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Le vaccin de Johnson & Johnson « sur pause » aux États-Unis, retardé en Europe

Une femme reçoit le vaccin Johnson & Johnson.

Le vaccin de Johnson & Johnson aurait fait un mort et un autre patient serait dans un état critique, sur un total de près de 7 millions de doses administrées aux États-Unis.

Photo : Reuters / Carlos Barria

Les autorités sanitaires américaines recommandent une « pause » dans l'administration du vaccin de Johnson & Johnson contre la COVID-19, après la recension de six cas de thrombose survenus chez des femmes qui avaient été vaccinées quelques jours auparavant. L'une de ces personnes est décédée; une autre est dans un état critique.

Ce bilan a été fourni par un responsable de la FDA, l'agence américaine notamment chargée d'approuver les vaccins, dans le cadre d'une conférence de presse tenue mardi avant-midi.

Dans un communiqué conjoint, la Dre Anne Schuchat, première directrice adjointe du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC), et le Dr Peter Marks, directeur du Centre d'évaluation et de recherche sur les produits biologiques de la FDA, affirmaient plus tôt, mardi, que les thromboses signalées sont survenues entre 6 et 13 jours après la vaccination, et qu'une pause de l'utilisation du vaccin est recommandée « par précaution ».

[Cette pause] est importante pour non seulement nous assurer que la communauté médicale est au fait du risque que ces événements se produisent, mais aussi pour permettre de se préparer en vue de détecter et traiter convenablement ce type de caillot sanguin, affirment-ils.

Pour l'instant, ces événements négatifs semblent être extrêmement rares, poursuivent les deux spécialistes, en rappelant qu'en date de lundi, plus de 6,8 millions de doses de ce vaccin ne nécessitant qu'une seule injection avaient été administrées sur le territoire américain.

Déjà, plusieurs rendez-vous offerts aux États-Unis pour administrer des doses du vaccin Johnson & Johnson ont été annulés. Dans l'État de New York, le gouverneur Andrew Cuomo a fait savoir que les gens devant recevoir ce vaccin recevront plutôt une dose du vaccin Pfizer (qui en nécessite deux pour être efficace au maximum).

Après l'annonce aux États-Unis, la compagnie pharmaceutique a fait savoir qu'elle reportait le déploiement de ce vaccin sur le continent européen.

Johnson & Johnson devait livrer 55 millions de doses sur le Vieux Continent avant la fin juin, et un total de 120 millions de doses supplémentaires au cours du troisième trimestre de 2021.

Pas d'impact majeur, dit la Maison-Blanche

La recommandation d'une « pause » n'ébranle pas la détermination de l'administration Biden à vacciner la population américaine, a réagi la Maison-Banche en milieu de matinée.

Dans un communiqué, on indique ainsi que les vaccins de Johnson & Johnson représentent moins de 5 % de toutes les doses administrées aux États-Unis jusqu'à présent.

En fonction des gestes posés plus tôt cette année par le président, les États-Unis ont assuré un approvisionnement suffisant pour offrir des doses des vaccins des compagnies Pfizer et Moderna à 300 millions d'Américains [...] et 28 millions de doses seront offertes cette semaine, mentionne encore la Maison-Blanche.

Nous travaillons en ce moment avec nos partenaires à l'échelle fédérale et étatique pour que quiconque ayant eu un rendez-vous pour le vaccin de Johnson & Johnson ait plutôt droit rapidement à une dose des vaccins de Pfizer et Moderna.

Une citation de :Extrait d'un communiqué de la Maison-Blanche

Le Canada toujours en attente de ses doses

Au début du mois de mars, Santé Canada avait à son tour approuvé le vaccin de Johnson & Johnson; quelque 10 millions de doses de celui-ci sont attendues d'ici septembre. Les premières doses doivent d'ailleurs être reçues avant la fin avril.

Dans une réaction publiée sur Twitter, l'agence fédérale dit être au fait de la suspension de l'utilisation du vaccin aux États-Unis, et réitère qu'aucune dose n'a encore été reçue au Canada.

Santé Canada suit cette situation de près et collabore avec le frabricant, la FDA et les organismes de réglementation d'autres pays, poursuit l'organisme fédéral, qui a demandé à Johnson & Johnson de l'informer de tout cas de problème de coagulation rare.

De son côté, le premier ministre Justin Trudeau a fait savoir que son gouvernement attendrait justement la fin de l'examen de la situation par Santé Canada, et que le contrat de livraison ne serait pas modifié.

Cette affaire n'est pas sans rappeler la controverse qui entoure un autre vaccin, celui de l'entreprise AstraZeneca, dont l'utilisation a notamment été restreinte aux 55 ans et plus, au Québec, en raison des risques – très faibles – de thrombose chez les personnes plus jeunes.

Un vaccin sécuritaire

La semaine dernière, l'Agence européenne des médicaments indiquait d'ailleurs que les caillots sanguins doivent être répertoriés comme un effet secondaire « très rare » du vaccin d'AstraZeneca.

Ainsi, selon une infographie s'appuyant notamment sur des données publiées par l'organisation européenne, les risques de développer un caillot de sang sont bien plus importants si l'on contracte la COVID-19, que si l'on reçoit une dose du vaccin AstraZeneca.

En fait, les risques s'élèvent à 4 cas de thrombose sur 1 000 000 de doses du vaccin, ou 0,0004 %, contre 165 000 cas par million chez les gens atteints de la COVID-19, soit 16,5 %.

Plus de 200 millions de personnes ont déjà reçu ce vaccin à travers le monde.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

Un vaccin déjà sous surveillance

Au dire de la Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste, le vaccin de Johnson & Johnson était déjà sous surveillance, en raison d'au moins un possible cas de thrombose détecté lors des essais cliniques.

De passage sur les ondes de Tout un matin, à ICI Première, il est tout à fait possible que [comme pour le vaccin d'AstraZeneca], les bénéfices soient plus importants que les risques pour un certain groupe d'âge.

En théorie, si l'on sait comment diagnostiquer et traiter [les thromboses], cela ne devrait pas entraîner de complications graves, affirme la Dre Quach.

Avec les informations de Reuters

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