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L’immunité contre la COVID durerait plus longtemps chez les femmes

Un homme et une femme portent des masques.

Ces résultats vont dans le même sens que ceux d’autres recherches menées auprès de femmes et d’hommes atteints de formes plus graves de la COVID-19.

Photo : Getty Images / RainStar

Radio-Canada

Le taux d’anticorps développé par les femmes est plus stable que celui des hommes dans les mois qui suivent une infection par le SRAS-CoV-2, montrent des travaux de scientifiques français de l’Institut Pasteur et de l’Université de Strasbourg.

Le chercheur Olivier Schwartz et ses collègues ont analysé l’évolution de la réponse immunitaire de patients dans les mois qui ont suivi leur infection. L'objectif? Établir combien de temps dure la protection immunitaire, mais aussi évaluer la durée de la protection vaccinale contre la COVID-19.

Les études menées depuis le début de la pandémie tendent à montrer que le taux d’anticorps augmente rapidement dans les deux à trois premières semaines après l’infection, puis diminue progressivement.

Mais il existe plusieurs zones d’ombre. Par exemple, certains travaux laissent à penser que la force de la réponse immunitaire (dite humorale) dépend de la sévérité de la maladie, alors que d’autres décrivent une dynamique beaucoup plus variable. En effet, certaines personnes maintiennent des concentrations d’anticorps élevées sur plusieurs mois, et d’autres voient ces taux rapidement diminuer.

La cinétique sous la loupe

Des chercheurs de l’Université de Strasbourg s'intéressent à la cinétique de la réponse humorale depuis le début de la pandémie. La cinétique permet d’étudier la vitesse des réactions chimiques ou enzymatiques.

Ils ont ainsi analysé les données recueillies durant six mois auprès d'un groupe composé de 308 personnes qui avaient développé une forme légère de la COVID-19. Résultat : les femmes présentent une protection immunitaire plus performante que celle des hommes.

Immédiatement après l’infection, le taux d’anticorps anti-COVID-19 est en moyenne inférieur chez les femmes. Mais avec le temps, il suit un déclin qui est généralement moins prononcé chez elles que chez les hommes, quel que soit leur âge ou leur poids, explique la virologue Samira Fafi-Kremer, de l’Université de Strasbourg.

Ces résultats vont dans le même sens que ceux d’autres recherches menées auprès de femmes et d’hommes atteints de formes plus graves de la COVID-19.

On sait que les femmes présentent généralement une réponse humorale et cellulaire plus robuste que les hommes, que ce soit face à d’autres maladies infectieuses ou en réponse à une vaccination, explique Mme Fafi-Kremer.

Cette particularité immunitaire ne représente pas que du bon pour les femmes puisqu'elle les rend aussi plus sujettes aux maladies auto-immunes que les hommes.

Des gènes et des hormones

Des mécanismes hormonaux, environnementaux (notamment via l’épigénétique) et génétiques seraient associés aux différentes réponses selon le sexe.

Une grande partie des gènes de l’immunité se situe sur le chromosome sexuel X, présent en deux exemplaires chez les femmes, contre un seul chez les hommes. L’expression des gènes présents sur ce second chromosome est majoritairement réprimée, mais entre 15 % et 30 % de ces gènes peuvent échapper à cette inactivation, explique la chercheuse.

Les présents résultats doivent maintenant être confirmés par le suivi de la cohorte à plus long terme. Si les disparités entre les sexes se confirmaient dans les prochaines années, elles pourraient mener à des schémas de vaccination adaptés au sexe.

Le détail de cette étude est publié dans le Journal of Infectious Diseases (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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