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Tweet sur la « grippe chinoise » : appels à la démission et ouverture d'une enquête

Chris Vander Doelen en entrevue.

Chris Vander Doelen, conseiller municipal à Essex, est sur la sellette après un tweet dans lequel il qualifie la COVID-19 de « grippe chinoise ».

Photo : CBC/Amy Dodge

Radio-Canada

Chris Vander Doelen, conseiller municipal d'Essex, qui a été testé positif à la COVID-19 fait face à un tollé, tant en ligne que dans la communauté. Plusieurs lui demandent de présenter des excuses pour ses tweets sur la COVID-19, qu'il a appelée « grippe chinoise ». D’autres réclament sa démission à la suite de ses commentaires « racistes » qui montrent « un large mépris pour les communautés chinoise et asiatique ».

Des politiciens municipaux et fédéraux de la région du sud-ouest de l'Ontario ainsi que des dirigeants communautaires comptent parmi les centaines de personnes qui critiquent ses propos pernicieux, en particulier dans le contexte de la montée du racisme anti-asiatique au cours de la dernière année.

Le commissaire à l'intégrité de la ville d'Essex, Robert Swayze, a confirmé avoir ouvert une enquête concernant Chris Vander Doelen.

L'Association sino-canadienne du comté d'Essex (ECCCA) a publié une déclaration samedi, affirmant que la communauté est troublée par le fait qu'un élu de la ville d'Essex fasse des commentaires racistes dans son fil Twitter en lien avec la COVID-19.

Appeler son diagnostic ''grippe chinoise'' est une insulte raciste qui est dégradante non seulement parce qu’il s’agit d’une attaque xénophobe, mais aussi d’un mépris affiché pour les communautés chinoises et asiatiques d'Essex et de la région environnante.

Une citation de :Déclaration de l'Association sino-canadienne du comté d'Essex

L'ECCCA a déclaré que les commentaires de M. Vander Doelen, à la fois conseiller municipal et ancien chroniqueur au quotidien Windsor Star, ont un impact très réel et préjudiciable sur les communautés asiatiques canadiennes. L'Association souhaite qu'il présente ses excuses et qu’il retire également ses gazouillis.

Selon un rapport du Conseil national des Canadiens chinois publié le mois dernier, plus de 1150 cas de racisme anti-asiatique ont été signalés du 10 mars 2020 au 28 février 2021 sur deux sites web — COVIDRacism.ca et elimin8hate.org. La désinformation et les croyances racistes liées au fait que le nouveau coronavirus est apparu en Chine sont à l'origine de la recrudescence des attaques, selon les auteurs du rapport.

CBC News a contacté le conseiller pour obtenir des commentaires, mais ce dernier n'a pas répondu pour l'instant.

Dans un tweet, il a faussement affirmé que COVID-19 signifiait virus d'origine chinoise, etc.. L'Organisation mondiale de la Santé a plutôt confirmé dès l’an dernier que le CO signifiait corona, VI pour virus, D pour disease (maladie en anglais), et 19, parce que le virus a été identifié en 2019.

Une pétition demandant la démission du conseiller a recueilli plus de 500 signatures lundi après-midi.

Des élus critiquent l'échevin

Le maire d'Essex, Larry Snively, a lui aussi publié une déclaration samedi, disant que la Ville dénonce le langage utilisé par le conseiller Vander Doelen.

L'impact de ce genre de propos est indéniable. En tant que chef du conseil, j'ai demandé au conseiller Vander Doelen de revenir sur ses propos et de présenter des excuses publiques, peut-on lire dans la déclaration.

Le député fédéral de Windsor-Ouest, le néo-démocrate Brian Masse, a dit pour sa part avoir trouvé les tweets de M. Vander Doelen peu surprenants, ajoutant qu'il a une longue histoire d'utilisation de mots comme arme contre les gens.

C'est terrible, a dit M. Masse. Je pense que cet individu est tout à fait à l'aise d'avoir fait ces remarques et d'avoir exprimé ce genre d'opinions… C'est un comportement qui vise à attirer l'attention, a-t-il poursuivi.

M. Masse s'est dit impressionné et reconnaissant de la réaction de la communauté.

Je suis reconnaissant d'avoir une communauté qui n'a pas peur de dénoncer le racisme, le sectarisme, le sexisme et toutes ces choses qui sont encore présentes dans notre culture, dans notre société, dans nos quartiers, et de faire partie de la solution […], c'est-à-dire changer les choses , a-t-il déclaré.

D'autres politiciens ont également pris la parole, notamment Hilda MacDonald, mairesse de Leamington, et Gary McNamara, maire de Tecumseh.

Le racisme anti-asiatique, et le racisme sous toutes ses formes, ne sont pas acceptables. Nous valons mieux que cela , a tweeté Mme MacDonald samedi.

Le conseil municipal de Tecumseh soutient notre communauté asiatique. Il n'y a pas de place pour n'importe quelle forme de racisme! a tweeté pour sa part M. McNamara.

Le député fédéral de Windsor-Tecumseh, le libéral Irek Kusmierczyk, a également qualifié d'inacceptables les commentaires de M. Vander Doelen.

Nous avons tous un rôle à jouer dans la lutte contre la montée du racisme anti-asiatique et je demande à nos dirigeants locaux de s'opposer à toutes les formes de racisme et de discrimination, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il souhaite un retour à la santé au conseiller.

Le député provincial de Windsor-Tecumseh, le néo-démocrate Percy Hatfield, a également réagi sur Twitter, se disant consterné par les mots utilisés par le conseiller Vander Doelan et le racisme anti-asiatique dont il a fait preuve, et condamnant cette rhétorique haineuse qui n'a pas sa place à Windsor-Essex.

Dans des tweets précédents, certains datant d'il y a un an, Chris Vander Doelen justifiait son raisonnement d'appeler le coronavirus la grippe chinoise en expliquant que le virus était originaire de Wuhan, en Chine.

D'après les informations de CBC News

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