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Téhéran accuse Israël d’avoir saboté la centrale nucléaire de Natanz

Une usine vue au loin.

Vue d'une usine du complexe d'enrichissement d'uranium de Natanz, photographiée en avril 2007.

Photo : Getty Images / Majid Saeedi

Radio-Canada

L’explosion qui a paralysé dimanche l’usine d’enrichissement d’uranium du complexe nucléaire de Natanz était un acte de sabotage mené par les services secrets israéliens, affirme le gouvernement iranien, qui promet une vengeance.

Pour le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali-Akbar Saléhi, il n’y a aucun doute possible qu’il s’agit d’un sabotage. Les services de sécurité iraniens seraient par ailleurs parvenus en identifier l’origine, ajoute le chef de l’OIEA.

Lundi, Téhéran a fait état d’une petite explosion qui a endommagé le centre de distribution électrique de l’usine sans faire de blessé.

L’explosion n’aurait causé aucune contamination nucléaire, assure Téhéran.

Selon des sources israéliennes citées par The New York Times, l’explosion aurait complètement détruit le système électrique qui alimente les centrifugeuses qui enrichissent de l’uranium au sein du complexe nucléaire d’Iran.

La déflagration serait survenue alors que les scientifiques iraniens venaient tout juste de commencer samedi à tester de nouvelles cascades de centrifugeuses.

Les sources citées par le New York Times ont par ailleurs ajouté qu’Israël a joué un rôle dans ce qui s'est passé à Natanz.

Les centrifugeuses visées par ce sabotage permettraient d'enrichir de plus grandes quantités d’uranium à des niveaux de raffinement interdits par les accords de Vienne de 2015 qui encadrent le programme nucléaire iranien.

Selon le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Saïd Khatibzadeh, cette attaque avait pour but de saborder les discussions en cours à Vienne pour tenter de faire revenir les États-Unis au sein de l'accord sur le nucléaire iranien et faire lever les sanctions décrétées contre l’Iran par l’administration Trump.

La réponse de l'Iran sera la vengeance contre le régime sioniste au moment et à l'endroit opportuns.

Une citation de :Saïd Khatibzadeh, porte-parole des Affaires étrangères iranien

D’après l’agence Irna, lors d’une réunion au Parlement iranien, le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a insisté sur la nécessité de ne pas tomber dans le piège tendu par les sionistes.

Négociations fragiles

Des représentants des signataires de l'entente sur le nucléaire iranien sont assis autour d'une table de conférence.

Photo de 2018 lors de discussions à Vienne, en Autriche, entre l'Iran et les six membres de l'entente sur le nucléaire signé en 2015.

Photo : Getty Images / JOE KLAMAR

À Berlin, le gouvernement d’Angela Merkel a condamné toute tentative de saper les discussions en cours à Vienne en ajoutant que l'annonce par Téhéran de l'intensification de ses activités d'enrichissement d'uranium à la centrale de Natanz n'était pas une contribution positive aux négociations.

À Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a dit espérer que cette attaque ne sapera pas les négociations. Nous espérons que ce qui s'est passé ne deviendra pas "un cadeau" aux divers opposants de l'accord, a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les tensions entourant le programme nucléaire iranien ont repris de plus belle en 2018, lorsque les États-Unis se sont retirés de l’accord international de Vienne qui permettait à l’Iran de développer son programme nucléaire sous la surveillance des nations signataires. L’administration Trump avait du même coup rétabli ses sanctions contre le régime iranien.

L'administration de Joe Biden travaille à réintégrer l'accord depuis son arrivée au pouvoir, en janvier dernier.

Téhéran, qui s’est toujours défendu de vouloir construire des armes nucléaires, s’était quant à lui libéré en 2019 des engagements qui limitaient sa production nucléaire, notamment ses activités d’enrichissement d’uranium.

Depuis, les représailles se multiplient de part et d’autre. En juillet, une usine d'assemblage de centrifugeuses avait été gravement endommagée à Natanz par une mystérieuse explosion.

À la fin novembre, le physicien nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, a été assassiné près de Téhéran lors d’une embuscade. L'Iran a attribué cette attaque à Israël.

Avec les informations de Agence France-Presse, et The New York Times

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