de l’éducation islamique à la mosquée de London, en Ontario

Le plus haut conseil religieux de l'Indonésie est allé jusqu'à dire que les musulmans admissibles à la vaccination sont tenus de se faire vacciner pendant le ramadan.

Guide du Ramadan

Dans le Guide du Ramadan (Nouvelle fenêtre) (en anglais) du groupe de travail musulman canadien sur la COVID-19, il est indiqué qu’obtenir un vaccin ne rompt pas le jeûne.

Le guide détaille également les actions à prendre si un fidèle qui jeûne pendant le ramadan commence à ressentir des symptômes de la COVID-19.

Si le jeûne va empirer la maladie, prolonger la guérison ou vous devez prendre des médicaments, une exception de jeûne peut être faite. Les jours de jeûne manqués pourront être repris plus tard.

Le guide précise que les fidèles doivent consulter leur médecin pour savoir si le jeûne est sécuritaire, selon leur état de santé. Ils doivent aussi consulter leur imam s'ils ne sont pas sûrs de la marche à suivre.

Repas traditionnel de la rupture du jeûne. Des personnes prennent une date.

Les musulmans au Canada doivent de nouveau faire le ramadan entre personnes du même foyer en raison des mesures sanitaires liées à la COVID-19. La rupture du jeûne ne pourra se faire à la mosquée ni lors de grands rassemblements.

Photo : Getty Images / brightstars

Un 2e ramadan sous la COVID-19

Après celui de 2020, ce deuxième ramadan ne sera pas comme les autres et sera célébré dans les bulles familiales, explique Nour Enayeh, une musulmane de Vancouver.

J’ai été confinée récemment en raison de la COVID donc [lundi], c'est la course pour acheter des décorations et des ingrédients pour faire de bons plats pour le mois.

Il est écrit Ramadan Kareem dans un cadre blanc et ivoir accroché au mur. Des fleurs séchées, une lanterne, un petit cadre et une pièce d'art en forme de lune et d'étoiles sont diposés sur un meuble.

En 2021, le ramadan est à nouveau célébré sans rassemblement. Nour Enayeh, une musulmane de Vancouver, a décoré son foyer pour rendre la période tout de même festive.

Photo : Nour Enayeh

Jusqu’à tout récemment, dit Mme Enayeh, les communautés croyaient que des célébrations en personne seraient permises, donc les mosquées et les familles ont dû vite changer leurs plans.

Mais la Vancouvéroise concède que ce temps passé en famille permet de renforcer les liens.

Des « valeurs de gratitude »

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, en conférence de presse mardi matin, a souligné que cette année, encore, le ramadan va être bien différent et il faudra se servir de moyens virtuels pour se réunir en ligne plutôt qu’en personne. Mais la pandémie n’empêchera pas de célébrer les valeurs de gratitude, de compassion et de générosité qui sont au cœur des communautés musulmanes.

Le premier ministre britanno-colombien, John Horgan, a également reconnu, par voie de communiqué, que les musulmans vont vivre un deuxième ramadan différent avec des prières en ligne et des rassemblements virtuels pour rompre le jeûne.

Il a remercié les musulmans de leurs efforts pour garder la communauté en sécurité tout en poursuivant des actions bénévoles comme la livraison de paniers de nourriture et des services de santé mentale en ligne.

Avec des informations de la Presse canadienne, CBC et Wildinette Paul

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