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Fermeture des écoles ontariennes : pas une surprise à Ottawa et dans l'est ontarien

Un jeune qui est derrière un ordinateur

Dès le 19 avril, les écoles ontariennes basculeront de nouveau en mode virtuel à travers la province.

Photo : Radio-Canada

Benjamin Vachet

La décision du premier ministre, Doug Ford, et de son ministre de l'Éducation, Stephen Lecce, de maintenir les écoles fermées après la semaine de relâche ne surprend pas dans la région.

Je sais que ce n’est pas ce que vous voulez entendre [...] mais avec la menace que fait planer l’augmentation des cas, nous avons décidé que les élèves du primaire et du secondaire poursuivront l’apprentissage à distance après la pause d’avril, a lancé le premier ministre Ford, lors de son point de presse lundi.

Dès le 19 avril, les écoles ontariennes basculeront de nouveau en mode virtuel à travers la province.

À Ottawa, cette annonce ne fait que confirmer ce que laissait déjà présager la médecin chef de Santé publique Ottawa, la Dre Vera Etches, vendredi dernier.

Raison pour laquelle, la directrice de l’éducation et secrétaire-trésorière au Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), Sylvie Tremblay ne se montre pas surprise.

La Dre Etches avait laissé entendre qu’elle anticipait une fermeture des écoles si elle se fiait aux indices. Et c’est également ce que nous avions entendu des cinq bureaux de santé publique qui couvrent notre territoire, explique-t-elle. On est d’avis, avec les experts en éducation, que pour l’apprentissage et le bien-être des enfants, l’idéal est que les écoles restent ouvertes. Mais quand on regarde les taux de transmission communautaire, on peut comprendre cette décision, réagit Mme Tremblay.

Les bureaux de santé approuvent la décision

Le médecin-hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario (BSEO), le Dr Paul Roumeliotis, a appuyé la décision du gouvernement Ford.

Je veux souligner que ce n’est pas une question où les cas se propagent dans les écoles pour ensuite se transmettre dans la communauté. Les cas viennent de la transmission communautaire et entrent dans nos écoles, a précisé le Dr Paul Roumeliotis, , lors de son point de presse lundi, appelant à la vigilance.

Pour lui, le gouvernement n'avait pas d'autre choix.

Un homme accorde une entrevue via visioconférence.

Dr Paul Roumeliotis, médecin-hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario (BSEO) (archives)

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté de Santé publique Ottawa (SPO).

La fermeture des écoles souligne la gravité de la situation et aide les gens à rester à la maison autant que possible, réduisant ainsi le mélange d'élèves avant et après l'école, explique SPO par courriel, rappelant que d'autres pays ont inclus les fermetures d'écoles à leurs mesures de contrôle strictes pour réduire les taux de la COVID-19.

Les écoles devraient être le dernier endroit à fermer et le premier endroit à rouvrir.

Une citation de :Dr Paul Roumeliotis, médecin-hygiéniste du Bureau de santé de l'est de l'Ontario

Reconnaissant les conséquences négatives associées à la fermeture des écoles, SPO précise que des ressources gratuites sont disponibles pour soutenir les élèves, les parents, les tuteurs et leurs familles pendant les semaines difficiles à venir.

Réactions partagées des parents

L’adjointe exécutive dans le bureau provincial de la Fédération des enseignantes-enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEESO), Lamia Sabbagh, regrette toutefois les tergiversations du gouvernement ces derniers jours.

Nous sommes très soulagés que le premier ministre ait pris cette décision. [...] Mais quand on voit à quel point les variants se sont vite développés et le risque qu’ils représentent pour les élèves et pour nos membres, on se dit qu’il aurait fallu prendre cette décision plus rapidement, estime Mme Sabbagh.

Du côté des parents d’élèves, la vice-présidente et représentante régionale de Parents partenaires en éducation (PPE), Catherine Dumouchel, estime que les réactions à cette nouvelle mesure risquent d’être partagées.

Il y a des parents qui souhaitent cette fermeture, ce qu’on n’entendait pas, par exemple, avant les vacances de Noël. Quand ils voient le nombre de cas, ils veulent préserver la santé de leurs enfants et la leur. Et ils sont également conscients de l’impact sur le réseau de la santé, explique-t-elle. Mais pour d’autres, même s’ils sont conscients des risques, c’est plus difficile. Certains sont obligés de se rendre au travail, je pense aussi aux familles monoparentales… Et on a aussi le cas, dans nos écoles francophones, des familles exogames où seul un des deux parents peut aider. C’est un défi supplémentaire.

Car même s’il ne s’agit pas de la première fermeture, note Mme Dumouchel, la fatigue s’est accumulée.

Sylvie Tremblay sourit à la caméra.

Sylvie Tremblay, directrice de l'éducation au CEPEO (archives)

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Raison pour laquelle, Mme Tremblay juge que la décision la plus importante du gouvernement a été celle de maintenir la semaine de relâche.

De ma perspective, c'était la mesure la plus importante à prendre à ce moment-ci. Les directions d'école, le personnel et les enfants avaient tous un grand besoin de la relâche pour se reposer et faire le plein d'énergie pour bien terminer une année scolaire comme on n'en a jamais vu, dit-elle.

PPE offre des webinaires aux parents pour s’organiser, mais la vice-présidente de l'organisme est bien consciente que ça reste aux familles de jongler avec toute l’organisation qui entoure la classe à la maison.

Il y a une organisation familiale à faire.

Une citation de :Catherine Dumouchel, vice-présidente de Parents partenaires en éducation

Au CEPEO, on se donnera un jour de préparation avant la reprise des cours à distance, le mardi 20 avril. Mme Tremblay l’assure, les écoles sont prêtes.

Avant les congés de Pâques, on avait déjà donné des directives à nos directions, au personnel et aux parents. La machine est donc déjà enclenchée [...] et on va s’assurer que si des familles ont des besoins nouveaux, on puisse y répondre dès le 19 avril, dit-elle.

Aucune date pour un retour en présentiel

Pour l’heure, le gouvernement n’a donné aucune date pour un retour en classe, préférant se fier à l’évolution de la pandémie avant de revoir sur cette mesure.

Cette incertitude pèse sur le dos des parents, selon Mme Dumouchel.

Aucune famille n’aime l’incertitude. Là, on ne sait pas quand ça va finir, donc c’est sûr que c’est un stress supplémentaire, juge-t-elle.

Sans vouloir se montrer critique envers le gouvernement, elle estime toutefois que la décision de ce lundi a le mérite d’être claire.

Il y a eu un peu de confusion, mais là, au moins, aujourd’hui, on sait que c’est clair, ajoute la vice-présidente de PPE.

On va revivre ce qui s’est passé le 4 janvier dernier. Il y a des pratiques qui ont été rodées.

Une citation de :Sylvie Tremblay, directrice de l'éducation au CEPEO

La directrice de l’éducation au CEPEO se montre philosophe.

Ce que nous avons appris dans la dernière année, c’est que les dates de fin n’existent pas en temps de pandémie. On sera donc en mesure [de faire les cours à distance] jusqu’à ce que les autorités de santé publique et le gouvernement jugent que c’est sécuritaire en présentiel, indique Mme Tremblay.

Avec les informations de Denis Babin, Rémi Authier et Samuel Blais Gauthier

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