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Ottawa s'entend avec Air Canada sur un plan d'aide de 5,9 milliards de dollars

La queue d'un avion d'Air Canada

Comme les autres transporteurs aériens, Air Canada a été frappé de plein fouet par la crise de la COVID-19.

Photo : Getty Images / Sky_Blue

Radio-Canada

Air Canada a conclu une entente avec le gouvernement fédéral afin d'avoir accès à 5,9 milliards de dollars d'aide en échange de certains engagements au moment où la pandémie de COVID-19 continue à secouer l'industrie aérienne.

Ainsi, Ottawa injecte 500 millions de dollars en actions, à 23,18 $ l'action, dans Air Canada.

Environ 4 milliards de dollars sont rendus disponibles par l'intermédiaire de quatre facilités de crédit, dont les conditions et les taux d'intérêt varient.

Une autre somme de 1,4 milliard en facilité de crédit sera consacrée aux remboursements de billets d'avion annulés. Une source avait déjà indiqué à CBC que le remboursement des clients était l'une des conditions pour avoir accès à un plan d'aide du gouvernement fédéral.

Les contribuables ne financent pas les remboursements [pour les vols annulés], s'est défendu la ministre fédérale des Finances Chrystia Freeland, lorsqu'elle a été interrogée sur la question. Le gouvernement s'attend à être pleinement remboursé.

Jacques Roy, professeur de gestion des transports à HEC Montréal, a toutefois estimé que par l'entremise du prêt à faible taux d'intérêt offert à Air Canada, les contribuables assumaient en quelque sorte les remboursements aux voyageurs.

Ils ont sept ans pour rembourser, a-t-il observé, au cours d'un entretien téléphonique. Ce n'est donc pas une contrainte très sévère pour Air Canada.

Pour le directeur du groupe d'études en management des entreprises en aéronautique à l'UQAM, Mehran Ebrahimi, la prise de participation dans le plus important transporteur aérien au pays était intéressante pour les contribuables.

On peut espérer qu'avec la reprise des activités aériennes, la valeur de ces actions va grimper, a-t-il affirmé. Le remboursement des billets et le retour dans les régions, c'est positif également.

Le sous-ministre des Finances, Michael Sabia, a été responsable de mener les négociations à bon port avec Air Canada. L'ancien président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec a été nommé au sein de l'appareil fédéral en décembre dernier.

Les engagements d'Air Canada

Dans le cadre de ce plan d'aide, qui se fait par l'intermédiaire du Crédit d'urgence pour les grands employeurs (CUGE), le plus important transporteur aérien du pays prend une série d'engagements.

À compter du 13 avril 2021, Air Canada offrira un remboursement aux clients admissibles qui ont acheté des billets non remboursables pour un voyage commençant au plus tôt en février 2020, mais qui n'ont pas voyagé en raison de la COVID-19.

La compagnie a l’obligation de maintenir un niveau d'emploi non inférieur à celui du 1er avril 2021 et s'engage à rétablir des liaisons régionales.

Air Canada achèvera l'acquisition de 33 appareils A220 d'Airbus construits aux installations de Mirabel, au Québec. En octobre dernier, le transporteur avait annulé 12 des 45 commandes fermes d'A220.

La compagnie s'est également engagée à prendre livraison de la totalité des 40 appareils 737 MAX de Boeing en commande ferme.

Par ailleurs, Air Canada a également accepté des restrictions en ce qui a trait aux dividendes, aux rachats d'action ainsi qu'à la rémunération de ses hauts dirigeants.

Ainsi, la rémunération totale de chacun des membres de la haute direction est plafonnée à 1 million de dollars. Il est également interdit de verser des dividendes ainsi que de procéder à des rachats d'actions.

Il était important d'avoir un accord avec les compagnies aériennes qui était gagnant pour le fédéral, a expliqué la vice-première ministre Chrystia Freeland, lundi soir, dans le cadre d'une conférence de presse à laquelle participait son collègue aux Transports Omar Alghabra.

Le SCFP dénonce l'accord, tandis qu'Unifor se montre satisfait

Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui représente 10 000 agents de bord d'Air Canada, a dénoncé l'accord, affirmant qu'il trahit l'engagement du gouvernement à soutenir les travailleurs des compagnies aériennes touchés par la pandémie.

Le gouvernement Trudeau s'est engagé à ce que toute aide financière destinée au secteur aérien soit directement affectée aux travailleurs de soutien, et cet engagement n'est pas reflété dans cet accord, a déclaré le président du SCFP, Mark Hancock.

Cet accord est exactement ce que nous craignions, soit un accord qui ressemblerait à un accord concocté à huis clos : c'est un an de retard, pas de transparence, et pas assez pour soutenir les milliers d'agents de bord encore sous le choc des impacts de la pandémie.

Si le SCFP a dénoncé l'entente, le syndicat Unifor, qui représente plus de 16 000 membres dans le secteur du transport aérien, se montre satisfait de ce qui a été annoncé par le gouvernement fédéral et Air Canada. L'annonce faite aujourd'hui par le gouvernement fédéral est une reconnaissance que les travailleurs de l'aviation sont essentiels à l'économie canadienne, a déclaré Jerry Dias, président national d'Unifor.

Le programme d'allègement offre un bon équilibre de certitude pour les petites et les grandes communautés, l'entreprise et ses travailleurs, a ajouté M. Dias.

Des négociations avec d'autres transporteurs

L'intérieur d'un avion Airbus A220

Des négociations sont en cours avec d'autres transporteurs aériens, indique Ottawa.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Pour le gouvernement, il s’agit d'un plan qui aidera Air Canada à survivre au ralentissement économique actuel et protégera des milliers d'emplois canadiens.

Des négociations sont en cours avec d'autres transporteurs canadiens pour déterminer le soutien financier qu'ils pourraient recevoir, a précisé le ministère des Finances par communiqué.

Mme Freeland a indiqué que les négociations avec WestJet étaient constructives.

Toute entente conclue comprendra une exigence stipulant que la compagnie aérienne devra également rembourser les passagers pour des annulations liées à la pandémie, affirme le ministère des Transports.

Le programme de liquidités supplémentaires que nous annonçons aujourd'hui répond à plusieurs objectifs convergents : procurer à Air Canada un niveau de protection important, mieux résoudre le remboursement aux clients de billets non remboursables, maintenir nos effectifs et revenir sur les marchés régionaux, a déclaré Michael Rousseau, président et chef de la direction d'Air Canada dans un communiqué de la compagnie aérienne, lundi en soirée.

Plus important encore, ce programme nous procure les liquidités supplémentaires dont nous pourrions avoir besoin pour rebâtir notre entreprise dans l'intérêt de toutes les parties prenantes et pour continuer à contribuer largement à l'économie canadienne durant la reprise et à long terme, a ajouté M. Rousseau.

En février dernier, la compagnie aérienne avait annoncé 1500 mises à pied en expliquant qu'il s'agissait d'une conséquence des restrictions imposées par la pandémie de COVID-19.

Air Canada avait annoncé une perte de 4,6 milliards de dollars au cours d’une année que le transporteur présente comme la plus sombre de toute l’histoire de l’aviation commerciale.

Le Canada était jusqu’à maintenant le seul pays du G7 à ne pas avoir conclu d’entente directe avec les compagnies aériennes.

Avec les informations de La Presse canadienne

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