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Grabuge dans le Vieux-Montréal : « absolument inacceptable », dénonce Plante

Un homme prend des mesures afin de remplacer une vitrine qui a été cassée dans une SAQ.

Un employé prend des mesures afin de remplacer une fenêtre qui a été cassée lors du grabuge contre le couvre-feu.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Au lendemain d'une manifestation contre le couvre-feu, qui a mené à sept arrestations et à plus d'une centaine de constats d'infraction, la mairesse de Montréal Valérie Plante a dénoncé le grabuge, qu'elle juge « absolument inacceptable ».

Vitrines cassées, débris calcinés : les centaines de manifestants qui ont pris d'assaut les rues du Vieux-Montréal dimanche soir ont laissé dans leur sillage des scènes de vandalisme, que les commerçants ont passé toute la nuit à tenter d'effacer.

Le saccage de certains commerces n'a pas sa place, a insisté la mairesse Plante. S'insurger contre les règles de santé publique n'est en aucun cas une raison pour porter atteinte aux commerçants, aux restaurateurs, a-t-elle déclaré au micro de Tout un matin.

La fatigue liée à notre lutte contre la COVID-19 ne justifie en rien la destruction de biens publics et le non-respect des règles.

Une citation de :Valérie Plante, mairesse de Montréal

La mairesse Plante a appelé les Montréalais à demeurer solidaires et [à se] serrer les coudes alors que la métropole traverse la troisième vague de la pandémie de COVID-19.

Même son de cloche du côté de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault : Des débordements comme ceux d’hier soir dans le Vieux-Montréal ne peuvent être tolérés, a-t-elle écrit sur Twitter.

Les Québécois sont en droit d'exprimer leur désaccord, mais ils doivent le faire dans le plus grand respect des règles sanitaires en vigueur, a-t-elle souligné.

Des équipes de la Ville viendront nettoyer les rues où sont passés les manifestants, a assuré la mairesse Plante.

Des cônes fondus traînent sur le sol, près de sacs de poubelle éventrés. Des déchets sont calcinés.

Des manifestants ont mis le feu à des déchets dans les rues du Vieux-Montréal.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Casser les business des autres pour se faire entendre

Tout ce qu'ils pouvaient [attraper], ils le garrochaient, a témoigné Carole Lalonde, qui est concierge dans l'un des immeubles à logements du Vieux-Montréal. C'était du vandalisme, complètement, a-t-elle lâché.

Mme Lalonde n'est pas la seule à avoir assisté, impuissante, au grabuge. Alertée par un voisin, la restauratrice Helena Loureiro est arrivée sur les lieux vers 21 h, dimanche soir, pour constater que la vitrine de son commerce avait été fracassée.

Après une année difficile, c'est bien la dernière chose dont avaient besoin les restaurateurs, a-t-elle dénoncé.

Mme Loureiro aurait souhaité que la police intervienne plus rapidement. J'aimerais savoir quel était le mot d'ordre. Pourquoi la police n'est pas capable de les arrêter? a-t-elle adressé à l'endroit de la mairesse Valérie Plante.

C'est une honte. [...] Ce n'est pas la façon de manifester.

Une citation de :Helena Loureiro, cheffe propriétaire des restaurants Helena et Portus 360

Mme Plante s'est dite satisfaite du travail des policiers, qui ont su maîtrisé la foule à l'intérieur de deux heures, a-t-elle souligné.

Un trou dans la vitrine d'une boutique.

Les vitrines de commerces du Vieux-Montréal ont été fracassées par des manifestants.

Photo : Radio-Canada / Simon-Marc Charron

Rencontré lundi matin par Radio-Canada, Lior Simon, gérant de la boutique NRJ Jeans, qui a pignon sur rue dans le Vieux-Montréal, s'est lui aussi désolé devant ces actes de vandalisme.

Oui, on est tous fatigués, on veut la liberté, on veut en profiter. C'est vrai que rester chez soi à 8 h le soir, c'est difficile, a-t-il convenu, mais ce n'est pas en « cassant les business des autres » que les manifestants obtiendront ce qu'ils désirent.

De peur qu'un autre rassemblement ait lieu lundi soir, des commençants du quartier pensent déjà à barricader leur boutique. S'il advenait que d'autres manifestations violentes s'organisent après le couvre-feu, les policiers seront là, a affirmé la mairesse Plante.

La manifestation de la veille, qui a réuni essentiellement des jeunes, avait débuté dans une ambiance festive. Or, quelques protestataires ont décidé de mettre le feu à des déchets.

Le Service de police de la Ville de Montréal a fait état de dizaines de méfaits, d'incendies criminels, d'entrées par effraction et d'entraves au travail des agents.

Outre les sept arrestations criminelles, la police a remis 107 constats d'infraction pour violation des règles de santé publique. Un autre constat a été remis pour non-respect d'un règlement municipal.

L'intervention des policiers aura été nécessaire pour disperser les contrevenants. Aux alentours de 22 h, les rues s'étaient vidées.

Rappelons que le gouvernement a décidé de ramener le couvre-feu de 21 h 30 à 20 h dans la métropole. Le premier ministre François Legault estime qu'il s'agit d'une des mesures nécessaires pour endiguer la progression de la COVID-19, dont la transmission s'est accentuée avec l'arrivée de variants plus contagieux.

Avec des informations de Karine Mateu

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