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Le coronavirus interfère, cette année encore, avec les activités du ramadan

Des hommes portant le couvre-visage marchent à proximité de la Grande Mosquée, en plein jour.

À La Mecque, en Arabie saoudite, des hommes marchent à proximité de la Grande Mosquée alors que s'amorce le ramadan, le 13 avril 2021.

Photo : Associated Press / Amr Nabil

Radio-Canada

Les musulmans de nombreuses régions du monde ont marqué le début du ramadan mardi, mais une augmentation des cas de coronavirus dans plusieurs pays a une fois de plus mis un frein aux célébrations qui accompagnent ce mois sacré.

Pourtant, il y a des lueurs d'espoir que le ramadan de 2021 puisse sembler plus normal que celui de l'année dernière, où la période la plus sacrée de l'islam a coïncidé avec le début de la pandémie de coronavirus.

Les mosquées ont depuis rouvert et les limites de mouvement ont été assouplies, à mesure que la vaccination se poursuit dans les pays à majorité musulmane. Les leaders religieux de pays comme l'Indonésie ont assuré que le vaccin ne rompt pas le jeûne de la journée.

Le ramadan est marqué par des prières plus longues, un jeûne de l'aube au crépuscule et des fêtes nocturnes avec la famille et les amis, bien que les mosquées bondées de fidèles et les grands rassemblements pour les repas restent interdits en raison de la propagation continue du coronavirus dans le monde.

Tout au long du ramadan, les musulmans s'abstiennent de toute nourriture ou boisson – y compris l'eau – du matin au soir. La pratique d'un mois vise à accroître le souvenir de Dieu, à freiner les habitudes malsaines et à approfondir la gratitude.

À La Mecque, où se trouve la Kaaba – le site le plus sacré de l'islam – les musulmans ont exécuté des prières tarawih socialement éloignées, marquant le début du ramadan. Les musulmans pratiquants du monde entier prient en direction de la Kaaba cinq fois par jour.

Seul un nombre limité de fidèles est autorisé à pénétrer dans la grande mosquée qui abrite la Kaaba dans le but d'empêcher la propagation du virus. Les autorités saoudiennes autorisent uniquement les personnes qui ont été vaccinées ou qui se sont récemment rétablies du virus à faire des prières tarawih à la Kaaba.

Au Liban, la plupart des musulmans ont commencé le ramadan mardi dans un contexte de flambée inflationniste. Le petit pays est aux prises avec la pire crise économique et financière de son histoire moderne, la monnaie libanaise ayant perdu environ 80 % de sa valeur par rapport au dollar américain ces derniers mois.

La crise – le résultat de décennies de corruption endémique et de mauvaise gestion – a été aggravée par la pandémie de coronavirus. De nombreux Libanais doivent réduire leurs préparatifs en vue du ramadan.

Confinement et couvre-feu

En Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a prolongé le couvre-feu en semaine, a limité les déplacements entre régions et a interdit, jusqu'à la fin du ramadan, la tenue d'événements dans des espaces clos.

Le président turc prévient que les règles seront encore plus resserrées si la situation ne s'améliore pas.

En Irak, un couvre-feu restera en vigueur de 19 h à 5 h pendant le ramadan, avec confinement total le week-end. Le ministère de la Santé a averti que le non-respect de ces mesures pourrait entraîner des confinements ininterrompus de trois jours. Citant les préoccupations économiques des chefs d'entreprise, les restaurants et les pâtisseries pourront ouvrir leurs portes, mais uniquement pour des livraisons à domicile.

Pendant ce temps, un confinement de dix jours en raison d'une augmentation des infections est entré en vigueur mardi dans les régions du nord-est de la Syrie, contrôlées par des combattants soutenus par les États-Unis. La région, qui borde l'Irak et la Turquie, compte 5 millions d'habitants.

En Indonésie, les cas de COVID-19 augmentent également. Les mosquées sont autorisées à ouvrir pour les prières du ramadan avec des protocoles stricts en place.

Le gouvernement autorisera les gens à organiser des rassemblements pour l'iftar pendant le ramadan dans des restaurants, des centres commerciaux et des cafés, qui peuvent ouvrir à 50 % de leur capacité.

Des femmes portant le hijab à l'intérieur d'un magasin d'alimentation.

Des Indonésiennes font des provisions pour l'iftar, le repas par lequel les fidèles musulmans rompent le jeûne au crépuscule, durant le ramadan.

