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Le prix du bois d’oeuvre n’arrête pas la frénésie des Manitobains pour la rénovation

Des palettes de bois dans un stationnement.

Depuis 2018, les prix du bois d'oeuvre ont doublé, voire triplé.

Photo : CBC / John Einarson

Radio-Canada

Les Manitobains construisent de nouvelles maisons et poursuivent leurs projets de rénovation extérieure, malgré la flambée du prix du bois d’oeuvre, qui a doublé, voire triplé, au cours de la dernière année.

Byron Rocke, propriétaire de la compagnie d'aménagement paysager de Winnipeg B. Rocke Landscaping, affirme que sa clientèle a doublé depuis avril 2020. De 30 l’an dernier, les projets sont passés à 60.

L’entreprise a même dû commencer sa saison un mois plus tôt, en avril, souligne M. Rocke.

En réalité, la compagnie effectue, ce printemps et cet été, des travaux qui lui ont été demandés l’an dernier, affirme-t-il. Il lui faut alors essayer de faire de la place dans le calendrier de la fin de la saison pour les commandes qui arrivent maintenant.

Byron Rocke.

Propriétaire de B. Rocke Landscaping, Byron Rocke affirme que les projets de rénovation extérieure ont doublé cette année.

Photo : CBC / Gary Solilak

Tout le monde veut une belle cour. Les gens veulent des patios, des pergolas… Une oasis privée, c’est essentiellement ce qu’ils recherchent, fait remarquer Byron Rocke.

Il indique que les clients dépensent entre 25 000 $ et 100 000 $ pour leurs rénovations extérieures.

C’est absolument fou, je travaille plus que ce que je peux, s’exclame de son côté Steve Warkentine. L’entrepreneur en construction, propriétaire de Sigma Projects, dit que les affaires ont explosé durant la dernière année. Les demandes pour des terrasses affluent, tant pour de nouvelles maisons et des copropriétés que pour des locaux commerciaux.

Des prix qui s’envolent

Depuis 2018, le prix du bois a doublé. Il a même triplé dans certaines provinces comme la Colombie-Britannique. Les experts attribuent cette fluctuation de prix à l’offre et à la demande : le marché de l’immobilier est effervescent, tandis que la production de bois d’oeuvre en Amérique du Nord a des capacités limitées.

Steve Warkentine est dans les affaires depuis 20 ans. Il relève qu’il doit maintenant payer 8 $ pour une planche de deux par quatre, qui se vendait 2,50 $ avant.

Essayer de trouver un bon prix demande plus de temps de recherche, ajoute-t-il. Mais les prix sont élevés partout, peu importe l'endroit qui vend du bois.

Steve Warkentine.

Steve Warkentine, entrepreneur en construction à Sigma Projects, affirme que les clients, fort nombreux, sont prêts à payer le double pour le bois d'oeuvre.

Photo : CBC / John Einarson

Forcément, cette augmentation malheureuse se répercute sur les clients. L’entrepreneur en construction souligne que le coût des terrasses, des charpentes et des garages peut doubler. Certains clients choisissent alors de repousser leurs projets, tandis que d’autres vont de l’avant quand même.

Des clients semblent avoir plus de revenus disponibles parce qu’ils ne voyagent pas, par exemple. Alors, ils finissent par payer quand même, sachant que c’est trop cher, estime Steve Warkentine.

Cette flambée des prix met de la pression sur lui, car il doit maintenir des soumissions justes en dépit de coûts qui fluctuent constamment, explique-t-il, en reconnaissant que les clients sont compréhensifs.

Des stratégies face à la flambée des prix

Aux clients découragés par le prix du bois, le paysagiste Byron Rocke conseille de modifier leurs projets, par exemple en optant pour d’autres types de matériaux.

Une terrasse en pierre est tout à fait abordable. On peut faire le minimum avec le bois, et attendre que les prix reviennent à la normale ou encore se tourner vers des solutions de remplacement, suggère-t-il.

D’autres ont toutefois pu se protéger de la flambée des prix en s’approvisionnant à l’avance.

C’est le cas de Sandy Hopkins, directeur général de l’organisme Habitat pour l’humanité au Manitoba. Voyant la tendance à l'augmentation des prix l’an dernier, l’organisme a acheté tout le bois dont il aurait besoin cet été.

Sandy Hopkins.

Le directeur général pour le Manitoba de Habitat pour l'humanité, Sandy Hopkins, explique que, heureusement, l'organisation a acheté l'an dernier tout le bois dont elle aurait besoin cette année.

Photo : CBC / Jeff Stapleton

De cette façon, nous pouvons continuer de construire, indique-t-il, en précisant que la hausse des prix aurait pu ajouter entre 15 000 et 20 000 $ au prix de chaque maison.

L’organisme construit en ce moment cinq maisons en rangée de deux étages dans l’avenue Templeton, dans le quartier Amber Trails de Winnipeg, destinées à des familles à faible revenu. La construction, qui a débuté en avril et qui devrait être terminée en mars 2022, aurait été compromise par la montée du prix du bois d’oeuvre, estime Sandy Hopkins.

Avec les informations de Peggy Lam

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