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Tout l’Outaouais soumis aux mesures d’urgence jusqu’au 25 avril

Une rue de Gatineau pratiquement vide en plein jour l'été.

Les rues de Gatineau près des bureaux du gouvernement fédéral sont vides en raison de la pandémie de COVID-19 qui contraint des fonctionnaires à travailler de la maison.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le premier ministre François Legault a annoncé, mardi, le prolongement des mesures spéciales d’urgence jusqu’au 25 avril. Et cette fois, ces mesures spéciales toucheront tout l’Outaouais.

Alors que plusieurs résidents se plaignaient de la confusion entourant les restrictions sanitaires dans la région, avec des mesures spéciales pour Gatineau et la MRC des Collines-de-l’Outaouais ainsi que pour le reste de la région placé en zone rouge, le gouvernement Legault aura eu le mérite de clarifier les choses lors de son point de presse, mardi.

La situation reste grave et, malheureusement, elle risque de s’aggraver encore plus dans les prochaines semaines, a déclaré le premier ministre, citant trois régions particulièrement sur le radar du gouvernement, soit la Capitale-Nationale, Chaudière-Appalaches et l'Outaouais.

Depuis deux jours, on a eu 13 hospitalisations nettes de plus, a argumenté M. Legault au sujet de l’Outaouais.

Je comprends que les mesures changent beaucoup, mais la situation change beaucoup aussi.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Le gouvernement a donc décidé de prolonger d'une autre semaine les mesures spéciales d’urgence, jusqu’au 25 avril.

La nouveauté : cette fois, elles toucheront tout l’Outaouais.

On étend un peu le territoire, parce qu’on s’est rendu compte au cours des derniers jours qu’en Outaouais et en Chaudière-Appalaches, ça s’est étendu à la grandeur des territoires, a expliqué M. Legault.

Couvre-feu à 20 h

Déjà en vigueur depuis le 1er avril à Gatineau et dans la MRC des Collines-de-l’Outaouais, ces mesures d’urgence prévoient un couvre-feu de 20 h à 5 h, la fermeture des écoles primaires et secondaires, tout comme des cinémas, des salles de spectacles et des musées, ainsi que des commerces jugés non essentiels.

Les restaurants doivent, pour leur part, se limiter à la livraison et à la vente à emporter, et les commerces qui restent ouverts ne peuvent vendre que des produits essentiels.

La limite dans les lieux de culte est également réduite à 25 personnes et les activités extérieures de sport ou de loisirs ne sont permises qu’avec les personnes résidant à la même adresse ou par groupe de huit personnes respectant la distanciation.

Ces mesures entreront en vigueur dans tout l’Outaouais le mercredi 14 avril, à 20 h. Elles doivent permettre de freiner une troisième vague de COVID-19 particulièrement virulente dans la région.

Nous sommes en alerte et en vigie constante. Est-ce qu’on est en perte de contrôle, je ne crois pas, mais [...] la situation demeure quand même inquiétante avec la montée des cas. En ce sens, toutes les actions demandées à la population sont extrêmement importantes à appliquer. Nous sommes vraiment en vigie d’heure en heure, avait d’ailleurs soutenu un peu plus tôt mardi France Dumont, présidente-directrice générale adjointe au CISSS de l’Outaouais.

Pas de surprise chez les élus

Le maire de Saint-André-Avellin, Jean-Marc Carrière, n’est pas surpris par l’annonce de la province.

C’est malheureux, mais c’était plus que prévisible. J’essaie de suivre les statistiques tous les jours et je m’y attendais, peut-être même un peu plus tôt, dit-il.

Même son de cloche du côté de la préfète de la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, qui, déçue, pointe du doigt les autorités de santé publique.

Ma grande déception, c’est que quand Gatineau s’est retrouvé en zone rouge foncé, il aurait fallu mettre des mesures en place pour que ça n'arrive pas jusque chez nous, fulmine-t-elle. Il aurait fallu plus de vaccins et de dépistage pour éviter que ça se propage. Aujourd’hui, on voit le résultat. Et les gens, on ne peut pas les blâmer, ils sont plus capables!

Mme Lamarche redoute l’impact des mesures spéciales d’urgence sur les familles, dans une région où tout le monde ne dispose pas d’un bon accès à internet, et sur l’économie locale.

M. Lauzon accorde une entrevue dans une salle communautaire.

Le maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon (archives)

Photo : Radio-Canada

Mais pour le maire de Thurso et préfet de la MRC de Papineau, Benoît Lauzon, la décision était inévitable.

C’est une nouvelle qui est difficile à prendre. Ça va avoir un impact sur nos étudiants qui sont en fin d’année et sur nos commerces non essentiels qui devront fermer. C’est une décision de santé publique, le gouvernement a des décisions difficiles à prendre, c’en est une. Mais c’est certain que ça va avoir des conséquences sur notre économie, dit-il, appelant de ses vœux à une aide supplémentaire du gouvernement pour les entreprises qui devront cesser leur activité.

Il faut faire un dernier effort!

Une citation de :Jean-Marc Carrière, maire de Saint-André-Avellin

Le maire de Saint-André-Avellin demande aux citoyens de poursuivre leurs efforts.

Il y a un manque de conscientisation et de discipline à certains égards. [...] Mais la bataille achève. Il reste un petit bout à faire. Il faut s’autodiscipliner et après ça va faire une différence, lance M. Carrière, invitant la population à se faire vacciner.

L’élu espère que l’attention du gouvernement Legault sur la région se traduira par un meilleur approvisionnement en vaccins.

L'opposition fustige le gouvernement

Le député libéral provincial du Pontiac, André Fortin, reconnaît lui aussi que le retour à des mesures plus strictes pour l’ensemble de l'Outaouais était inévitable. Mais il ajoute que ce résultat vient d’une mauvaise gestion de la crise de la part du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Le nombre de cas que l’on voit aujourd’hui, ce sont des gens qui ont commencé à avoir des symptômes au cours des dernières semaines. Les ratés du gouvernement en matière de dépistage font en sorte que nous n’avons toujours pas un portrait global [de la situation en Outaouais]. Donc, de retourner les enfants à l’école et de rouvrir les commerces, ça apparaissait difficile sans avoir ce portrait-là, croit le député de l'opposition.

André Fortin, député libéral de Pontiac

André Fortin, député libéral de Pontiac

Photo : Radio-Canada

Ce dernier espère que ces mesures seront temporaires, dans la mesure où la pandémie se stabilise, en raison des défis que représente le confinement pour les résidents de son secteur.

Dans le secteur urbain, quand on a deux ou trois personnes qui tentent de faire du télétravail ou de l’école à distance en même temps, ça peut devenir exigeant pour le réseau. En milieu rural, c’est encore plus vrai, fait-il remarquer.

Avec les informations d'Ismaël Sy et Alexandra Angers

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