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Le Conseil scolaire Centre-Nord ne pilotera pas le nouveau programme scolaire albertain

Une salle de classe.

La province veut lancer le nouveau programme dans toutes ses écoles en 2022-2023.

Photo : Getty Images / Frederick Florin

Radio-Canada

Le Conseil scolaire Centre-Nord (CSCN) a annoncé qu’il ne participera pas au projet pilote controversé du nouveau programme scolaire albertain, à l'automne. L’organisme dit vouloir « retarder » sa décision le temps de fournir des rétroactions au gouvernement de l'Alberta.

Le programme tel que présenté n’est pas prêt pour être mis à l’essai à l’automne, dit la présidente du Conseil scolaire Centre-Nord, Tanya Saumure.

Elle estime qu’il y a encore du travail à faire et que le contenu du nouveau programme doit notamment être basé sur l’apprentissage au 21e siècle, en plus de refléter la diversité de la francophonie albertaine.

Les absences de perspectives francophones et d’occasions de souligner la diversité de la francophonie albertaine ainsi que le contexte de la pandémie ont mené [à cette] décision du CSCN.

Une citation de :Tanya Saumure, présidente, CSCN

Contexte non optimal, selon le CSCN

Tanya Saumure ajoute que la crise sanitaire n’offre pas un contexte optimal pour piloter un nouveau programme scolaire et que la priorité sera mise sur les besoins d'apprentissage des élèves.

Le CSCN dit s’être basé sur une analyse de son équipe de leadership, composée entre autres d'enseignants et de conseillers pédagogiques, pour en arriver à cette décision.

L'organisme souligne, par ailleurs, qu'il n’a reçu aucun support positif de la part de ses parties prenantes au sujet du programme proposé et s’engage à fournir des rétroactions au ministère de l’Éducation de l'Alberta avant d’aller de l’avant avec celui-ci.

Le Conseil sera prêt à réviser sa décision dans l’éventualité où les défis identifiés soient résolus, a déclaré Tanya Saumure.

Le directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord, Robert Lessard, estime que tout n’est pas mauvais dans le nouveau programme.

L’analyse qu’on en a faite démontre qu’il y a des éléments qui sont quand même bien, affirme-t-il. Il y a certaines composantes de certains programmes qui valent la peine, selon nos experts de contenu.

Mais, on considère qu’il y a énormément d’expertise et de suggestions qu’on peut amener avec le temps pour que le tout soit plus réaliste pour une mise à l’essai.

Une citation de :Robert Lessard, directeur général du Conseil scolaire Centre-Nord.

Viser une mise à l’essai partielle, selon un expert

Raphaël Gani, chargé de cours à l’Université de Sherbrooke, fait sa thèse de doctorat sur la place des francophones dans le programme scolaire albertain.

Il croit qu’il est important que les conseils scolaires ne refusent pas de façon catégorique de mettre à l’essai le nouveau programme, puisqu’il estime que les considérations évoquées par les francophones, l'automne dernier, ont été entendues par le gouvernement Kenney.

C’est le programme albertain qui a le plus de contenu sur les Franco-Albertains. C’est déjà une première victoire, et je n’entends personne en parler.

Une citation de :Raphaël Gani, chargé de cours, Université de Sherbrooke

Il croit que le Conseil devrait accepter de piloter les programmes d’études sociales et de français, mais pas ceux d’éducation physique et bien-être, mathématique, science, et beaux-arts, puisque ces derniers ne contiennent pas de perspectives.

Cette participation devrait toutefois être conditionnelle à une garantie, selon lui : Celle que les rétroactions fournies sur les programmes pilotés soient traitées par du personnel francophone au ministère, ce qui n’est pas garanti pour l’instant.

Refuser catégoriquement l’ensemble des programmes placera les francophones au même point que les conseils anglophones, croit-il. Il n’y a aucune garantie que le refus de piloter les programmes mènera à une réforme avant 2022-2023. Et si le gouvernement décide d’arrêter sa réforme à cause du refus complet des conseils scolaires, il n’y a aucune garantie que le plan proposé prendra en compte les intérêts des francophones.

Il faut donc proposer une alternative différenciée pour que la voix francophone soit solidaire aux anglophones et aux Autochtones, mais distincte, respectée, et prise en compte à sa juste valeur.

Une citation de :Raphaël Gani, chargé de cours, Université de Sherbrooke

Les autres conseils scolaires francophones devraient se prononcer sur la question d’ici mercredi.

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