•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le déneigement, nouvel ennemi des canons des plaines d'Abraham

Des canons sont placés sous une bonne couche de Tyvek et enrubannés  de rubans adhésif résistant. Des clôtures de bois vertes ont été posées pour limiter les dégâts du soufflement de la neige directement dessus.

Plusieurs canons des Plaines ont dû être protégés en urgence, pour la première fois cet hiver.

Photo : Radio-Canada / Catherine Lachaussée

L'entretien hivernal de la côte Gilmour a fini par endommager plusieurs des canons patrimoniaux des plaines d’Abraham. Pour la première fois, certains ont même dû passer l’hiver sous protection, ce qui n'était jamais arrivé depuis leur installation, en 1912.

L’annonce de l’ouverture à l’année de la côte Gilmour a fait la joie de milliers d’automobilistes en 2014. Ce précieux raccourci demeure la seule façon de passer de la Haute-Ville à la Basse-Ville, entre Sillery et le Vieux-Port. Jusque-là, le passage était toujours resté fermé durant l’hiver.

La Ville est depuis devenue responsable de l’entretien de la côte en saison hivernale, selon l'entente survenue avec la Commission des champs de bataille nationaux (CCBN).

Mais ce que personne n’avait prévu, c’est que le style de déneigement de ce secteur en particulier allait entraîner une usure prématurée de tous les canons situés sur l’avenue Montcalm, à l’entrée ouest des Plaines.

Des abrasifs soufflés sur les canons

Les dommages ont été constatés pour la première fois à la fin de l’automne 2020, lors d’une tournée annuelle menée par une équipe de la CCBN. Le soufflement répété d’une neige chargée d’abrasifs et de fondants a fini par faire son effet.

Les dommages causés aux bouchons de bois des canons étaient particulièrement remarquables.

Les dommages causés aux bouchons de bois des canons étaient particulièrement remarquables.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Or, on a beau les croire invincibles, les canons de la CCBN — au nombre de 54 en tout — sont plus fragiles qu’ils en ont l’air. Ils ont besoin d'attention et de soins réguliers pour durer, étant sujets à la rouille.

Leurs affûts — la base sur laquelle ils sont posés — s'abîment aussi facilement. Il en va de même pour les bouchons de bois en forme de boulet glissés dans leur ouverture pour les protéger de l'humidité et des intempéries.

La rouille est visible sur plusieurs des canons.

La rouille est visible sur plusieurs des canons.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

On ne peut pas parler de grosses plaques de rouille. Mais les dommages étaient assez visibles pour qu’on s’en inquiète, notamment sur les affûts et les bouchons, confie Hélène Quimper, conservatrice à la Commission des champs de bataille.

Certains canons avaient été légèrement déplacés sur leurs affûts, mais tous sur le même angle. On pouvait facilement en déduire que de la neige avait été soufflée dessus et qu'à la longue, le déneigement de l'avenue Montcalm avait fini par avoir un effet sur eux.

Une citation de :Hélène Quimper, historienne et conservatrice, CCBN

Sachant que les normes de déneigement de la Ville et de la CCBN étaient différentes, on a sans doute sous-estimé le problème posé par les abrasifs et les fondants, avoue Hélène Quimper. Leur utilisation est en effet autorisée dans le secteur de la côte Gilmour depuis 2014, contrairement à ce qui prévaut ailleurs sur le site.

Mais que de la neige ait été soufflée directement sur les canons a pris tout le monde par surprise, à commencer par la Ville et la CCBN.

08d3dc0f215e4fb88dd6200b5a4b1985

Les affûts des canons aussi ont souffert d'un déneigement peu attentionné.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Selon la conservatrice, l’entretien intense de la côte durant l’hiver a aussi pu contribuer à amplifier le problème.

La Ville a un classement pour toutes ses côtes et la côte Gilmour fait partie des artères prioritaires. Sitôt que les chutes de neige commencent, un camion de déneigement circule en permanence et l’entretien se fait en continu.

Une citation de :Hélène Quimper

Le Tyvek en renfort

Après avoir constaté les dégâts en novembre 2020, l’équipe de la CCBN n’a eu que quelques jours pour concocter un plan de conservation accéléré pour ses canons.

De petites clôtures à neige ont donc rapidement été posées pour dissuader l’employé de la Ville qui faisait le déneigement de souffler la neige sur les canons. Mais surtout, on s’est mis en quête de la membrane de protection idéale. Il fallait trouver quelque chose qui soit à la fois imperméable, résistant et respirant pour protéger la fonte, très sensible à l’humidité.

Des canons sous bonne protection, près de la côte Gilmour

Des canons sous bonne protection, près de la côte Gilmour

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

C'est ce qui explique que les canons aient finalement été enveloppés sous une bonne couche de Tyvek, le 3 décembre dernier. Le matériau, facilement disponible en quincaillerie, est couramment utilisé pour protéger les maisons en construction durant l’hiver et s'est imposé comme le candidat idéal. C'était vraiment une première année de test, résume Hélène Quimper.

Une solution à long terme?

Le test se sera terminé le 13 avril en matinée. Inutile de dire que l’équipe avait bien hâte de voir comment les canons s’étaient tirés de leur hiver, alors qu’on procédait enfin à leur déballage printanier.

La conservatrice Hélène Quimper lors du déballage des canons, mardi matin.

La conservatrice Hélène Quimper lors du déballage des canons, mardi matin.

Photo : Radio-Canada / Steve Breton

Une inspection approfondie devrait suivre, mais d'emblée, la conservatrice du parc était très satisfaite.

Ça m'a rappelé à quel point les bouchons des canons et les affûts avaient été endommagés. Mais pour le reste, je suis heureuse de voir qu'il n'y avait aucune trace d'humidité à l'intérieur des membranes. C'est sûr qu'on va faire le même type d'intervention avec les mêmes matériaux à l'automne. On va juste s'y prendre beaucoup plus tôt.

Une citation de :Hélène Quimper, historienne et conservatrice

Le confinement de l'automne dernier avait en effet pris tout le monde de court, forçant à une intervention tardive. La prochaine fois, l'opération sera planifiée et incluse au calendrier.

Des neuf canons du secteur, il est tout de même prévu d'en déménager quatre à l'autre bout du terrain des sports, situé devant le Musée national, histoire de limiter les dégâts. L'intervention est prévue à l'été, ce qui n'en laissera que cinq pour monter la garde sur l'avenue Montcalm.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !