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Outaouais : « ce n’est pas notre meilleur cas », dit le ministre de la Santé

Portrait de Christian Dubé sur le plateau de l'émission.

Le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, en entrevue à « Tout le monde en parle »

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les défis de l’Outaouais en lien avec la pandémie ont eu des échos jusqu’à l’émission Tout le monde en parle dimanche soir : pressé sur la question, le ministre de la Santé du Québec, Christian Dubé, a admis que « ce n’est pas notre meilleur cas en ce moment ».

Les délais allant jusqu’à 7 jours pour obtenir le résultat d’un test de dépistage de la COVID-19, l’attente pouvant atteindre 48 heures pour avoir un rendez-vous et la lenteur des enquêtes épidémiologiques ont fait l’objet d’une question de l’animateur Guy A. Lepage à la première entrevue de l'émission.

On a eu un ensemble de facteurs. Des bris d’équipements, du manque de personnel, je crois... En tout cas, moi, j’ai demandé à m’impliquer personnellement, parce que je n’étais pas à l’aise avec ce qui se passait là-bas, a répondu Christian Dubé.

C’est un endroit où on doit s’améliorer.

Une citation de :Christian Dubé, ministre de la Santé du Québec

Le ministre a rappelé que des spécialistes doivent porter main-forte au Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l’Outaouais pour réduire les délais d’attente pour produire des résultats de tests, et qu’un corridor de service a été établi avec le Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine pour y faire analyser des écouvillons.

Mentionnons qu'une équipe de l’Optilab, un projet de réorganisation de laboratoires de biologie médicale du ministère de Santé et Services sociaux du Québec, doit venir en Outaouais lundi. C'est ce que a indiqué à ICI Ottawa-Gatineau le ministre Dubé vendredi dernier.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux avait précisé alors que le mandat de l'équipe de l’Optilab est de visiter les laboratoires qui traitent les échantillons pour le dépistage de la COVID-19 de l’Outaouais afin de les accompagner à améliorer et optimiser leurs processus, vu les délais importants.

Des changements seront apportés dans les laboratoires pour y gagner du temps, a-t-il continué. On perdait beaucoup de temps, depuis deux semaines, trois semaines; on faisait deux fois le test, parce qu’on criblait en plus du test qu’on faisait pour voir s’il y avait un variant. On n’a plus besoin de faire ça, on n’a plus besoin de le faire au complet, puis il y avait beaucoup de charge sur nos laboratoires, mais comme il y avait moins de personnel en Outaouais, ça a paru beaucoup plus, a-t-il détaillé à TLMP

Questionné à savoir si la gestion du CISSS de l’Outaouais était à blâmer, le ministre a simplement rappelé que des équipes y ont été envoyées en renfort. Écoutez, on a envoyé des équipes pour renforcer nos équipes là-bas, on va dire ça comme ça pour ce soir, a-t-il terminé.

Les propos de Christian Dubé n’ont pas surpris le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, qui voit dans l’implication personnelle de son collègue une bonne nouvelle.

Le ministre Lacombe réagit

Questionné sur la confiance du gouvernement envers Josée Filion, qui avait été choisie par la Coalition avenir Québec (CAQ) pour occuper ce poste, M. Lacombe a rétorqué que les pistes d’amélioration passent par toute l’équipe.

Le CISSS de l’Outaouais, ce n’est pas que Josée Filion: elle a aussi une équipe solide, sur qui on peut se fier. L’idée, c’est de travailler avec ces gens-là qui tiennent le fort pendant que Mme Filion est en congé de maladie, pour qu’on puisse offrir des services qui sont plus rapides aux gens de l’Outaouais, a-t-il commenté en marge d’un point de presse lundi.

Clairement, les résultats actuellement ne sont pas à la hauteur de ce qu’on s’attend comme gouvernement, ne sont pas à la hauteur de ce que les citoyens attendent, et je peux vous dire, ne sont pas à la hauteur de ce que le CISSS veut livrer non plus, a-t-il ajouté.

Mise en demeure de la PDG : peu de réactions

Ces propos ont été diffusés peu de temps après que le Syndicat des professionnelles en soins de l’Outaouais (SPSO) eut mis en demeure la présidente-directrice générale du CISSS, Josée Filion.

Lui reprochant de ne pas avoir été en mesure de fournir à ses membres suffisamment de masques N95, que les travailleurs de la santé doivent obligatoirement porter dans les zones chaude et tiède, le syndicat demande sa démission.

Josée Filion est absente de son poste depuis quelques semaines pour des raisons personnelles. À l’heure actuelle, c’est la PDG adjointe, France Dumont, qui assure ses fonctions.

Aucun élu contacté par Radio-Canada dimanche n’a souhaité commenter ce dossier.

Selon le président d’Action santé Outaouais, Denis Marcheterre, les problèmes actuels sont trop complexes pour que la PDG, ou la haute gestion, en portent seuls tout le blâme. Je ne suis pas sûr que le départ de Mme Filion, ou que le départ de la haute gestion en général, soient une solution pour l’instant – en pleine crise, en plus, a-t-il commenté.

Respirons tous par le nez, encore une fois, et tentons de se parler, de se calmer et de gérer les choses de façon civilisée et intelligente, a tempéré M. Marcheterre.

Lors de sa sortie publique vendredi, le SPSO a demandé au gouvernement provincial d’agir comme médiateur.

C’est une piste de solution que suggère la professeure agrégée à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva, pour pallier le manque de confiance entre les syndiqués et les gestionnaires.

Selon elle, demander la tête de la PDG peut être contre-productif si les deux parties ne sont pas ouvertes à la discussion et à la collaboration. Elle ajoute que le CISSS aurait intérêt à admettre ses erreurs et à être honnête dans son processus d’obtention des masques N95.

Ce n’est pas en déclarant la guerre qu’on arrive à des solutions, c’est plus en communiquant et en collaborant, a ajouté Roxane Borgès Da Silva.

Avec des informations de Marielle Guimond et Catherine Morasse

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