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Ceux qui ont eu la COVID seraient plus à risque de dépression, selon une étude québécoise

Le Mouvement Santé mentale Québec vient de regrouper dans une trousse COVID un ensemble d'outils pour aider les travailleurs qui vivent de la détresse psychologique en cette période de pandémie. Une femme assise à une table où se trouve une ordinateur portable et de nombreux documents.

Les patients qui ont reçu un diagnostic de COVID-19 seraient deux fois plus susceptibles de développer des symptômes de dépression majeure, selon une étude québécoise qui doit bientôt être publiée.

Photo : iStock

Radio-Canada

Les patients qui ont reçu un diagnostic de COVID-19 seraient deux fois plus susceptibles de développer des symptômes de dépression majeure et quatre fois plus à risque de développer des idées suicidaires que la population générale, selon une étude menée à l’Université de Sherbrooke qui doit bientôt être publiée.

La docteure Mélissa Généreux, qui est derrière l’étude et qui enseigne à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, était au micro de Par ici l’info pour en discuter.

Il faut se rappeler que lorsque je compare les personnes qui ont eu la COVID à la population générale, c’est une population générale qui elle aussi, en temps de pandémie, affiche des taux de dépression et d’idées suicidaires franchement plus élevés que ce qu’on connaissait avant la pandémie, explique-t-elle.

Ces résultats l'ont surprise.

Au moment où on a débuté cette étude-là, on était en mars 2020, donc évidemment on n’avait aucune idée que l’infection en elle-même allait être un facteur de risque. On y allait un peu à la pêche en regardant les facteurs qui pouvaient en temps de pandémie augmenter les risques d’anxiété et de dépression, raconte-t-elle.

De fil en aiguille, à force de recruter des participants au Québec, son équipe a remarqué que 600 participants avaient reçu un diagnostic de COVID-19. C’est là qu’on a eu l’idée d’aller comparer le profil de ces gens-là en termes de santé mentale, souligne la Dre Généreux.

C’est vraiment sans équivoque : les symptômes dépressifs, pas tant les symptômes d’anxiété, mais les symptômes dépressifs sont clairement plus élevés et ça ne semble pas causé que par des facteurs psychologiques.

Une citation de :La Dre Mélissa Généreux, professeure-chercheuse à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke

« Mécanisme biologique »

Je pense que le premier réflexe serait de dire "c’est sûr que d’avoir eu la COVID en tant que tel c’est stressant et perturbateur", remarque Mélissa Généreux.

Mais ce qui est intéressant dans notre étude, et un peu inquiétant à la fois, c’est que tous ces facteurs-là avaient été mesurés dans l’étude. Ce que je vous dis, c’est qu’indépendamment de tous les facteurs de stress liés au fait de recevoir un diagnostic de COVID, les gens qui ont reçu le diagnostic sont deux fois plus à risque. Ça pointe vraiment vers un mécanisme qui serait biologique, comme si l’infection laissait des séquelles au niveau biologique.

Elle invite ainsi les personnes qui ont eu la COVID-19 à être à l’écoute de leurs symptômes et à consulter leur médecin de famille s'ils ont des inquiétudes.

Méthodologie : 

Pour suivre l'évolution de l'état d'esprit des Québécois pendant la COVID-19, l’équipe de la Dre Généreux a effectué des enquêtes en septembre et novembre 2020, ainsi qu'en février 2021. Leur échantillon comprenait 600 adultes ayant eu la COVID-19.

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