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L'opposant russe Navalny menacé d'être alimenté de force, selon ses partisans

L'opposant russe Alexeï Navalny.

L'opposant russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal à Moscou le 20 février 2021.

Photo : Reuters / MAXIM SHEMETOV

Agence France-Presse

L'opposant russe Alexeï Navalny, en grève de la faim dans son pénitencier depuis le 31 mars, est menacé d'être alimenté de force par les autorités, ont annoncé lundi ses partisans.

Il pèse 77 kg pour 1 m 89, a assuré le compte @navalny, affirmant que le militant a perdu 8 kg depuis le début de son action et 15 kg depuis son incarcération en février dans la colonie carcérale de Pokrov, à une centaine de kilomètres de Moscou.

Au regard du sérieux de la grève de la faim, l'administration [carcérale] le menace quotidiennement de l'alimenter de force, poursuit-il.

L'alimentation de force d'un prisonnier en Russie est autorisée par la loi et peut se faire oralement, par voie rectale ou par intubation. Un tel traitement est considéré par des militants des droits de la personne comme une forme de torture.

Privé de traitements médicaux

Alexeï Navalny, incarcéré pour deux ans et demi en raison d'une sombre affaire de fraude largement vue comme un prétexte pour l'emprisonner malgré les dénégations du Kremlin, a cessé de se nourrir pour dénoncer les conditions de sa détention dans la colonie de Pokrov.

Il accuse les autorités de lui refuser des traitements médicaux adéquats pour des problèmes de dos qui le font souffrir et gênent le fonctionnement de ses mains et de ses jambes. Selon ses avocats, il a une double hernie discale.

En outre, l'opposant dit être torturé par privation de sommeil, ses geôliers le réveillant toutes les heures pendant la nuit.

Une femme s'entretient avec un homme en uniforme russe.

Anastasia Vasilyeva, membre du syndicat médical Alliance of Doctors et médecin personnel de Navalny, s'entretient avec un officier de police à l'entrée de la colonie pénitentiaire N2, où Alexei Navalny a été transféré pour purger une peine de deux ans et demi de prison.

Photo : Getty Images / KIRILL KUDRYAVTSEV

Les autorités russes ont pour leur part rejeté toutes les accusations de M. Navalny, estimant qu'il bénéficiait de l'attention médicale dont il avait besoin.

Il n'a toujours pas accès à un médecin, a assuré encore une fois lundi son compte Twitter officiel.

Selon cette source, après plusieurs jours à l'infirmerie en raison d'une fièvre et d'une forte toux, il a en outre été transféré vers son baraquement habituel.

Un homme innocent est en train d'être torturé devant le pays tout entier, a réagi sur Twitter Lioubov Sobol, une proche d'Alexeï Navalny.

Le plus célèbre détracteur du Kremlin a survécu l'été dernier à un empoisonnement par un agent neurotoxique mis au point par l'armée soviétique.

L'opposant accuse le président Vladimir Poutine et ses services de renseignement (FSB) d'avoir voulu l'éliminer, ce que le pouvoir russe dément, refusant même jusqu'ici d'enquêter sur la tentative d'assassinat

Selon des laboratoires européens, M. Navalny a été empoisonné à l'aide d'un agent de type Novitchok et l'Union européenne a adopté en conséquence des sanctions contre de hauts responsables russes.

À son retour de Russie, après cinq mois de convalescence en Allemagne, il a été arrêté à son arrivée à l'aéroport de Moscou, puis rapidement jugé et envoyé en prison pour avoir violé un contrôle judiciaire dans le cadre d'une précédente affaire.

M. Navalny s'est spécialisé dans les enquêtes sur la corruption visant M. Poutine et son entourage. Il dispose de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux.

Après son arrestation, un mouvement de manifestation a été réprimé en janvier par la police, entraînant des milliers d'arrestations.

L'organisation de M. Navalny a prévu de nouvelles actions de protestations au printemps, mais attend d'avoir 500 000 participants enregistrés sur son site pour annoncer une date. Ils étaient 420 000 lundi.

Ses partisans subissent régulièrement des perquisitions et des arrestations.

Lundi, son équipe au Daguestan a annoncé sur les réseaux sociaux que leur responsable, Edouard Ataev, et l'un de ses collègues étaient injoignables et introuvables, au lendemain de l'ouverture de leur antenne dans cette république russe du Caucase.

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