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Un rare bureau de poste dans une résidence familiale

Une femme devant un bureau de poste.

Ginette Côté n'avait que 10 ans quand sa mère a fait ses débuts comme maître de poste à la résidence familiale. Trente plus tard, elle a acheté la maison pour occuper les mêmes fonctions que sa mère.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Depuis plus de 50 ans, les résidents de Belle Vallée, dans le Nord de l’Ontario, vont chercher leur courrier à la résidence de Ginette Côté. La fierté de la langue française a fait en sorte que son bureau de poste a résisté à l’épreuve du temps, alors que les boîtes postales ont pris le dessus dans les petits villages.

S’il n’avait pas eu leur fierté, je pense que ça ferait longtemps que le bureau aurait fermé, raconte d’entrée de jeu le maire du canton de Casey, Guy Labonté.

Dans les années 90, le bureau de poste de la résidence familiale a bien failli être transformé en chambre d’invité.

Ma mère s’est battue pour que le bureau de poste reste ouvert, parce qu’il voulait le transférer dans des boîtes postales au magasin, raconte la maître de poste actuelle, qui a racheté la maison de sa mère Thérèse en 2000.

Thérèse Lachapelle a alors fait preuve de ruse pour garder le bureau de poste ouvert. À cette époque, le village était majoritairement francophone et les aînés du village étaient loin d'être à l'aise dans la langue de Shakespeare.

Un homme au bureau de poste.

Le maire du canton de Casey aime bien discuter avec Ginette en allant chercher son courrier.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Les propriétaires du magasin étaient unilingues anglophones, c’est à cause de la langue qu’on est restés ouvert, se souvient Ginette Côté.

Guy Labonté occupe les fonctions de maire depuis plus de 20 ans, il salue la résilience du duo mère-fille.

Les services ont toujours été les mêmes, mais 50 ans, ce n’est pas tout le monde qui est capable de durer longtemps de même.

Postes Canada dans l’ADN

Depuis trois générations, la famille a mené des combats. C’est finalement deux femmes qui ont tenu tête pour éviter la fermeture du bureau de Belle Vallée.

Mon grand-père avait un bureau de poste à Pearson. Ça a été fermé. Mes parents avaient un bureau de poste dans la municipalité de Brethour qui a fermé. C’était tout dans leur maison à cette époque, dit la femme de 61 ans.

En 1970, la famille Lachapelle achète le couvent des sœurs à Belle Vallée et y aménage un bureau de poste. Un incendie a bien failli clore la relation avec Postes Canada dès son arrivée.

On a vécu dans le couvent des sœurs six mois et ça a brûlé. On a loué un espace dans une meunerie et il y avait un genre de petit appartement. Mes parents se sont arrangés pour faire un petit bureau de poste là-dedans en attendant que la maison soit reconstruite.

Une femme mesure un colis dans un bureau de poste.

Après l'incendie de la demeure familiale, en 1970, les parents de Ginette ont construit leur maison à Belle Vallée pour accueillir un bureau de poste et leurs 6 enfants.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

En août de la même année, une maison renaît des cendres sur le même terrain que le couvent des sœurs. La maison a été dessinée afin d'accueillir le bureau de poste géré par la mère de Ginette, Thérèse Lachapelle.

Sa fille a encore le souvenir de la sonnette. Quand un client rentrait, elle mettait son repas sur pause pour aller les servir.

Une odeur qui a marqué un client de longue date, Guy Labonté. L’odeur des rôties de porc invitait les citoyens à rester plus longtemps pour jaser. Son entrée est devenue comme le perron de l'église à une époque. Je connais bien les nouvelles du village, lance la postière, sourire en coin.

Thérèse a occupé les fonctions de maître jusqu’à sa retraite à l’âge de 65 ans en 2000. Depuis ce jour, sa fille Ginette a acheté la résidence construite en 1970 afin de prendre le relais comme maître de poste.

On espère que Ginette ne prendra pas sa retraite, lance à la blague Guy Labonté.

L’heure de la retraite sonnera tout de même bientôt pour Ginette. Qu’adviendra-t-il du bureau de poste de la famille? Elle vient de vendre la maison à son garçon.

J’espère qu’il va y avoir quelqu’un qui voudra prendre ma place. Si ce n’est pas ma belle-fille qui applique pour le poste, ce sera la fin d’une époque. Ma remplaçante reste à deux maisons d’ici, elle devra accommoder le bureau de poste dans sa maison, conclut-elle.

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