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L'OMS demande la suspension de la vente de mammifères sauvages vivants sur les marchés

Un chien viverrin dans une cage, le 6 janvier 2004.

Un chien viverrin dans une cage au marché d’animaux sauvages de Xin Yuan dans la ville de Guangzhou, dans le sud de la Chine. (archives)

Photo : Getty Images / PETER PARKS

Agence France-Presse

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé mardi la suspension dans le monde entier de la vente de mammifères sauvages vivants sur les marchés alimentaires en raison des importants risques de transmissions de nouvelles maladies infectieuses à l'homme.

Ces animaux, en particulier les animaux sauvages, sont la source de plus de 70 % de toutes les maladies infectieuses émergentes chez les humains et nombre d'entre elles sont causées par de nouveaux virus, souligne l'OMS, dans un communiqué commun avec l'Organisation mondiale de la santé animale et le Programme environnemental de l'ONU.

La transmission à l'homme du virus de la COVID par ce biais est une des théories ayant la faveur des experts mandatés par l'OMS. Et dans leur récent rapport sur les origines de la maladie, ils ont souligné qu'un marché de Wuhan, la métropole chinoise où ont été signalés les premiers cas, semble avoir été l'un des plus importants points de sa diffusion à la fin de 2019.

Un homme en tenue de protection au milieu du marché.

Le marché de fruits de mer de Wuhan, où ont été signalés les premiers cas.

Photo : Reuters / Darley Shen

La maladie s'est depuis répandue dans le monde entier et a fait plus de 2,93 millions de morts, selon un comptage de l'AFP arrêté lundi.

Outre la suspension des ventes, les organisations internationales demandent une amélioration des règles d'hygiène et d'assainissement sur ces marchés traditionnels pour réduire aussi bien la transmission de l'animal à l'homme que la contagion entre marchands et clients.

Elles réclament en outre une réglementation pour contrôler l'élevage et la vente d'animaux sauvages qui sont destinés à être vendus sur les marchés pour la consommation humaine.

Les organisations demandent aussi de former les inspecteurs vétérinaires pour appliquer ces nouvelles règles et de renforcer les systèmes de surveillance afin de détecter rapidement les nouveaux pathogènes et lancer des campagnes d'informations et de sensibilisation pour les marchands et les clients.

Il y a un risque de transmission aux humains qui viennent en contact de la salive, du sang, de l'urine, du mucus, de la matière fécale ou d'autres fluides d'un animal infecté, soulignent les trois organisations, expliquant que le risque encouru en touchant une surface contaminée ajoute encore au danger.

Les zoonoses – des maladies ou des infections naturellement transmissibles des animaux vertébrés à l'homme – constituent une forte proportion de l'ensemble des maladies infectieuses nouvellement recensées ainsi que de nombreuses maladies existantes.

Certaines maladies, comme le VIH, commencent en tant que zoonoses, mais elles mutent plus tard en souches présentes uniquement chez l'homme. D'autres zoonoses peuvent provoquer des flambées récurrentes, comme la maladie à virus Ebola et la salmonellose. D'autres encore, comme le nouveau coronavirus à l'origine de la COVID-19, ont le potentiel de provoquer des pandémies mondiales, souligne l'OMS sur son site internet.

Pas uniquement en Chine

Ces marchés traditionnels ne sont pas l'apanage de la Chine, même si la pandémie de COVID-19 a jeté une lumière crue sur les marchés de Wuhan et les nombreuses espèces d'animaux sauvages qui y étaient vendues.

Ces marchés traditionnels jouent un rôle central pour fournir de la nourriture et un travail à de très nombreuses personnes. Bannir la vente de ces animaux peut protéger la santé des gens, aussi bien ceux qui y travaillent que ceux qui y font leurs courses, souligne le communiqué commun.

Une chauve-souris est vue la gueule ouverte dans la main gantée d'un humain.

Les chauves-souris sont les principales suspectes dans la quête des origines du coronavirus.

Photo : Associated Press / Peter Thomson

Les marchés de cette métropole du centre de la Chine étaient alimentés par de nombreuses fermes d'élevage, où le nouveau coronavirus – à l'origine très probablement hébergé par une chauve souris – a pu être transmis par un animal intermédiaire, en particulier aux éleveurs.

C'est en tout cas la théorie privilégiée par le groupe d'experts internationaux et chinois mandatés par l'OMS et Pékin pour découvrir les origines de la pandémie. L'animal intermédiaire, si c'est bien lui le responsable, n'a pas encore été identifié.

D'autres théories sont examinées comme la transmission par de la viande congelée d'animaux sauvages et une partie de la communauté internationale, qui estime que l'équipe commune n'a pas pu travailler en toute indépendance et en toute transparence en Chine, réclame que plus d'attention soit portée à la fuite du virus d'un laboratoire de Wuhan.

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