•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

9e féminicide au Québec : onde de choc dans Charlevoix

Carolyne Labonté a été retrouvée morte dans sa résidence par la Sûreté du Québec. Elle était la conjointe d'Éric Levasseur.

Le reportage de Guylaine Bussière.

Photo : Courtoisie : Facebook

Kassandra Nadeau-Lamarche

La petite communauté de Notre-Dame-des-Monts dans Charlevoix peine à croire que le 9e féminicide de l’année dans la province est survenu sur son territoire. Plus de trois semaines après le décès de Carolyne Labonté, son conjoint a finalement été accusé de meurtre au second degré, aujourd'hui.

Lundi, Éric Levasseur a été arrêté en lien avec le meurtre de Carolyne Labonté, survenu le 18 mars. Il a comparu en fin d'avant-midi par visioconférence au palais de justice de La Malbaie.

Le maire de la municipalité d’un peu plus de 800 habitants, Alexandre Girard, affirme que cette communauté tissée serrée est particulièrement ébranlée depuis l’annonce de l’arrestation d'Éric Levasseur.

Pour la majorité de mes voisins et concitoyens, c'était un choc. C'était un choc parce que qui s'attend à ça ? On n’est jamais prêts à ça .

Une citation de :Alexandre Girard, maire de de Notre-Dame-des-Monts

Sans affirmer que le confinement est lié directement au meurtre, Alexandre Girard se demande toutefois si les mesures qui découlent de la pandémie font en sorte qu'on puisse manquer des indices de détresse.

Si on prend la dernière année où tout le monde s’est pas mal limité à l'intérieur de leur quadrilatère, de leur terrain le soir, il y a peut-être encore moins de choses qu'on a vu passer, explique-t-il.

Un ruban de police déchiré devant une maison.

Carolyne Labonté a été retrouvée morte dans son domicile de Notre-Dame-des-Monts.

Photo : Radio-Canada / Cimon Leblanc

Trois enfants

Le couple a trois enfants qui fréquentent les écoles locales.

Résidant non loin de la maison du couple, le maire connaissait la victime et enseigne aussi à l’un de ses enfants.

La porte-parole du Centre de services scolaire de Charlevoix Michèle Moreau indique que les enfants de la famille touchée reçoivent l'aide dont ils ont besoin. Nous demeurons vigilants et attentifs aux besoins des élèves et du personnel et mettons en place les services nécessaires lorsque la situation le requiert, assure-t-elle dans un courriel.

D'autres membres de la communauté sont également ébranlés. Ça reste nos voisins pareil, et elle laisse dans le deuil ses trois enfants, c'est quand même triste , affirme Pierre-Alexandre Tremblay, qui demeure tout près de la scène de crime.

Où ça va arrêter? C'est ça l'histoire, c'est où que ça va arrêter ? Il n'y a pas de mots pour ça, c'est de la violence pure et simple et avec la COVID et tout ce qu'on vit actuellement. Il n'y a rien de facile, je pense, pour personne. Je pense que personne n'est à l'abri de ça., ajoute Rémi Gaudreault, un autre résident du quartier.

Besoin d'aide?

Contactez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou au sosviolenceconjugale.ca (Nouvelle fenêtre).

Tristesse et indignation pour un organisme local

La directrice générale de la Maison la Montée de La Malbaie Diane Néron, un organisme d’aide aux femmes victimes de violence conjugale, souligne que la Maison n’a pas été en contact avec la victime.

En entrevue à l'émission Première Heure, elle se désole particulièrement de ne pas avoir pu venir en aide à la femme avant qu’il ne soit trop tard. Ça nous fait vivre beaucoup de tristesse, d’indignation, qu’on n’ait pas pu aider cette femme-là à briser le cycle de la violence .

Elle soutient que même si la population est au courant des services offerts par l’organisme, il est parfois difficile pour les victimes de demander de l’aide en raison de leur isolement, particulièrement dans les petites communautés. C’est le propre de la violence conjugale de se vivre en vase clos. Mais en région, c’est sûr que c’est intensifié parce que tout le monde se connaît .

Instaurer l’intolérance pour la violence

La vice-première ministre et responsable de la région de la Capitale-Nationale Geneviève Guilbault croit qu’il y a une conscientisation sur la problématique de la violence familiale de plus en plus importante depuis quelques mois.

Celle qui pilote un comité visant à enrayer les crimes contre les femmes assure travailler avec beaucoup d’empressement pour mettre en place des actions à très court terme.

Geneviève Guilbault soutient qu’il y a maintenant une urgence d’agir, autant pour le gouvernement que pour la population. L'intolérance viscérale à la violence doit s'installer. Il faut se mêler s' il le faut des affaires des autres. Si on voit ou soupçonne des comportements violents chez des gens qu'on connaît [il faut] être la personne qui va faire le premier geste vers elle .

Elle invite toutes les femmes victimes de violence à contourner les règles sanitaires si elles doivent se protéger d'une situation violente.

Avec des informations de Marie-Pier Mercier, de Félix Morrissette Beaulieu et de Claude Bernatchez

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !