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Licenciement massif et annulation de 69 programmes à l’Université Laurentienne

Un bâtiment de l'Université Laurentienne.

Une centaine de professeurs ont été licenciés lundi.

Photo : Radio-Canada / Yvon Theriault

Radio-Canada

Une centaine de professeurs de l’Université Laurentienne ont été licenciés lors de convocations organisées par le service des ressources humaines en matinée lundi; 69 programmes dont 28 de langue française ont été abolis.

En milieu d’après-midi, le recteur Robert Haché a envoyé une lettre aux étudiants pour leur annoncer la nouvelle.

Il a notamment justifié les choix des programmes que la Laurentienne a choisi de conserver.

La Laurentienne entend se concentrer sur les programmes les plus en demande. Cette orientation lui permettra d’harmoniser davantage ses ressources financières pour veiller à ce que les programmes restants soient adéquatement financés, peut-on lire dans la lettre de M. Haché.

Selon la liste rendue publique par l'Université Laurentienne en après-midi, les programmes de langue française abolis sont les suivants :

  • Droit et politique
  • Éducation – intermédiaire/supérieur
  • Études de l'environnement
  • Études françaises
  • Génie chimique
  • Génie mécanique
  • Génie minier
  • Géographie
  • Histoire
  • Littérature et culture francophone
  • Marketing
  • Mathématiques
  • Nursing au Collège Boréal
  • Leadership : activités physiques de plein air
  • Philosophie
  • Planification financière
  • Promotion de la santé
  • Ressources humaines
  • Sage femme
  • Science du langage
  • Science économique
  • Science politique
  • Théâtre
  • Zoologie
  • Maîtrise - Histoire – essai
  • Maîtrise - Histoire – thèse
  • Maîtrise - Sociologie – essai
  • Maîtrise - Sociologie – thèse

La totalité du personnel des départements d’études françaises et de philosophie a été remerciée, tandis que d’autres départements, comme celui d'économie, ont été réduits de moitié.

Des sources directement concernées par le dossier affirment que de nombreux professeurs francophones des départements touchés ont été licenciés.

Les ressources humaines de la Laurentienne ont organisé une série de vidéoconférences lundi matin avec de 15 à 20 professeurs pour leur annoncer leur licenciement.

Selon Denis Hurtubise, directeur du Département de philosophie à la Laurentienne, trois mois de services d’une agence pour leur relocalisation professionnelle ont été offerts aux professeurs licenciés.

Le licenciement prendra officiellement effet le 15 mai, selon des sources qui se sont confiées à Radio-Canada.

Ça aurait été aussi bien de nous envoyer une lettre

Pour Denis Hurtubise, le processus utilisé pour annoncer le licenciement des professeurs a été plutôt pénible.

Un homme avec des lunettes.

Denis Hurtubise, directeur du Département de philosophie à l'Université Laurentienne, fait partie des professeurs qui ont perdu leur emploi.

Photo : Radio-Canada / Francis Beaudry

Tout d’abord, la vice-rectrice nous a lu un texte à 90 % en anglais. Ensuite, une personne des ressources humaines nous a lu une lettre en anglais, explique-t-il.

Ça aurait été aussi bien de nous envoyer une lettre plutôt que de faire ce genre de réunion, on aurait dit un salon funéraire, ou plutôt un funeral parlor, tellement on se croyait en Angleterre, déplore-t-il.

Selon lui, cet événement reflète la nature de l’Université Laurentienne, encore une fois, on le voit, la Laurentienne, c’est un établissement anglophone, dit-il.

Lui-même membre du Regroupement des professeurs.e.s francophones de l'Université Laurentienne, M. Hurtubise déplore la compression des programmes francophones, affirmant que le gouvernement fédéral envoie 12 millions de dollars par année pour financer les programmes en français.

Selon lui, plusieurs programmes francophones n’ont cessé de prendre de l’ampleur au cours des dernières années, il n’y a pas moyen de nous faire croire que les programmes en français ne sont pas viables.

Un processus très sauvage

Le processus laisse un goût amer dans la bouche de François Boudreau, professeur à l’école de service social à la Laurentienne.

Censé prendre sa retraite au mois de juin, M. Boudreau a été mis à pied pour les six dernières semaines de sa carrière.

Un homme avec des lunettes et une chemise à carreaux.

Aux portes de la retraite, François Boudreau a été mis à pied par la Laurentienne six semaines avant sa dernière journée de travail.

Photo : Radio-Canada / Francis Beaudry

Il dénonce fortement la décision de la Laurentienne d’avoir fait appel à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies.

Pour moi, c’est un processus très sauvage, un processus qui me rappelle le capitalisme sauvage du 19e siècle, où on traite les gens comme s’ils étaient des riens [sic] pour couvrir l’incompétence des dirigeants précédents et des politiciens, dénonce-t-il.

Il se désole pour les plus jeunes enseignants licenciés, qui auront à se chercher un nouvel emploi.

M. Boudreau demande un meilleur financement de l’éducation postsecondaire au Canada, affirmant que ce qui arrive à la Laurentienne est un symptôme de problèmes de financement partout au pays.

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