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Des travailleurs de la santé pourront être transférés d'une région à l'autre

Une infirmière s'occupe d'un patient atteint de COVID-19 aux soins intensifs.

Les nombres de patients aux soins intensifs (619) et sous respirateur (408) ont atteint de nouveaux sommets en Ontario lundi.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Thalia D’Aragon-Giguère

L’Ontario permet la réaffectation des travailleurs de la santé vers des établissements plus durement touchés par la pandémie. Cette solution temporaire du gouvernement vise à soutenir le système de santé hautement fragilisé par la troisième vague de COVID-19. Elle demeure toutefois insuffisante selon des experts.

Nous faisons face à deux grands défis avec la troisième vague, indique le Dr Jamie Spiegelman, spécialiste des soins intensifs à l'hôpital Humber River de Toronto. L’un concerne le nombre de patients et le second le manque de personnel.

Un manque à combler

C’est pour aider les hôpitaux à gérer l’augmentation importante des hospitalisations liées à la COVID-19 que le gouvernement ontarien a publié vendredi deux décrets d’urgence.

S’il est désormais possible de transférer les patients sans leur consentement, les travailleurs de la santé peuvent également être appelés à soigner au front ailleurs dans le système.

Au cours des deux ou trois dernières semaines, nous avons transféré entre deux et dix patients par jour vers d'autres hôpitaux, mentionne le Dr Spiegelman. Il y a une grave pénurie d’infirmières dans le réseau et il arrive que des médecins aident les infirmières à s’occuper des patients.

Du personnel médical transporte un patient installé dans un lit médical vers l'intérieur d'un hôpital.

La province a également donné l'ordre de reporter toute intervention chirurgicale non urgente, à l'exception des hôpitaux du Nord de l'Ontario.

Photo : CBC/Evan Mitsui

La réaffectation du personnel de la santé sur une base volontaire ne répond que partiellement aux besoins du système aux prises avec des pressions importantes en matière de capacité, selon le Dr Michael Warner, directeur médical des soins intensifs à l'hôpital Michael Garron de Toronto.

Nous pouvons transférer des patients de Toronto à Kingston et même au-delà, mais nous finirons tout de même par manquer d’espaces, puisque nous n’aurons pas suffisamment de personnel qualifié pour les soigner, déclare-t-il dans une vidéo publiée sur Twitter samedi.

Malgré le redéploiement des ressources, le Dr Warner craint une pénurie d'employés de la santé alors que le nombre d’hospitalisations monte en flèche en Ontario. C’est pourquoi il demande aux autres provinces canadiennes de faciliter le transfert de personnel.

Les provinces doivent travailler ensemble et je pense que le gouvernement fédéral doit aussi s’impliquer afin de coordonner le transfert de travailleurs de la santé des provinces moins performantes vers celles plus performantes, en particulier en Ontario, fait-il valoir.

Un cri du cœur bien ressenti par Mélanie Gauthier, présidente de l’Association canadienne des infirmières et infirmiers en soins intensifs, mais qui se heurte à de nombreuses barrières juridictionnelles.

Mélanie Gauthier pose à la caméra.

Mélanie Gauthier, présidente de l’Association canadienne des infirmières et infirmiers en soins intensifs

Photo : Photo offerte par Mélanie Gauthier

Cela implique beaucoup de défis administratifs, notamment en ce qui concerne la licence des infirmières afin d’être en mesure de pratiquer dans une autre province, explique-t-elle. C’est possible, mais il y a plusieurs étapes et cela prend du temps. Et en ce moment, notre contrainte est le temps.

Il faut également penser au coût social que cela implique de demander aux gens de quitter leur région, leur maison ou leur famille.

Une citation de :Mélanie Gauthier, présidente, Association canadienne des infirmières et infirmiers en soins intensifs

Elle rappelle que la formation des infirmières en soins critiques varie énormément d’une région à une autre à l’intérieur d’une même province.

Certaines sont habituées à travailler en soins intensifs cardio-vasculaires, d’autres en traumatologie, en médecine ou encore en chirurgie, énumère Mme Gauthier. En envoyant des infirmières dans un autre endroit, cela ne veut pas dire qu’elles vont être préparées à prendre soin des patients.

Un recours aux retraités?

La présidente de l'Association des infirmières autorisées de l’Ontario, Doris Grinspun, croit quant à elle que la province devrait faire appel aux infirmières retraitées et spécialisées en soins intensifs pour pallier le manque.

Nous pouvons lancer un appel à toutes nos infirmières qui ont récemment pris leur retraite afin de leur demander de bien vouloir nous venir en aide, soutient-elle. Jusqu'à présent, la province ne les a pas sollicitées.

Doris Grinspun sourit devant la caméra à l'extérieur.

Doris Grinspun, présidente de l’Association des infirmières et infirmiers autorisés de l’Ontario.

Photo : Radio-Canada

Mme Grinspun indique également que l'ensemble des travailleurs de la santé ne peuvent pas remplacer les infirmières spécialisées en soins intensifs. Les employés qui viennent d’une autre unité ne pourront pas travailler par eux-mêmes sans supervision, ajoute-t-elle. Il s’agit d’une aide supplémentaire.

Elle considère néanmoins que la solution se trouve en amont aux hôpitaux, c’est-à-dire dans le déploiement de la vaccination et dans le respect des mesures sanitaires. Il n'y a pas de solutions magiques, il y a seulement des solutions connues, conclut-elle.

Pour sa part, la province estime que ces deux décrets, combinés aux autres mesures en place, devraient accroître la capacité des unités de soins intensifs de plus de 1000 lits.

Avec des informations de CBC

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