Photo : Associated Press / Binsar Bakkara

L'iftar est le moment très attendu où les musulmans interrompent traditionnellement leur jeûne d'une journée en mangeant des dattes et en prenant une gorgée d'eau avant de se régaler avec leurs amis et leur famille.

Les restaurants de Dubaï

À Dubaï, les autorités ont autorisé les restaurants à ne plus cacher leurs convives derrière des rideaux durant les heures du jeûne.

La cité-État, dont l'économie repose en grande partie sur les services, les loisirs et le tourisme, a cherché à relancer ces secteurs ces derniers mois en pleine pandémie de COVID-19. Et plus de 90 % de ses habitants sont des étrangers dont une grande partie n'est pas de confession musulmane.

Ces dernières semaines, Dubaï a largement ouvert ses portes aux touristes internationaux et allégé les restrictions liées à la COVID-19 pesant sur les activités publiques, ce qui a fait de l'émirat une destination pour tous ceux qui, à travers le monde, tentent d'échapper aux confinements.

La vaccination durant le ramadan

La vaccination représente un défi pour les nations musulmanes qui administrent des vaccins tout au long du ramadan. Les fonctionnaires s'efforcent d'apaiser les inquiétudes concernant l'enseignement islamique selon lequel les musulmans devraient s'abstenir de tout ce qui entre dans le corps entre le lever et le coucher du soleil.

Le plus haut conseil religieux de l'Indonésie est allé jusqu'à dire que les musulmans admissibles à la vaccination sont tenus de se faire vacciner pendant le ramadan.

Les gouvernements, quant à eux, s'efforcent également de faire respecter certaines restrictions.

En Inde, où les infections ont culminé ces derniers jours, les chercheurs demandent aux 200 millions de musulmans du pays de suivre des protocoles antivirus et de s'abstenir de grands rassemblements. De nombreuses villes indiennes confrontées à des flambées de virus ont imposé des couvre-feux nocturnes, et on ne sait toujours pas si les fidèles seront autorisés à effectuer des prières tarawih dans les mosquées.

Des règles pas toujours respectées

 Des femmes portant le voile intégral attendent en file, pressées les unes contre les autres.

À Peshawar, au Pakistan, des femmes attendent devant un immeuble gouvernemental pour obtenir de l'argent dans le cadre d'un programme d'aide pour les familles dans le besoin, le 13 avril 2021.

Photo : Associated Press / Muhammad Sajjad

Au Pakistan, le jeûne devrait commencer mercredi. Le gouvernement du premier ministre Imran Khan a refusé de fermer les mosquées, même si les nouvelles infections atteignent des niveaux similaires à ceux du début de la pandémie.

Les responsables des mosquées sont tenus de veiller à ce que personne de plus de 50 ans n'entre et que la distanciation sociale soit maintenue. Cependant, les fidèles respectent rarement ces restrictions.

Les musulmans du Cachemire sous contrôle indien continuent de crouler sous le poids de deux confinements consécutifs qui ont laissé des dizaines de milliers de personnes sans aucun moyen de gagner leur vie. Les associations caritatives locales prévoient distribuer des boîtes de rations pour le ramadan aux familles dans le besoin.

Une 4e vague en Iran

En Iran, pays du Proche et du Moyen-Orient le plus touché par la pandémie, les autorités demandent aux fidèles de s'abstenir autant que possible de participer à des prières collectives.

Depuis la fin mars, les autorités disent constater une quatrième vague encore plus violente que les précédentes.

Lundi, le ministère de la Santé avait annoncé un nouveau record des contaminations par le virus, soit 23 311 nouveaux cas en 24 heures.

La plupart du territoire de la République islamique, chiite, est désormais classé rouge. Par conséquent, seuls les commerces essentiels sont ouverts et les lieux de culte sont fermés.

Couvre-feu controversé

Pendant ce temps, dans l'enclave nord-africaine espagnole de Ceuta, où environ la moitié de la population est musulmane, une manifestation pacifique a été organisée pour exhorter les autorités à repousser le couvre-feu de 22 h à 23 h pendant le ramadan. D'autres musulmans, cependant, ont déclaré qu'ils soutenaient le couvre-feu actuel en tant que mesure importante pour protéger la vie des gens.

Et en Égypte, le gouvernement a empêché les mosquées de servir des repas gratuits pendant le ramadan et a interdit les iftars caritatifs traditionnels qui rassembleraient des étrangers autour de longues tables.

Avec les informations de Agence France-Presse, La Presse canadienne, et Reuters

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