•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les récentes élections à Terre-Neuve-et-Labrador contestées par le NPD

Alison Coffin.

Après une campagne rocambolesque, la cheffe du NPD, Alison Coffin, veut invalider les élections générales à Terre-Neuve-et-Labrador.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Le Nouveau Parti démocratique de Terre-Neuve-et-Labrador cherche à invalider les dernières élections provinciales à Terre-Neuve-et-Labrador. La cheffe néo-démocrate, Alison Coffin, a présenté une demande officielle en Cour suprême provinciale lundi.

La demande dresse la liste d’erreurs et d'irrégularités électorales observées par le NPD. Le parti affirme, entre autres, que des centaines de personnes ont été ajoutées à la liste d’électeurs sans vérifier leur identité.

L’une ou l’autre de ces irrégularités serait suffisante pour remettre en question la validité des élections, mais l’ampleur et la sévérité des irrégularités susmentionnées nécessitent l’annulation de l’élection et la tenue d’un nouveau scrutin.

Une citation de :Demande de contestation du NPD

Un employé d'Élections T.-N.-L. prend la parole

Plusieurs allégations reposent sur l’affidavit d’un ancien employé d’Élections Terre-Neuve-et-Labrador qui aidait des électeurs à s’inscrire au vote postal.

Dans une déclaration sous serment, Jordan Mulrooney raconte que pendant la quatrième semaine de la campagne, quand une éclosion de COVID-19 a mené à l’annulation du vote en personne à la dernière minute, des travailleurs d’Élections TNL, dont moi, ont reçu l'ordre d'ajouter des individus à la liste d’électeurs sans vérifier leur identité.

Dans de nombreux cas, des électeurs ont obtenu des bulletins de vote postal pour des membres de leur famille sans prouver que ces gens habitent bel et bien à leur adresse, déclare-t-il.

Jordan Mulrooney indique également qu’à sa connaissance, aucun électeur qui a demandé un bulletin de vote en contactant le centre d’appels d’Élections Terre-Neuve-et-Labrador n’a dû prouver son identité avant de recevoir son bulletin.

Il croit aussi que certains électeurs ont pu voter en personne au quartier général d’Élections Terre-Neuve-et-Labrador, le 25 mars, soit la date limite pour voter par la poste.

Recomptage déjà demandé

Le NPD a déjà demandé un dépouillement judiciaire dans la circonscription de Saint-Jean-Est-Quidi Vidi – la circonscription de la cheffe Alison Coffin – après que celle-ci eut perdu contre les libéraux par seulement 53 voix. Il s'agit du résultat le plus serré de ces élections.

Toutefois, la demande présentée lundi conteste plutôt la validité des élections et la légitimité des décisions prises par le directeur général des élections, Bruce Chaulk, pendant la période électorale de 10 semaines.

Dans sa demande, le Parti soutient que Bruce Chaulkn’a pas exercé ses fonctions comme on s’y attendrait, surtout son obligation de s’assurer que les élections se déroulent de façon juste, équitable et en respectant la loi électorale.

Bruce Chaulk n’a pas voulu accorder d’entrevue lundi. Le directeur général des élections a été la cible des critiques pour les nombreux rebondissements de la campagne, mais il ne s'est pas adressé aux médias depuis le début du mois de mars.

Le directeur général des élections de Terre-Neuve-et-Labrador, Bruce Chaulk, devant le quartier général de l'agence.

Le directeur général des élections de Terre-Neuve-et-Labrador, Bruce Chaulk

Photo : La Presse canadienne / Paul Daly

Une longue liste de problèmes

Dans sa demande, le NPD cite d'autres problèmes et revirements d'Élections Terre-Neuve-et-Labrador qui ont été rapportés pendant la campagne.

Il soutient que les scrutateurs n’ont pas pu bien surveiller le dépouillement à cause des règles sanitaires adoptées par Élections Terre-Neuve-et-Labrador. Il clame aussi que les instructions des trousses de vote n’ont pas été assez claires.

La formation politique souligne aussi les nombreux problèmes d'accès au vote. Le NPD se désole, par exemple, que les bulletins spéciaux n’aient pas été traduits pour les électeurs autochtones et francophones, et que certains électeurs aient reçu plusieurs trousses de vote.

Dans un affidavit, Whymarrh Whitby, un électeur dans Saint-Jean-Est-Quidi Vidi, explique qu'il n'a pas pu s'inscrire au vote postal malgré une série d'appels aux bureaux d'Élections Terre-Neuve-et-Labrador. Il croit que son droit de vote en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés a été violé.

D'ailleurs, le NPD prétend aussi qu’un nombre plus élevé d’aînés et de nouveaux électeurs se sont inscrits aux élections, sans expliquer ces allégations.

Le Parti progressiste-conservateur n’a pas encore annoncé s’il contestera les élections dans l’une des 40 circonscriptions.

Le gouvernement provincial a révélé lundi que dans 6 circonscriptions, plus de 100 bulletins de vote ont été rejetés lors du dépouillement. En moyenne, 71 bulletins de vote ont été rejetés par circonscription. Les chiffres pour Saint-Jean-Est-Quidi Vidi n'ont pas été annoncés, parce que le dépouillement judiciaire dans cette circonscription n'est pas terminé.

Un défi de taille, selon un avocat

L'avocat Frédéric Bérard en entrevue au Téléjournal Acadie

L'avocat Frédéric Bérard croit qu'une tâche colossale attend le NPD s'il souhaite véritablement faire invalider les dernières élections provinciales.

Il explique qu'il est théoriquement possible de faire invalider les résultats de toutes les circonscriptions en même temps, mais que ça prendra des preuves pour chacune des circonscriptions.

Je vois mal comment on peut évoquer en bloc l'annulation de l'ensemble de l'élection. Si on a des preuves à cet effet-là, oui, ça va de soi. Mais j'ai l'impression que les tribunaux vont probablement vouloir davantage circonscrire les enjeux en question, explique-t-il.

Frédéric Bérard affirme que jamais des élections provinciales n'ont été annulées en bloc au Canada.

En conférence de presse lundi, l'avocate du NPD dans cette affaire, Allison Conway, a affirmé que ce processus est nécessaire pour assurer le bon fonctionnement de la démocratie.

C'est impossible pour nous maintenant de vous dire nos chances de succès avec cette contestation. Il y a des problèmes certainement avec l'élection et nous croyons en cette contestation, c'est pourquoi on a amené cette contestation, lance Allison Conway.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !