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Erin O'Toole votera contre l'interdiction de l'avortement sexo-sélectif

Erin O'Toole.

Le chef conservateur Erin O'Toole a répété qu'il était pro-choix.

Photo : The Canadian Press / Sean Kilpatrick

La Presse canadienne

Le débat qui a saboté la campagne du dernier chef conservateur refait surface cette semaine aux Communes. Et le successeur d'Andrew Scheer tente d'éviter que l'histoire ne se répète.

Un projet de loi d'une députée conservatrice de la Saskatchewan qui veut interdire l'avortement sexo-sélectif sera débattu mercredi.

Erin O'Toole, en prenant la tête des conservateurs, a assuré qu'il ne voterait jamais en faveur de l'interdiction de l'avortement. Lundi matin, il a dit qu'il tiendra parole lorsque sera soumis au vote le projet de loi de Cathay Wagantall.

Je suis pro-choix et je vais voter contre ce projet de loi privé.

Une citation de :Erin O'Toole, chef conservateur

C-233 a été déposé en février 2020, alors que M. Scheer dirigeait encore le parti. Le projet de loi en sera à sa première heure de débat en deuxième lecture, mercredi après-midi.

La députée Wagantall a donc convoqué la presse lundi matin pour en faire l'éloge. À la même heure, son chef tenait aussi une conférence de presse.

C'est juste par chance, a indiqué M. O'Toole qui était là pour parler de la pandémie et d'une réunion prévue avec le premier ministre au sujet du prochain budget fédéral.

Il ne s'est cependant pas fait prier pour dire qu'il votera contre C-233, tout en évitant de préciser s'il poserait d'autres gestes, à part celui-là, pour assurer la défaite du projet de loi.

Activiste contre l'avortement

Mme Wagantall, une habituée des manifestations annuelles contre le droit à l'avortement, affirme qu'une interdiction de l'avortement en fonction du sexe est acceptable pour la plupart des Canadiens.

Ce projet de loi reflète l'opinion de la majorité des Canadiens, a-t-elle martelé, citant des sondages qui, selon elle, prouvent que les Canadiens ne sont pas aussi divisés sur le sujet que certains médias [...] aiment à dire.

Que pense-t-elle, alors, de la décision de son chef de voter contre cette interdiction? Je respecte le fait que mon leader a l'opportunité de faire son choix, tout autant que moi, s'est-elle contentée de répondre.

Et puis elle nie que son projet de loi ne soit qu'un premier pas vers l'interdiction de l'avortement tout court.

Pas une priorité

Pendant ce temps, M. O'Toole a répété que ce sujet n'est pas une priorité pour le parti qu'il dirige et que lui, personnellement, défendra toujours le droit des femmes à l'avortement.

La députée Wagantall, elle, en appelle plutôt à l'égalité des sexes au premier stade de la vie et à la nécessité de protéger les filles à naître.

Un chemin détourné

Ce n'est pas la première fois qu'une élue conservatrice tente de passer par ce chemin pour justifier une interdiction de l'avortement.

En 2012, Rona Ambrose était ministre de la Condition féminine dans le gouvernement de Stephen Harper. Elle avait voté en faveur d'une motion pour donner un statut d'être humain au fœtus parce que, avait-elle dit, il fallait protéger les filles d'une discrimination avant la naissance.

Des groupes de femmes avaient alors réclamé la démission de la ministre.

Attaques libérales

Quoi qu'en dise Erin O'Toole, Justin Trudeau et ses ministres n'allaient pas se priver de pareille occasion.

Mélanie Joly s'est empressée de publier des gazouillis sur son compte Twitter.

Lorsque O'Toole essayait d'obtenir les votes d'activistes durant sa course à la chefferie, il a promis qu'il laisserait des députés introduire des projets de loi contre l'avortement, et c'est exactement ce qu'il fait ici, a écrit la ministre.

M. Trudeau, quant à lui, a profité d'une rencontre qui portait sur le prochain budget fédéral pour ramener le sujet de l'avortement sur le tapis.

Le premier ministre a réitéré qu'il défendait sans équivoque le libre choix des femmes et s'est dit préoccupé de tout effort législatif pouvant miner ces droits, peut-on lire dans le compte rendu de la réunion entre M. Trudeau et M. O'Toole, publié par le bureau du premier ministre, lundi après-midi.

La version de cette rencontre offerte par le bureau de M. O'Toole ne fait aucune allusion à cette partie de la conversation entre les deux hommes.

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