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Cégep de Chicoutimi : le Centre d'amitié autochtone déçu par un congédiement annulé

L'entrée du Cégep de Chicoutimi. Affiche en avant-plan et édifice en arrière-plan. Vue sur le stationnement.

Le Cégep de Chicoutimi

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le retour en classe à la session d'automne d'un enseignant de philosophie au Cégep de Chicoutimi, qui a tenu des propos racistes, a fortement déçu le Centre d'amitié autochtone du Saguenay.

Éric Tremblay avait été congédié le 1er mai 2019 parce qu'il a tenu des propos discriminatoires à l'endroit d'un étudiant autochtone. Selon ce qui est rapporté dans la décision du tribunal d'arbitrage, qui a changé son congédiement en suspension de 15 mois, l'employeur a indiqué que pour animer le débat, le plaignant a dit à l'étudiant, dénonciateur initial qui est autochtone, qu'il ne pouvait être autochtone en raison de ses yeux bleus et de ses cheveux blonds, que sa grand-mère avait été violée et que les revendications autochtones n'avaient pas leur place.

L'arbitre du travail Carol Girard admet que l'enseignant, au Cégep de Chicoutimi depuis 23 ans, a tenu des propos discriminatoires pour susciter le débat lors d'un cours, mais il a changé la décision parce que le professeur n'avait jamais eu de sanction disciplinaire et qu'il regrette les événements.

Au Centre d'amitié autochtone du Saguenay, la coordonnatrice langue, culture et éducation, Kate Bacon, est déçue de cette décision. Ces propos-là : "Ta grand-mère a été violée, tu peux pas être autochtone parce que tu as les yeux bleus", ça va au-delà de la pédagogie, c'est grave comme propos, a-t-elle d'abord dénoncé.

Kate Bacon craint que les personnes ainsi stigmatisées ne veuillent plus porter plainte contre un enseignant. Le Centre d'amitié autochtone déplore la décision de l'arbitre du travail qui risque selon lui d'inciter les personnes ainsi visées à ne plus porter plainte contre un enseignant. On réintègre la personne qui a tenu des propos racistes. L'image que ça nous renvoie à nous, c'est : "Ok, portez plainte, mais c'est pas sûr qu'on va changer des choses après", a-t-elle poursuivi.

Au Syndicat du personnel enseignant du Collège de Chicoutimi, qui a défendu l'enseignant, on a préféré ne pas commenter.

Interrogé par Radio-Canada, le professeur du cours Culture contemporaine d'ici et d'ailleurs, Carlos Bergeron, n'a pas voulu porter un jugement sur son collègue, mais il a accepté de partager ce qu'il enseigne à ses étudiants. Nous, on fait beaucoup d'efforts au Cégep de Chicoutimi pour faire de la démystification. On fait des semaines autochtones, on fait des soirées de poésie, on fait des soirées de contes, on fait de la musique traditionnelle, a-t-il énuméré.

D'après un reportage de Gilles Munger

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